Publié le 10 Juin 2017

 

Ayant pas mal d'élixirs floraux à la maison, j'ai pu scruter de près leur concentration en alcool et en principes actifs. Conclusion: belle disparité et pas mal de flou pour certaines marques.

Cet article est pour les fans. J'ai tenté d'être la plus informative possible, quitte à me montrer austère. 

Bach (original flower essences): concentration en macérât mère :  1/500 soit 0,2%, une quantité reprochée à cette société qui affiche le label "officiel"  car elle est inférieure à celle que pratiquait Bach. Alcool de raisin: 27°

Ballot Flurin: dilution du macérât mère à 1/10 puissance 18. Sans alcool.

Biofloral: dilution du macérât mère: 1/240, soir un peu plus de 0,4%. Alcool bio Demeter: 27°

Mechthild Scheffer dans le Manuel complet des quintessences florales du Dr Edward Bach (le Courrier du livre, une vraie bible) donne 1 goutte de macérât mère pour 240 gouttes de brandy soit une concentration de 1/240, un soupçon de plus que 0,4 %  (Si l'on compte 20 gtes dans un ml) 

Deva: concentration en macérât mère: 0,5%. Alcool bio: 20°

Elixirs&Co: concentration en macérât mère: 0,4%. Alcool bio: 40°

Même dosage que l'Anglais Julian Barnard, l'un des meilleurs connaisseurs des fleurs de Bach. Dans Sur les traces du Dr Bach, (ed. Ulmus ltd) il a refait les parcours de Bach sur les lieux de cueillette originelles. Il pratique donc lui aussi la dilution à 0,4% dans du brandy à 40°, mais compte pour ces proportions 2 gouttes de macérât mère pour 30ml (j'ai compté 2 gtes pour 25ml quand nous avons fabriqué)

Gaialab (Jacques David, un clin d'oeil aux anciennes qui ont connu le forum aromalves!  ) : concentration en macérat-mère 0,4%, alcool bio: 40°

Ladrôme: concentration en macérât mère:  1/240 (un peu plus de 0,4%) Le degré d'alcool n'est pas indiqué sur le site et je n'ai plus de flacon de cette marque dans ma boite pour vérifier.

Living tree orchid essences: infusion "éthérique" de la fleur (pas d'indication de concentration) Alcool: 20°

Phi essences (Andreas Korte), très nombreuses gammes: infusion "energétique" de la fleur, de la plante ou d'un minéral (via un cristal) : 0,777%. Cognac: 20°

Un certain nombre de marques ne donne pas la composition exacte et n'explique pas vraiment le mode de réalisation du macérât mère.

Les textes de Bach

Ils ne sont pas simples à utiliser car il a détruit au fur à mesure la plupart de ses notes, tout en peaufinant ses recherches au fil du temps. Dans un texte de 1933, il explique la méthode de solarisation avec moitié brandy moitié eau de source pour le macérât mère. Puis il donne comme mode d'utilisation: 4 gouttes de ce macérât mère dans un flacon de 4 onces ( 28,4ml). Bien agiter et donner à la petite cuillère au patient. On fabrique donc sur le champ sans idée de conservation et la dose administrée est plus importante qu'aujourd'hui. 

En 1934, il parle de 3 ou 4 gouttes de macérât mère dans l'eau du flacon de 4 onces, à laquelle on peut ajouter un peu de brandy pour une meilleure conservation, et le dosage reste d'une cuillère à thé.

En 1936, -l'année de sa mort, il a bouclé la liste de ses remèdes-, il conseille 2 ou 3 gtes de macérât mère  dans le flacon de 4 onces avec éventuellement du brandy, et "peu de gouttes" seulement de ce mélange dans un liquide quel qu'il soit (lait, eau, etc. )

(Informations tirées d'un ouvrage au titre un peu trompeur: Œuvres complètes… car elles ne le sont pas, se contentant parfois d'extraits!  (Macroeditions)

Au fil du temps, les dosages ont donc diminué.

Portrait énergétique d'une fleur, temps d'attente après la préparation, rôle de l'alcool, durée de conservation 

Dans une étude très intéressante parue dans feue la revue Euphrasia (n°4, 2002, créée par l'un des fondateurs des Laboratoires Deva), un chercheur, Jo Ligné relate ses expériences de cristallisations sensibles réalisées avec des macérats mères et des élixirs dilués. Je ne vais pas entrer dans les détails, mais citer les conclusions, très utiles pour ceux et celles qui souhaiteraient se lancer dans la fabrication d'élixirs.  

"Une plante spécifique  possède une image en cristallisation sensible qui lui est propre (… ). cette image est un "portrait" stable et fiable, qui met en évidence la structure énergétique du végétal étudié. Pour une espèce végétale déterminée, on obtiendra toujours la même image de base, quel que soit le lieu, la date de préparation et le préparateur" (si on respecte le strict protocole du laboratoire, ici, Deva). (C'est moi qui souligne, ci-dessous aussi)

(…)

"L'eau reçoit le message énergétique (thérapeutique) du végétal au cours de la préparation de l'infusion. Cependant, ce message ne s'exprime pas dans son intégralité et sa plénitude pendant la préparation, ni juste après qu'elle vienne d'être réalisée. 

La pleine expression des potentialités énergétiques n'apparait qu'après 3 à 10 jours pour les infusions, et après un ou deux jours pour les élixirs-mères."

(…) 

"Les fortes variations de température ont des effets désastreux sur la structure énergétique des élixirs floraux". 

(…)

L'alcool joue un rôle essentiel dans la conservation des élixirs. Sans sa présence, les infusions dégénèrent au bout d'un laps de temps situé entre dix jours et quatre mois. La présence du cognac stabilise les élixirs au bout d'un laps de temps qui varie entre 7 et 30 jours". 

Enfin, le vieillissement se confirmerait après 6 ans. 

Au delà de son rôle de conservateur, "le support eau-cognac agit comme un stimulant à l'émergence des potentialités de l'infusion florale, potentialités qu'il maintient après quelques oscillations. "

NB: Qu'est ce qu'une cristallisation sensible? l'explication de Wikipedia: ici

Un résumé abrupt et succint: on met en présence une solution de chlorure de cuivre et le produit à étudier, selon un protocole précis. Au bout de quelques temps, il se forme des figures  formées de minuscules aiguilles plus ou moins ordonnées. Ce sont ces dessins que l'on observe.  Cette technique est notamment utilisée en biodynamie et en anthroposophie. 

Un petit tour d'horizon des élixirs disponibles ici

 

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Rédigé par venezia

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Publié le 8 Juin 2017

 Frangipaniers à Wat Phou, l'élixir en préparation au soleil mais à l'abri des feuilles
 Frangipaniers à Wat Phou, l'élixir en préparation au soleil mais à l'abri des feuilles

Frangipaniers à Wat Phou, l'élixir en préparation au soleil mais à l'abri des feuilles

Lors de divers voyages, j'avais déjà fabriqué des élixirs, qui, dans le fond, n'en étaient pas réellement. 

(voir ici par exemple)

 

Après avoir écrit le livre sur les fleurs de Bach, j'ai mémorisé et assimilé la façon de procéder dans les règles de l'art. 

J'étais déjà allée au Laos en 2010 et à cette époque j'avais été fascinée par le très beau site du temple de Wat Phou, non loin de Champasak, dans le sud du pays. J'avais alors rencontré Nathalie, qui avait ouvert depuis peu un merveilleux spa dans une  maison traditionnelle en bois. 

J'y suis retournée sept ans plus tard pour la voir (et bosser un peu…  )

Parmi mes projets: montrer comme se fabrique un élixir énergétique. J'ai choisi le site de Wat Phou, si chargé d'énergies et d'histoire, et laissé à Nathalie le soin de sélectionner une fleur qui lui "parlait". Nous n'avons pas fait de recherches particulière sur la flore environnant le temple. Elle a juste cueilli où son cœur lui disait d'aller. 

Comme il y a de splendides allées de frangipaniers, elle a élu la fleur de ces arbres, appelée Dok champa au Laos. 

Edward Bach utilisa deux méthodes pour élaborer ses élixirs: l'exposition solaire ou l'ébullition. Nous avons retenu la première possibilité. 

Il s'agit, en manipulant les fleurs le moins possible, de les placer dans un bol en verre transparent en se concentrant vraiment sur ce qu'on fait. Le bol est empli d'eau (de source ou faiblement minéralisée) et on couvre la surface de fleurs. Puis on dépose le bol dans un endroit proche du lieu de la cueillette, tranquille (sans passage) et on le laisse en plein soleil au moins trois heures d'affilée. Il faisait vraiment très chaud, nous avons raccourci le temps de l'exposition solaire. L'idée: que les fleurs "se donnent à l'eau".

Ensuite, on ôte les fleurs sans les toucher (avec une brindille par exemple ou mieux, une tige de la plante "solarisée"). On transvase le liquide à l'aide d'un entonnoir dans une bouteille déjà remplie à moitié d'alcool. On agite pour dynamiser. Bach utilisait du brandy titrant au moins à 40°, ce qui donne une concentration en alcool à 20°, minimum nécessaire pour une conservation indéfinie de la solution. Le jour où je suis allée visiter la petite maison d'Edward Bach à Mount Vernon, en Grande Bretagne, on m'avait montré des macérâts qu'il avait lui-même fabriqués des décennies auparavant.  

Nous avons dilué avec l'alcool local le lao lao pour rester dans un environnement laotien. Le liquide obtenu est ce qu'on nomme le macérât mère. On ne l'utilise pas tel quel. Pour préparer l'élixir employé au final, on prélève un soupçon de la solution que l'on dilue dans de l'alcool à 40° minimum. La concentration en macérât mère est de 0,4% si l'on respecte le dosage d'Edward Bach.  

Un exemple : pour un flacon de 100ml, on verse au fond du flacon 0,4% de 100ml en macérât mère, soit 0,4ml. Si on compte environ 20 gouttes dans un ml, cela fait 8 gouttes et on complète avec l'alcool. 

On peut partir de ce calcul pour préparer des flacons plus petits. Par exemple, il faudra 2 gouttes de macérât mère pour un flacon d'élixir de 25ml.

Il s'agit d'un remède énergétique, avec une concentration très faible des substances extraites (ici par macération solaire) de la fleur choisie.  

Ensuite, il a fallu le tester. Une amie laotienne de Nathalie nous a déconseillé de l'employer en interne, tout en estimant que les "esprits du lieu" étaient bien présents dans le flacon et qu'on pouvait utiliser l'élixir de Dok Champa en externe. 

Comme l'a souligné Nathalie dans un commentaire sur l'article précédent, cette fleur a une symbolique ambiguë. Elle est l'emblème du Laos. Mais elle est aussi associée à la fois aux cérémonies sacrées, aux démons et à la mort (frangipaniers dans les cimetières).

Il existe un élixir de fleur de frangipanier rouge  (red suva frangipani)  répertorié dans les élixirs floraux du bush australien, Il apporte calme et sérénité à ceux fragilisés par une rupture sentimentale ou une séparation, et dans le fond, cette indication peut se comprendre si l'on tient la mort (à laquelle la fleur est liée en Aise) pour La grande séparation. 

J'ai souvent testé cet élixir de dok champa blanc sur les mains avant de m'endormir, ou pour essayer de m'endormir, et je trouve qu'il joue sur la qualité du sommeil, mais sans avoir réussi à bien qualifier l'effet pour le moment. Si l'on juge que la nuit nous sépare de nos activités diurnes, le dok champa peut donc avoir son mot à dire…

*Après moult recherches, j'ai trouvé un élixir de frangipanier blanc commercialisé avec des propriétés liées au sommeil, car destiné à écarter les frayeurs nocturnes.Cet élixir est produit par une société basée dans l'Oregon, la power of flower healing essence company. Sa créatrice a vécu à Hawaii et a été membre de la fameuse communauté écossaise de Findhorn. (Voir Ici) Il y a d'autres sites (américains ou anglais) qui proposent de l'élixir de fleur de frangipanier, avec des explications un peu différentes. 

* Sur la famille botanique du frangipanier et ses représentations symboliques (en anglais) : https://en.wikipedia.org/wiki/Plumeria

 

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Rédigé par venezia

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Publié le 6 Juin 2017

 

Pourquoi des mois de silence sur le blog? Pour une bonne cause, la rédaction d'un nouveau livre qui devrait sortir en septembre. Ça, c'est pour la surprise.

 

La brume de sommeil dont je vais parler dans cet article a été testée pour le bouquin. Je donne ici une formule à peine modifiée que je viens de refaire et que j'apprécie beaucoup. Le thème central de ce nouveau travail (avec pas mal d'essais ces dernier mois… ) tourne en effet autour des parfums maison et des ambiances parfumées… en version moins sophistiquée que les recettes données au fil des années sur ce blog mais avec de nombreux supports que j'ai cherché à diversifier et à apprivoiser.

Quant aux élixirs floraux, que j'ajoute quasi systématiquement dans mes recettes, j'expliquerai dans un prochain article comment en fabriquer…En effet, lors d'un récent voyage au Laos où je suis allée voir une amie, nous en avons confectionné un. 

Brume de sommeil à la fleur d'oranger

 

25 gtes HE petit grain bigarade

10 gtes HE petit grain mandarine

20 gtes HE lavande

5 gtes HE vetiver

8g solubol (dispersant des HE)

10g teinture de roses maison

1g elixir Sommeil (Elixirs&co)

1g élixir de fleurs de champaca du Laos

0,7 cosgard (conservateur)

78,6 g eau de fleurs d’oranger (je l'achète dans une boutique de produits tunisiens à Belleville)

 

Dans le livre, -pour limiter les coûts- je n'ai choisi que trois huiles essentielles, comme dans les 9/10 des recettes présentées, et un seul élixir.  

 

Procédé

Il est simplissime. 

Compter les gouttes d'HE dans un bécher stérilisé. Ajouter le solubol, bien touiller.

Puis ajouter le reste des ingrédients en suivant l'ordre de la liste ci-dessus, c'est à dire en commençant par ceux qui renferment de l'alcool pour parfaire la dispersion. Bien touiller avec une baguette après chaque ajout.

 Conditionner en vaporisateur.

Le choix des ingrédients 

J'ai cherché à réaliser un mélange parfumé à vocation apaisante, à la fois équilibré et qui tienne.

Petit gain bigarade et lavande: dans son livre à couverture rose (je l'appelle par affection le livre rose… ) "Aromathérapie", Monica Werner rapproche ces  HE tant leurs effets sont voisins, en raison de la présence chez les deux, en quantité élevée,  d'esters (acétate de linalyle) et de linalol aux vertus relaxantes, rééquilibrantes et antidépressives. 

Petit grain mandarine: là, c'est la présence d'anthranilate de méthyle, un autre ester, qui rend cette HE si apaisante. 

Vetiver: j'adore son parfum racine. C'est dans le livre rose de Monica Werner que j'ai découvert avec ravissement que son HE favorisait, elle aussi, le sommeil et apportait de l'apaisement, notamment en raison de la présence de cétones sesquiterpéniques. 

Teinture de roses : en interne, la teinture de rose apaise et calme. En externe, c'est surtout pour son léger parfum que je l'utilise. 

Eau de fleurs d'oranger: son parfum solaire est une incitation à la détente 

Elixirs : pour la touche énergétique. J'en ai combiné deux dans cette recette. L'un, déjà prêt, l'autre fabriqué au Laos. j'en reparlerai dans un prochain article. 

Utilisation

Je conditionne cette brume en vaporisateur et pschitte directement sur l'oreiller. Puis je passe délicatement ma main sur le tissu et  plonge mon nez dedans avec délices.

 

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Rédigé par venezia

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