Gel d'aloes et soude: faut être fou… même pour un savon visage

Publié le 10 Avril 2010

 

 

Les savons précieux pour le visage fleurissent ici et avec de très jolies recettes. Je voulais aussi inventer le mien. En quète de douceur, j'ai décidé de diluer la soude dans de l'aloes. Sans penser que j'avais du gel et non du jus au frigo. Le gel à boire est un peu moins ferme que celui en tube, mais enfin, ce n'est pas un exemple de fluidité.

 


J'ai donc allègrement versé les perles de soude dans le gel -froid-, thermomètre en main pour surveiller la température. Quasiment en sifflotant (si je savais le faire). Pas pour longtemps. J'ai constaté aussitôt que les minuscules granules de soude restaient prisonniers du gel. J'ai d'abord envisagé de tout jeter… mais je me suis tout de suite demandée où et dans quoi mettre ce mélange bourré de soude en suspension. J'ai donc décidé de touiller pour voir ce que ça allait donner.

Touille et touille.

Température : 23 degrés…

Le gel emprisonnait la soude sans qu'elle puisse se dissoudre.

Touille et touille.

Peu à peu les perles ont commencé à s'amenuiser… enfin, pas toutes. Test annexe: la prise de température: péniblement frisant le 25°. Je n'arrivais pas à la faire remonter. Le comble pour une savonnière!

 

J'ai alors imaginé de tièdir légèrement la solution dans un bain marie. Peu à peu, la température a monté. Est-ce l'effet du touillage obstiné (j'avais largement dépassé la demi heure) ou celui du tiédissement du liquide? Les petites perles restantes se sont enfin estompées. J'ai fait glisser le liquide le long des parois transparentes du verre pour voir si j'apercevais des points blancs suspects: apparemment pas.

Pour plus de sécurité, j'ai pesé 10grammes d'eau déminéralisée et versé très trèèes lentement le gel à la soude sur ce fond d'eau, en scrutant la moindre aspérité: rien… ouf


Me retournant pour saisir le saladier renfermant les huiles, j'ai eu alors la joie de découvrir que tout avait figé. Damned! Trahie par le blanc de bœuf ! Il faut dire qu'on en était déjà à trois quarts d'heure de touillage pour le gel à la soude, que la température extérieure était hivernale et que je n'avais pas pensé une seconde à conserver les huiles au bain-marie.

 J'ai donc du tièdir à nouveau le mélange huileux, tout en veillant à ce que la soude ne refroidisse pas trop non plus. J'étais la seule à avoir chaud !


Quand les deux parties ont atteint les 34-35°, je les ai enfin mariées… très vite. La trace est arrivée à la seconde, je n'ai pas eu le temps de dégainer le mixer. 

 

Touille et retouille à la spatule. 

J'ai longuement mélangé à la main pour assouplir le tout et être sûre que le mélange soit impeccable. J'avais prévu d'incorporer du miel, je l'ai fait avec une délicatesse de geisha. J'avais également préparé, pour colorer, un mélange d'ocre et de lait de jument, mais je ne l'ai pas utilisé. Le vert pâle de la pate était si exquis que je n'ai pas voulu modifier la teinte. Ne me restait plus que le  parfum à ajouter. Le CO2 de thé vert -présent dans l'ajout- se présente sous la forme d'une pate épaisse, assez peu soluble dans les huiles si on ne veut pas trop en perdre (ça colle aux bords de la cuillère) … encore une séance de touillage avant de pouvoir enfin emplir les moules.


Prudemment j'ai attendu 36 heures avant de démouler. Le toucher est extrèmement doux, les savons sentent légèrement le géranium et le vert est d'un céladon evanescent.


La prochaine fois, je me contenterai de jus d'aoles comme l'ont fait si bien Irène ou Nansou pour leurs pimpants savons sombrero

 

DSCN8697.jpgNon, je n'ai pas sacrifié une feuille de mon aloes pour la photo, j'ai dû amputer la plante tombée lors d'une séance rempotage la semaine dernière. Le savon est un petit format.

 

Huiles 


C'est un savon prévu pour le visage. J'ai donc choisi des huiles et des macérats régénérants, cicatrisants ou anti inflammatoires, et privilégié des tons verts.


blanc de bœuf 150g (pour la douceur du toucher)


huile de nigelle (cumin noir) 20g (antiseptique, anti inflammatoire)


huile de tamanu 27g (très réparatrice)


huile d'olive 130g dont:

-20 macérat de consoude thé vert

-10 macérat de laurier (anti inflammatoire)


huile d'avocat 43g (régénérante, cicatrisante)


huile de rose musquée 10g (cicatrisante)


huile de ricin 20g (pour les bulles)


 toco 500

 

ce qui donne, sur Soapcalc:

un pouvoir moussant et de bulles de 8

et pour l'effet conditionnant 77

 

 

 Parfum et ajouts


Dans 10g huile de périlla (très riche en oméga 3) :


*4g He géranium bourbon co-distillé avec rose, l'HE de géranium est particulièrement bien tolérée (il m'arrive d'en utiliser pure à micro dose  sur le visage pour sa puissance cicatrisante). Co-distillée avec de la rose, elle a un parfum plus fin.


* 1 pointe de couteau extrait CO2 de thé vert (anti inflammatoire)


*0,5g extrait CO2 romarin (anti oxyant)

 

*1/2 cuil à café de miel sauvage des forêts indiennes

 

Liquide de dissolution

130g gel d’aloes à boire+10g eau déminéralisé

 

soude pour un surgraissage à 7-8

 

Au bout d'une semaine, le ton pale n'a pas bougé.

 


 

 

 

Rédigé par venezia

Publié dans #savons

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Loulou 15/04/2010 16:02



Ce savon est superbe! J'adore sa couleur et sa forme. Je ne sais pas si je préfère l'histoire au savon ou l'inverse...


Lorsque je rajoute du gel d'aloe vera c'est tjs à la trace. 


Irène, j'utilise souvent de la soude froide, qui a séjournée sur le balcon et je n'ai jamais eu de pb. Je ne pense pas que le pb vienne de ça. Il faudrait voir les ingrédients que tu as utilisés.
Je ne suis pas certaine de comprendre ce que tu as voulu dire...


 



venezia 16/04/2010 20:40



je voulais un savon très aloes, d'où mon intrépidité Loulou!



Irene 12/04/2010 15:02



Non Venezia, je n'ai aeu aucune réaction volcanique ; j'ai eu une trace plus que longue à venir ...



venezia 13/04/2010 08:38



Alors je n'avais pas bien compris



Irene 11/04/2010 23:01



Quand je pense que j'ai eu le problème exactement contraire au tien !


Et que je n'ai d'ailleurs pas encore compris ...


J'ai utilisé le jus d'aloés pour dissoudre la soude (et que du jus d'aloés), le gel étant ajouté à la trace. Comme j'ai recommencé et eu le même problème, je me pose encore la question : est-ce
que les HE d'agrumes auraient à ce point influé sur la trace ? Ha, cela dégoulinait, cela débordait de mon moule rond ! Moi, je transpirais pour éponger. Mais je pense à une chose : j'avais mis
la soude à refroidir dehors et je n'ai pas vérifié avec le thermomètre : elle était peut-être simplement trop froide.


 


Ton savon valait bien que tu te donnes tant de mal : il est splendide, mystérieux et un vrai bonheur pour la peau d'après les huiles que tu as utilisées.


Cette fois, je suis en retard ... pas encore testé les gras animaux ...


Bravo à toi, encore un savon magnifique !


 



venezia 12/04/2010 08:32



Irène,


 


C'est donc après le mélange avec les huiles que tu as eu ces réactions volcaniques?



Mystic 11/04/2010 18:00



Mon dieu quelle aventure que d'être une savonnière !


Perso, je rajoute toujours mon gel d'aloe Vera à la trace donc je prends note pour la soude.


Un savon bien réussi dans un superbe ton vert :-)


Oui le blanc de boeuf nous sert comme graisse à frites.


Il est très blanc, virginal, ne sent rien et est empacté comme une margarine.


Cela ressmble à du Karité ;-)


Bravo, j'ai hâte de découvrir tes impressions .


Bon dimanche



venezia 11/04/2010 20:22



Mystic, tu as raison ce blanc de bœuf ressemble un peu au karité, en plus blanc. 



cristine 11/04/2010 16:45



Je passe quelques instants pour confirmer que dans le JUS d'aloé vera, la soude se dissout toute seule comme dans l'eau!



venezia 11/04/2010 20:21



Merci, cristine, donc prochaine fois: jus d'aloes



moune 11/04/2010 14:18



Vénézia, je coupe les feuilles de consoude quand je les trouve grosses assez. Je fais une infusion immédiatement, que je congèle ensuite. Les reste des feuilles coupées est mis à sécher sur un
linge. Ensuite, je les fais entrer dans un bocal en les tassant.  Elles gardent leurs propriétés une fois sèches. Pour un macérat, je fais un peu sécher aussi , avant de mettre en
macérat. Trop peur de la fermentation.



venezia 11/04/2010 20:20



merci pour tous ces détails, Moune; Tu es une chanceuse avec ta consoude fraiche. mais je dois reconnaitre que les feuilles séchées donnent aussi un vert magnifique.



chabou 11/04/2010 13:45



Tu me fais rire, Princesse, car il m'arrive aussi toutes sortes d'aventures lorsque je fais mes savons ce qui engendre un suspense excitant, un stress positif et ....l'envie de recommencer
avec autre chose.
Comme Michèle, j'ai relevé le miel sauvage indien. Est-il très foncé, odorant, épais comme celui qu'on trouve dans le sud ? A Pondy, on le vend autour des rayons, ce qui doit,
hélas, détruire la ruche. Ce sont les tribus qui le récoltent.
J'ai déjà eu des soucis avec du gel d'aloé, le gélifiant n'est pas toujours compatible avec le reste. J'ai décidé de sacrifier quelques feuilles charnues d'un de mes pots. Ils semblent se plaire
sur mon balcon et sont trop petits pour les nouveaux bébés.
Ton savon doit être une merveille de douceur.



venezia 11/04/2010 20:19



C'est un miel de tribu du sud de l'Inde, ceffectivement foncé et délicieusement odorant.


Mon aloes étant vraiment tombé, j'ai découvert aujourd'hui que plusieurs feulles avaient été blessées… je ne me suis pas encore résolue à les couper



nansou 11/04/2010 12:08



Ce savon est somptueux, quelle recette ! La couleur est naturelle ? Elle est splendide.


Je n'aurais jamais pensé que le gel d'aloé provoquerait de tels déboires... peut être faudrait il tester avec un gel à température ambiante ?



venezia 11/04/2010 20:17



La couleur est naturelle Nansou, huiles vertes, macérats vert et CO2 de thé vert


pour le gel, je pense que c'est dû à la texture plus qu'à la température



michele 11/04/2010 09:09



Moi j'adore la cuillère de miel sauvage des forêts indiennes...


 


Rien que ça me ferait supporter le gel qui emprisonne la soude.


Enfin quelque chose qui la mate cette bonne vieille soude sans laquelle nous serions tout de même bien embêtées de ne pas pouvoir savonner


 


Tu fais bien d'insister sur le fait que chaque grain de soude doit absolument être dissout avant de procéder à la saponification.


 


Ce petit rectangle vaut bien quelques suées, sa couleur est superbe et le moule presque art-déco aussi.


Il devrait être aussi doux que les savons à l'aloé de notre amie des antipodes. Catherine, j'ai en ce moment le savon bleu-aloé dans la salle de bains. Une merveille!


 


Merci Venezia!



venezia 11/04/2010 09:51



C'est un miel au gout extraordinaire mais que je réserve aux popottes cosmétiques (et que je planque) à la grande deception des gourmands …


 


Pour le moule: je l'aime beaucoup mais je l'avais abandonné car il n'est pas très facile à démouler. .Je l'ai ressorti epuis que je laisse mes savons un petit peu au congelo, ça facilite
énormément le démoulage.



moune 11/04/2010 08:30



vénézia, cette formule est si tentante que je n'ai presque pas envie d'attendre que tu l'aies testé. J'ai eu la chance de tester un savon à l'aloé de Catherine, juste avant que mon époux le fasse
disparaître dans ses bagages. C'était un pur bonheur.Merci d'avoir raconté tes "déboires" dans le gel. Nous saurons qu'il vaut mieux utiliser le liquide.


Catherine : la couleur offerte par la consoude tient très bien. En plus du macérat, je fais une infusion corsée avant de la faire congeler en glaçons .Je mixe les feuilles qui ont servi  à
l'infusion après les avoir séchées .Ca donne un joli coup d'oeil aussi , pour changer.


 



venezia 11/04/2010 09:47



Moune,


 


j'ai aussi eu la chance de tester le savon de Catherine, qui est une pure merveille de douceur. Je pense d'ailleurs que ça a du conribuer à me faire penser à l'aloes.


 


Pour la consoude, tu utilises des feuilles fraiches ou sèches?