Fabriquer un élixir floral

Publié le 8 Juin 2017

 Frangipaniers à Wat Phou, l'élixir en préparation au soleil mais à l'abri des feuilles
 Frangipaniers à Wat Phou, l'élixir en préparation au soleil mais à l'abri des feuilles

Frangipaniers à Wat Phou, l'élixir en préparation au soleil mais à l'abri des feuilles

Lors de divers voyages, j'avais déjà fabriqué des élixirs, qui, dans le fond, n'en étaient pas réellement. 

(voir ici par exemple)

 

Après avoir écrit le livre sur les fleurs de Bach, j'ai mémorisé et assimilé la façon de procéder dans les règles de l'art. 

J'étais déjà allée au Laos en 2010 et à cette époque j'avais été fascinée par le très beau site du temple de Wat Phou, non loin de Champasak, dans le sud du pays. J'avais alors rencontré Nathalie, qui avait ouvert depuis peu un merveilleux spa dans une  maison traditionnelle en bois. 

J'y suis retournée sept ans plus tard pour la voir (et bosser un peu…  )

Parmi mes projets: montrer comme se fabrique un élixir énergétique. J'ai choisi le site de Wat Phou, si chargé d'énergies et d'histoire, et laissé à Nathalie le soin de sélectionner une fleur qui lui "parlait". Nous n'avons pas fait de recherches particulière sur la flore environnant le temple. Elle a juste cueilli où son cœur lui disait d'aller. 

Comme il y a de splendides allées de frangipaniers, elle a élu la fleur de ces arbres, appelée Dok champa au Laos. 

Edward Bach utilisa deux méthodes pour élaborer ses élixirs: l'exposition solaire ou l'ébullition. Nous avons retenu la première possibilité. 

Il s'agit, en manipulant les fleurs le moins possible, de les placer dans un bol en verre transparent en se concentrant vraiment sur ce qu'on fait. Le bol est empli d'eau (de source ou faiblement minéralisée) et on couvre la surface de fleurs. Puis on dépose le bol dans un endroit proche du lieu de la cueillette, tranquille (sans passage) et on le laisse en plein soleil au moins trois heures d'affilée. Il faisait vraiment très chaud, nous avons raccourci le temps de l'exposition solaire. L'idée: que les fleurs "se donnent à l'eau".

Ensuite, on ôte les fleurs sans les toucher (avec une brindille par exemple ou mieux, une tige de la plante "solarisée"). On transvase le liquide à l'aide d'un entonnoir dans une bouteille déjà remplie à moitié d'alcool. On agite pour dynamiser. Bach utilisait du brandy titrant au moins à 40°, ce qui donne une concentration en alcool à 20°, minimum nécessaire pour une conservation indéfinie de la solution. Le jour où je suis allée visiter la petite maison d'Edward Bach à Mount Vernon, en Grande Bretagne, on m'avait montré des macérâts qu'il avait lui-même fabriqués des décennies auparavant.  

Nous avons dilué avec l'alcool local le lao lao pour rester dans un environnement laotien. Le liquide obtenu est ce qu'on nomme le macérât mère. On ne l'utilise pas tel quel. Pour préparer l'élixir employé au final, on prélève un soupçon de la solution que l'on dilue dans de l'alcool à 40° minimum. La concentration en macérât mère est de 0,4% si l'on respecte le dosage d'Edward Bach.  

Un exemple : pour un flacon de 100ml, on verse au fond du flacon 0,4% de 100ml en macérât mère, soit 0,4ml. Si on compte environ 20 gouttes dans un ml, cela fait 8 gouttes et on complète avec l'alcool. 

On peut partir de ce calcul pour préparer des flacons plus petits. Par exemple, il faudra 2 gouttes de macérât mère pour un flacon d'élixir de 25ml.

Il s'agit d'un remède énergétique, avec une concentration très faible des substances extraites (ici par macération solaire) de la fleur choisie.  

Ensuite, il a fallu le tester. Une amie laotienne de Nathalie nous a déconseillé de l'employer en interne, tout en estimant que les "esprits du lieu" étaient bien présents dans le flacon et qu'on pouvait utiliser l'élixir de Dok Champa en externe. 

Comme l'a souligné Nathalie dans un commentaire sur l'article précédent, cette fleur a une symbolique ambiguë. Elle est l'emblème du Laos. Mais elle est aussi associée à la fois aux cérémonies sacrées, aux démons et à la mort (frangipaniers dans les cimetières).

Il existe un élixir de fleur de frangipanier rouge  (red suva frangipani)  répertorié dans les élixirs floraux du bush australien, Il apporte calme et sérénité à ceux fragilisés par une rupture sentimentale ou une séparation, et dans le fond, cette indication peut se comprendre si l'on tient la mort (à laquelle la fleur est liée en Aise) pour La grande séparation. 

J'ai souvent testé cet élixir de dok champa blanc sur les mains avant de m'endormir, ou pour essayer de m'endormir, et je trouve qu'il joue sur la qualité du sommeil, mais sans avoir réussi à bien qualifier l'effet pour le moment. Si l'on juge que la nuit nous sépare de nos activités diurnes, le dok champa peut donc avoir son mot à dire…

*Après moult recherches, j'ai trouvé un élixir de frangipanier blanc commercialisé avec des propriétés liées au sommeil, car destiné à écarter les frayeurs nocturnes.Cet élixir est produit par une société basée dans l'Oregon, la power of flower healing essence company. Sa créatrice a vécu à Hawaii et a été membre de la fameuse communauté écossaise de Findhorn. (Voir Ici) Il y a d'autres sites (américains ou anglais) qui proposent de l'élixir de fleur de frangipanier, avec des explications un peu différentes. 

* Sur la famille botanique du frangipanier et ses représentations symboliques (en anglais) : https://en.wikipedia.org/wiki/Plumeria

 

Rédigé par venezia

Publié dans #aux petits soins

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michele 09/06/2017 22:01

Je reviens voir les photos.
Je n'avais pas imaginé le Laos si sec. Est-ce une illusion?

Combien de fleurs avez-vous posé sur le petit bol?

venezia 10/06/2017 12:22

Michèle,

C'était le début de la saison chaude (et sèche). La mousson est encore loin.
Pour les fleurs, il faut en couvrir la surface d'eau du bol, donc selon la taille du bol! :)

michele 09/06/2017 16:04

On est obligé de sélectionner des images pour laisser un commentaire. C'est imposé par l'hébergeur?

venezia 09/06/2017 16:32

Je n'ai pas le choix des armes, hélas. Je pense que c'est mis en place pour éviter les robots :)

michele 09/06/2017 16:04

Je m'accroche hein ;)
Mais trêve de plaisanterie, je trouve que ce message est le plus décomplexant qui soit sur les élixirs parce que tu donnes une méthodologie simple, une ouverture sur les végétaux d'ici ou d'ailleurs, la possibilité d'y apporter la touche ésotérique sans laquelle ces élixirs ne fonctionneraient pas.

Je ne me vois pas encore en préparer mais je serais a priori attirée par des plantes ordinaires de mon environnement. Je ne sais pas pourquoi d'ailleurs.
Peut-on fabriquer des élixirs avec n'importe quelle partie de la plante ou s'agit -il simplement des fleurs? J'ai el souvenir de la teinture de ficus que tu avais faite mais était-ce une liberté de ta part d'en faire un élixir?

Tu devrais imaginer la gamme des élixirs de Venezia qui te ressemblerait : rose, vétiver, poivre, algues... j'imagine que si nous les fabriquons nous même, on pourrait vraiment leur donner une indication.
En tous cas, ça me parle beaucoup ça.

venezia 09/06/2017 16:57

Damned, Over blog vient de me manger ma très longue réponse!
C'est le laboratoire Deva qui fabrique pas mal d'élixirs avec des plantes communes, et j'en ai souvent utilisés, je les aime bien.

A l'exception de l'eau de roche, les autres élixirs de Bach sont fabriqués à partir de fleurs ou de bourgeons floraux (j'ai un doute pour le bourgeon de marronnier, floral ou pas, en tout cas bourgeon). La plupart des élixirs tirés du monde végétal sont donc réalisés à partir des fleurs. Il y a une mode récente qui consiste à capter l'énergie d'une fleur sans la couper, via un cristal, mais je préfère rester fidèle à la méthode originale. Je pense qu'on extrait quelque chose d'une fleur lors d'une macération solaire de trois heures. Si on regarde l'homéopathie, même avec des dilutions extrêmes, on part quand même d'uns substance réelle. La théorie actuelle est de supposer qu'on capte en réalité une information donnée par le végétal mais capter cette information me semble plus facile à faire via une macération que via un cristal!
Quant à mon élixir de ficus, c'était en réalité une simple teinture, (une feuille dans de l'alcool) mais je trouvais qu'il fonctionnait très bien en élixir (j'ai un jour mystérieusement égaré le flacon).
La vraie question en matière d'élixirs si on ne veut pas bidonner est de trouver à quoi ils servent au plan énergétique. Il faut donc aiguiser ses perceptions et tester, tester, sans se raconter de salades.
Ce qui m'a quand même étonnée, c'est que Nathalie et moi, nous avons testé le dok champa en liaison avec le sommeil… sans trop nous concerter!

Sylvie 09/06/2017 13:09

Pas tres difficile a faire ,juste etre present !
Le plus intéressant estde savoir qu elles plantes on peut utiliser ?
Peut etre voir seulement celkes conseillées pour son tempérament et essayer de les fabriquer :-)
Je trouve tout cela tres enrichissant : merci

venezia 09/06/2017 15:39

Syvie,

Il existe maintenant des centaines (voir plus) d'élixirs fabriqués dans le monde. Pour les plantes courantes européennes, regarde du côté du laboratoire Deva. Pour une vision très large, le site d'art'stella est une mine.
http://www.artstella.com
Sinon, j'aime beaucoup les textes d'Yvette Peyrard sur le sujet. Elle prépare ou a préparé certains elixirs pour Deva. J'en parlais dans un vieil article de 2011: http://www.princesseaupetitpois.fr/article-elixirs-floraux-et-cosmeto-89605257.html

Anne 09/06/2017 09:19

Les frangipaniers, c'est ma fleur préférée, on l'appelle champa aussi en Inde. Je projette un voyage différent en Inde l'an prochain, chaque fois différent et dans divers endroits, mais des amis me convient à partir avec eux au Vietnam,......Bref, l'Asie...Et toi, tes parfums, tes élixirs, le voyage des sens...........J'en imagine les senteurs, les bienfaits.

venezia 09/06/2017 15:29

Coucou Anne,

J'adore les fleurs de frangipanier qui incarnent à mes yeux le voyage au loin et les parfums profonds des Tropiques.
Pour moi en tout cas, je trouve le Laos plus planant que le Vietnam, bien plus agité. Mais je ne connais que le sud, et m'y étais retrouvée juste avant la fête du Têt! Je garde néanmoins un souvenir ému des centaines de barques qui naviguaient sur le Mékong chargées de petits kumquatiers censés porter bonheur!

Nathalie Bazin 09/06/2017 03:36

Ce fut un moment magnifique, merci Venezia pour ce fabuleux partage.
On trouve également le red suva frangipani dans les jardins a Champasak, je ferai un elixir aux beaux jours, et testerai la difference avec le blanc de Vat Phou. Il y a dizaines de variétés de blanc, de rouge et de jaunes !
Les animistes ici, remercient les fleurs avant de les cueillir ; je fais cela aussi depuis que je suis petite, elles ont tant a nous offrir.
Ce remède étant énergétique, il peut être intéressant de se nettoyer un peu (dans le coeur j'entends) au moment de la cueillette. J'ai eu l'impression que c'est une fusion de l'âme de la plante et du cueilleur que l'on retrouve dans le flacon, le tout sublimé par le soleil ! (je suis en forme ! ;) ...Merci Venezia pour cette belle découverte, et pour ce tres joli article.

venezia 09/06/2017 15:25

Nathalie,

je suis absolument ravie si tu poursuis les expériences avec les élixirs! On va regarder les fleurs d'une autre façon :)

Cannella/Elisabeth 08/06/2017 23:21

Mon jardin explose de frangipaniers blancs, roses, rouges et jaunes (l'odeur de ces derniers fine et particulièrement délicate est ma préférée). Merci de ce joli article qui me donne des idées, qui me donne des envies...

venezia 09/06/2017 15:23

Oh, Cannella, tu as bien de la chance, je trouve merveilleux le parfum des frangipaniers. C'est d'ailleurs dommage que les élixirs ne sentent rien (question de concentration!)