Publié le 22 Mars 2009


Entrée du mausolée
Shah Najaf Imambara au crépuscule. Son architecture s'inspire du tombeau d'Hazrat Ali ( le beau fils de Mahomet), enterré à Najaf ("terre sacrée" des Chiites) en Irak.

Je ne vais pas décliner tout l'arc en ciel, mais à Lucknow, ville qui fut capitale de l'Avhad (ou Oudh),  royaume musulman chiite de l'Inde du nord réputé pour sa culture et son raffinement, j'ai découvert de nombreux et magnifiques mausolées.
L'un d'entre eux, délabré et assez peu visité, affiche des teintes pastel vraiment exquises, contrepoint complémentaire quasi indispensable à  " l'orange sadhu" .

Cour intérieure aux murs bleutés

En cherchant plus d' informations sur ce mausolée baptisé Shah Najaf Imambara, j'ai découvert que Guazi ud Din Haidar, le nabab (septième de la dynastie) enterré là au début du XIX° siècle, n'était pas tout seul. Sa dépouille y passe l'éternité en compagnie de trois de ses épouses dont l'une eut un destin singulier.

Dans le miroir, le reflet du tombeau plaqué de feuilles d'or de Mubarak Mahal.

J'ai trouvé sur internet
  quelques informations sur Mariam Aish, devenue Mubarak Mahal, l'épouse favorite du nabab. Fille d'un colonel anglais basé à Kanpur marié à une hindoue, elle avait fait son éducation chez les Pères Chrétiens avant de se convertir à l'islam à son mariage. Elle  survecut à son époux, à sa mort demanda à quitter la ville, ce qui lui fut refusé. Mubarak Mahal serait morte en 1856, un an avant la fameuse révolte des Cipayes qui se termina par l'annexion du royaume chiite par le compagnie des Indes.


Les lustres viennent d'Europe (mais pas de Murano)

Le décor aurait parfaitement convenu au  film du cinéaste bengali  Satajit Ray Les joueurs d'échecs (1977), (tourné en Urdu)  qui se déroule à Lucknow à l'époque des nababs.

Variations sur le bleu laiteux et le turquoise


Liens

sur Mubarak Mahal: ici
et pour les curieux erudits également , ici

Le mot avhad est passé aujourd'hui… dans le registre culinaire. On le retrouve… à toutes les sauces  pour designer des plats "moghols" , surtout à base de riz et de mouton.



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Rédigé par venezia

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Publié le 19 Mars 2009



Dès la première balade dans Bénarès, elle saute aux yeux: la couleur orange est omniprésente. Au fil des jours, on y prète moins attention  mais elle est vraiment comme un fil (orange) …



… qui conduit en un parcours quasi initiatique d'une fleur à une robe de sadhu, d'un tissu à une offrande, d'un pan de mur à une écharpe.  

Autel préparé pour la puja (cérémonie) quotidienne célébrée en l'honneur du Gange à la tombée de la nuit.

Pourquoi cet orange envahissant, décliné en multiples nuances? C'est la teinte de la tenue des Sadhus, ceux qui ont renoncé aux possessions matérielles et déambulent, plus ou moins vétus, -plus ou moins déguisés je dirais aussi- d'un ghat à l'autre, à la recherche de l'illumination mais aussi des appareils numériques des touristes, ravis de les photographier contre quelques roupies (bienvenues pour eux… ).




Sadhus orangés

Rousse est aussi l'abondante chevelure de Shiva, le Dieu de la ville qui retint dans ses boucles les eaux de la déesse Gange avant qu'elles ne coulent sur terre.

Méditation matinale

Et pour faire un autre lien, -si je puis dire pas trop tiré par les cheveux-,  orange est également, traditionnellement, la couleur du deuxième chakra (adhisthana ou svädhishthäna) celui de la région génitale, de l'énergie sexuelle, lotus orange à six pétales dans lequel s'inscrit un croissant de lune (présent également dans la coiffure de Shiva)…  et lié à l'eau.

Deux lingam fichés dans les yonis (symbole de l'union sexuelle masculin-féminin) dans leur niche orangée et parsemés de fleurs.



Oeillets d'Inde avec une bougie, lancés dans le Gange pour voguer au fil de l'eau, allumés, à la tombée de la nuit…

Liens


-(savant et en français) sur le chakra
svâdhishthâna: ici
-sur les représentations de Shiva (en français, avec chromos indiens): ici

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Rédigé par venezia

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Publié le 18 Mars 2009

En Inde, outre les vaches,

Vache folâtrant sur les ghats (Bénarès)

J'ai croisé pas mal d'animaux.

Une chêvre sur un toit (Bénarès)



Des singes déguisés (conteur de rue, Bénarès)



Deux serpents, mais dressés (Bénarès, Assi ghat).

(Je vous promets Michèle et Mlk, ce sont les seuls reptiles que je vais montrer… )


Une bande d'oiseaux joueurs s'ébrouant dans des flaques (Lodi gardens, New Delhi)


Un écureuil gourmand appréciant les gâteaux à la noix de coco (jardin du Fort Rouge,New Delhi)


http://mamidoo.free.fr/html/gifs/animaux/insectes/moustique_02.gifet bien sûr, des moustiques.

Avant mon départ, j'ai parcouru sur des forums les compte rendus de voyageurs revenant de Bénarès. Ce qui m'a fait découvrir quelques descriptions  apocalyptiques de la bête la plus familière de la ville: le moustique. Présenté comme énorme, goinfre et omniprésent…
Il se trouve qu'en général, je suis une proie très convoitée des insectes piqûeurs. Par ailleurs, je  partage ma vie avec un être chanceux:  je lui sers d'appat quand les bestioles débarquent. Cette fois, je m'étais jurée de changer la donne. J'ai donc passé un peu de temps à chercher sur le net les suggestions de voyageurs revenant de pays tropicaux sans s'être trop fait dévorer… et j'en ai retenu deux.

-Une voyageuse soutenait que le port d'une écharpe bleu vif éloigne les bestioles. J'ai tenté le coup. J'ai donc puisé dans mes tiroirs un foulard touareg qui a déjà beaucoup servi…

-D'autres baroudeuses vantant le port de bracelets imprégnés de géraniol (Mousticare),  j'en ai commandé deux en pharmacie sans trop y croire.

Chambre avec vue sur le Gange

A Bénarès, nous profitions d'une chambre charmante avec voile moustiquaire aussi beau qu'un dais, mais dans un premier élan dédaigné par celui-qui-ne se-fait-jamais-piquer.
Première nuit, premier sommeil. Sans mousticaire donc … et, en ce qui me concerne, avec mes bracelets. L'un au poignet, l'autre à la cheville.
Soudain, dans l'obscurité, un chuchotement me réveille:
- Ils attaquent, je suis en train de me faire bouloter
. On met la moustiquaire.http://mamidoo.free.fr/html/gifs/animaux/insectes/moustique_02.gif

Même si moi aussi, j'ai eu à cette occasion une ou deux piqûres (vites calmées avec la fameuse lotion post moskitos) j'ai secrètement jubilé: nous étions enfin à armes égales.
Toutes les nuits, j'ai donc pu dormir tranquillement sous le dais protecteur, refusé d'habitude… 


Je n'ai pas quitté mon écharpe bleue de tout le voyage, et je dois dire qu'avec elle, plus les bracelets, je n'ai pas vraiment eu à me plaindre…

Ces bracelets en plastique sont  imprégnés de géraniol (ils renferment également du géranial et du nérol). Lors d'un premier essai au poignet, j'ai dû probablement trop serrer et j'ai arboré un cercle rouge, qui a disparu en 24 heures. J'ai un peu desserré l'anneau  et changé de poignet. Ils ne sont pas d'une beauté renversante… mais ça semble vraiment marcher, si je compare avec mes autres séjours indiens.

J'ai également testé de la même marque la lotion anti moustique ( molécules actives: menthoglycol, citronellal, nerol) qui me semble moins efficace que l'Insect écran (avec DEET) que j'utilise sous les tropiques (j'en avais d'ailleurs emporté, au cas où ). Mais elle a largement suffi pour accompagner mon armure invisible…


Lien

Pour le géraniol, je n'ai pas trouvé de détails vraiment passionnants. voir ici néanmoins sur wikipedia.


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Rédigé par venezia

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Publié le 16 Mars 2009


Non, ce n'est pas l'Andalousie mais une rue de Varanasi, où une vache noire pose devant un mur peint en rouge en honneur de Shiva.

Bénarès (alias Varanasi) reste le paradis déambulatoire des vaches… Elles sont partout, en chair, en pierre, sur les marches des ghats (les gradins qui longent le Gange), dans l'enchevêtrement des rues étroites (les galis) de la vieille ville.






  Un troupeau de buffles et bufflonnes (on peut donc goûter à Benares de la mozarella à l'indienne) déambulant sur les ghats.

Varanais est la ville de Shiva, le Dieu imprévisible qui chevauche parfois son taureau blanc, Nandi, omniprésent dans la ville.
D'ailleurs, il en prend parfois l'apparence. Tout buffle blanc peut donc être une incarnation divine…


Ai-je croisé Shiva?



Petit nandi de marbre veillant sur un lingam, symbolle phallique associé à Shiva.

Entrée d'un temple dédié à Shiva (d'où le Nandi) à Ramnagar, sorte de château-forteresse dressé au bord du Gange, encore habité par un marahadjah, et situé sur la rive opposée de la ville.

  Un lien sur Shiva:
ici


Plein de vaches?


Du beurre à foison…vendu au poids dans une odeur crémeuse, ou déjà clarifié sous forme de ghee.


Marmite jaune… beurre

Plein  de yaourts,conditionnés en mini écuelles d'argile, brisées après usage
.

Yaourts préservés hygiéniquement sous vitrine, hum, ce qui n'est pas toujours le cas…

Petit lait apprécié des chiens

Plein de bouses, soigneusement recueillies, façonnées en galettes utilisées en combustible




Bref; Varanasi est une ville très meuh…




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Rédigé par venezia

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Publié le 15 Mars 2009


                                             Voyage en Inde à nouveau, mais cette fois ci dans le Nord.



 

Comme je n'ai pas la résistance à toute épreuve de ces saddhus qui s'ébrouent sans souci dans les eaux du Gange à Bénarès, j'avais préparé la veille de mon départ deux grigris (que je trouve) indispensables pour tout voyage au loin, et en pays chaud: une brume apaisante anti jet lag et une potion magique post moskitos. Cette année, j'ai sophistiqué mes formules en jouant aussi sur l'énergétique.


 Brume apaisante anti jet lag

 Dans un vaporisateur de 30ml,

*Verser 2 gouttes d'HE de géranium, les diluer avec 10 gouttes de Solubol, bien secouer pour homogénéiser.
 *Ajouter ensuite, à parts égales de l' hydrolat de rose, de menthe poivrée, et de géranium. 
*Compléter éventuellement avec 5 gouttes d'élixir anti jet lag (Andreas Korte).

Pschitter autour de soi quand le besoin s'en fait sentir. Le mélange est par ailleurs très rafraîchissant.

Mes sources d'inspiration

C'est Lydia Bosson (in: L'aromathérapie énergétique, ed. Amyris) qui recommande d'utiliser l'HE de géranium pour éloigner les importuns en voyage. Depuis que j'ai lu ça, je vaporise souvent de l'hydrolat de géranium sur les bagages avant mes départs…  On ne sait jamais… Par ailleurs, Suzanne Catty (in: Hydrosols, the next aromatherapie, ed. Healing arts press) dit de l'hydrolat de géranium qu'il équi!libre yin et yang (je reformule à ma manière… ) et de celui de menthe poivrée qu'il possède à la fois des vertus stimulantes et calmantes; l'hydrolat de rose est mon joker favori pour combattre l'effet "montagnes russes émotionnelles". Quant à Valerie Ann Worwood (in The fragrant pharmacy, Bentham books) elle cite, entre autres, les HE de menthe poivrée et de géranium comme d'efficaces anti jet lag.

J'ai donc choisi des ingrédients aux effets "harmonisants" pour remettre d'apomb les décalages. 


Lotion post moskitos


15gtes HE lavande aspic
5gtes HE menthe poivrée
10gtes HE eucalyptus citronné
10gts HE géranium bourbon
10gtes HE tea tree

5gtes elixir aura cleansing cactus (PHI essences) protecteur
5gtes  elixir d'émeraude (PHI essences), apaisant pour la peau

5ml teinture de roses maison
5ml hydrolat d'helichryse italienne (anti allergique, anti inflammatoire)
5ml hydrolat de géranium (cicatrisant)
5ml hydrolat d'ylang (anti inflammatoire)
5 ml environ de macérat huileux de calendula (Florame)
5gts EPP (conservateur léger)
2ml simulgel (émulsifiant)

Tout verser dans un flacon, bien secouer, c'est tout, c'est prêt.

En général, je me contente de diluer les HE citées dans la formule dans un peu de macérat de calendula. Cette année, je voulais une formule plus fine et sophistiquée, craignant la ruse des moustiques indiens (en fait, j'ai été très peu piquée, j'expliquerais pourquoi bientôt). J'ai donc préparé une émulsion très légère grâce au simulgel. Il faut secouer avant usage pour obtenir un liquide lactescent, d'une efficacité qui m'a convaincue. J'ai choisi d'ajouter un peu de teinture de rose, autant pour ses propriétés énergétiques qu'antiseptiques.



De gauche à droite, la lotion post moskitos (légèrement entamée); la chantilly de karité et la brume apaisante sont  quasiment terminées.

Chantilly de karité pour voyage

J'ai complété ce duo par un mini pot de chantilly de karité que j'utilise sur les mains en avion (anti sécheresse magnifique et équilibrant énergétique) et sur tous les bobos de peau sinon.

Dans 80g environ de chantilly de karité (le mini pot sur la photo en contient à peine quelques grammes) , ajouter:
5 gouttes d'anti ox,
5 gouttes d'EPP
35gtes He vetyver (anti urticaire et gratouillis)
10gtes He d'encens -boswellia carterii- (cicatrisant)
17gtes He de lavande vraie (bon pour la peau en général)

Fouetter après l'incorporation des ingrédients.

Le mélange donne un parfum exquis, ce qui ne gâte rien… le choix des He est autant thérapeutique qu'énergétique. Le vetyver relie à la terre, la lavande harmonise et l'encens fait circuler l'énergie. Lydia Bosson met en rapport l'encens et la lavande avec le chakra coronal, et le vetyver avec le chakra racine. Haut et bas sont donc là… 


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Rédigé par venezia

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Publié le 25 Février 2009




… jusqu'au 14 mars



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Rédigé par venezia

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Publié le 24 Février 2009


Ayant reçu par la grâce d'une charmante commissionnaire un colis péruvien (un énorme merci,  Malégria), je suis l'heureuse propriétaire de 500 g de maca en poudre. La maca, fort à la mode en ce moment, est un tubercule qui pousse sur les hauteurs andines. On la pare de toutes les vertus, et en Europe, on la consomme sagement en complément alimentaire… Or j'avais appris d'un ethno botaniste que sur place, et sans façons, on en faisait des gâteaux énergétiques, ce qui m'a donné la furieuse envie d'essayer. J'en ai bien besoin en ce moment, en raison de tout ce que j'ai à boucler avant mon départ imminent en vacances.

J'ai découvert une recette vidéo de galettes à la maca et à la cannelle menée tambour battant sur internet ici, Au vu des ingrédients, j'ai jugé que je pouvais tout simplement imaginer quelque chose de proche, à partir d'une formule que je connais bien, celle, délicieuse des biscuits de Sainte Hildegarde.

Dans la vidéo andine, le chef associe un tiers de farine de maca à deux tiers de farine ordinaire; j'ai prudemment gardé les mêmes proportions, et j'ai bien fait. Le parfum de la maca s'impose à la cuisson.

La première fournée, trop cuite et mal équilibrée a été un fiasco, J'ai dû tout balancer.

La deuxième tournée, surveillée de plus près, a été rectifiée. J'ai diminué le temps de cuisson par rapport à la recette hildegardienne, allégé en girofle qui donnait un goût amer, renforcé la cannelle, et suis repassée sagement au sucre roux fin, après avoir expérimenté un sucre roux sombre qui a peut être accéléré la caramélisation des biscuits. C'est pas mal du tout, j'aime bien, mon testeur favori, en revanche, n'a pas du tout apprécié. Le goût de la maca, légèrement malté, étant bien présent.
Je suis ravie car  je trouve que croquer un biscuit donne vraiment du cœur à l'ouvrage, surtout en compagnie d' un roiboos siroté pour éclaircir les idées.


Biscuits d'Hildegarde à la maca

45g de farine de maca
80g de farine de petit épeautre
6g d'écorce de cannelle
6 clous de girofle
Les épices ont été réduites en poudre au mixer.

35g de sucre de canne roux clair
45g de beurre (j'utilise du ghee, bien plus digeste)
17,5g miel
1 jaune d'œuf

Mixer beurre fondu, sucre, miel, jaune d'œuf  au batteur électrique.
Verser le tout sur les farines mélangées aux épices et touiller à la spatule  jusqu'à ce que la pâte se détache des parois du saladier.

Confectionner des petits gâteaux en tassant de la pâte dans des emporte pièces sur une feuille de papier sulfurisé posée sur une plaque.

Compter 10mn environ à 180° et à chaleur tournante; les gâteaux sont encore un peu mous à la sortie du four.  Laisser refroidir sur grille. Ils sont très rassasiants, je vais peut être emporter ce qui reste pour mon prochain voyage au long cours.

 

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Rédigé par venezia

Publié dans #notes sucrées

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Publié le 14 Février 2009


Je cherche toujours des prétextes pour inventer des baumes (et surtout pour tester des associations  parfumées)… J'ai eu l'idée d'en faire un pour accompagner un savon récent, celui de l'atelier de la blonde et de la brune. En séchant, il a pris une discrète odeur cacaotée; j'ai donc imaginé une composition qui s'appuie sur quelques notes cachées pour exalter le chocolat.

Je suis partie de la formule karité-acide stéarique en choisissant de l'huile de coco indienne très odorante et de l'huile de sésame au petit nez oléagineux. Le macérat de vanille (dans du tournesol) est un accord facile. Pour le mélange parfumé lui même, j'ai trouvé un extrait CO2 de cacao qui semble ne pas payer de mine quand on le hume mais qui prend de l'ampleur quand on le laisse déplier ses flèches parfumées. Personnellement, je trouve que la myrrhe (aux propriétés antiseptiques et anti inflammatoires) a des accointances olfactives dans le sombre avec le chocolat, tout comme le poivre, chaud et rond.

Le tour est joué. Ça sent vraiment le cacao… avec une touche de mystère…


Baume cacao addict

24g huile de sésame
90g karité
48g huile de coco indienne
15g beurre de cacao bio akamuti
15g macérat de vanille
4g acide stéarique
20gtes vit E
35gtes CO2 cacao
10gtes HE myrrhe
5gtes poivre noir



Sinon, c'est un baume qui fait la peau très douce, j'en mets le soir sur les mains pour m'endormir dans un nuage gourmand…


liens sur la myrrhe

*Article de wikipedia sur la myrrhe ici

*Route de l'encens et de la myrrhe ici

*Infos détaillées, un bon résumé, mais en anglais ici

*Sur la myrrhe, l'encens et leurs usages respectifs en médecine traditionnelle chinoise ( très intéressant, en anglais) ici


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Rédigé par venezia

Publié dans #Tout baume

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Publié le 8 Février 2009


Mon obsession actuelle: réussir à bien parfumer les savons (sans fragrances ) …
J'ai commencé à mener l'enquète auprès des importateurs de savons d'Alep. Pour ce que j'ai appris, les versions parfumées sont de la refonte effectuée à partir de paillettes de savon.


Curcuma-vanille

Comme j'avais amassé un petit stock de bouts de savon (200g environ), j'ai décidé de commencer mes essais. Tout en suivant la recette proposée par Michèle, grande prétresse savonnière (indiquée sur le blog potions et Chaudron ici ), j'ai ajouté de la vanille en extrait très concentré (Héliotropia) et assaisonné de poudre de curcuma bio (Masalchi) pour la couleur et l'odeur. Dans la formule, j'ai remplacé le lait en poudre par du lait de coco, également en poudre. J'ai obtenu une assez jolie teinte paille. Le parfum très doux est en train de se faire, même si la note vanillée reste discrète.
Dans le lot des recyclés, il y avait des petits bouts de Médimix (marque indienne ayurvedique très grand public, mais agréable), qui ont obstinément refusé de fondre,  il y a donc un -très discret- patchwork de matières.



200g de chutes et de morceaux de savon coupés en grosses lanières
60g d’eau déminéralisée dans laquelle j'ai dilué
 6g poudre lait de coco
1 cuil à café de miel,
15 g d'eau déminéralisée
1 cuil à café de poudre de curcuma
2 traits d’extrait alcoolisé de vanille

Comme je n'ai pas de micro onde, j'a commencé par faire fondre au bain marie en touillant avec mon arme favorité: la baguette de procelaine. Q
uand le mélange s'est assoupli, j'ai utilisé le mixer plongeant. Puis j'ai alterné baguette et mixer tout en laissant le saladier au bain marie éteint -pendant les ajouts d'ingrédients en respectant l'ordre donné dans la recette -  jusqu'au moment de verser dans les moules. J'ai fait prendre au congélo, avant de  démouler sans souci. J'ai pu utiliser les savons dès le lendemain. Ils sont d'une douceur exquise et moussent très bien. Ça donnerait presque envie de ne faire que de la refonte…Cette première série a néanmoins une pate avec quelques petits trous: il faut vaiment essayer d'ôter toutes les bulles en tournant lentement mais avec assiduité avec une spatule avant de couler en moules.

Patchouli-angélique-lavande

Plus de savons à recycler…  Je rongeais mon frein pour d'autres essais… Je me suis alors souvenue de la fournée de savons lavande-karité. Elle a produit quelques exemplaires de réforme, très poudrés de cendre. Ils étaient au coin, punis dans un pochon en kraft. Je suis allée les rechercher dans leur purgatoire de papier. Je les ai  "pelés", et hop, ils ont fini au bain marie. Pour ma deuxième tentative, j'ai utilisé un peu d'hydrolat (celui d'angélique est particulièrement parfumé), dans lequel j'ai dilué de l'argile rouge pour la couleur. J'ai incorporé de la teinture de benjoin en guise de fixatif et de l'huile essentielle de patchouli, au puissant parfum. Ils sont encore tout frais, je surveille de près leur évolution olfactive.



267g savon lavande karité coupé en grosses lanières
80g eau distillée
8g poudre de coco diluée dans l'eau
+1 cuil à café miel
20g hydrolat d’angélique
dans lesquel j’ai dilué une cuil à café argile rouge.
1 cuil à café teinture de benjoin
4ml env. HE patchouli

                                               La famille refonte, séchant sur du papier sulfurisé

J'ai enfin réussi à trouver dans Paris des moules champètres. La période de Noël avait vidé les boutiques de leurs accessoires (culinaires) en silicone…




  

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Rédigé par venezia

Publié dans #savons

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Publié le 6 Février 2009




Pour Noël je voulais offrir des crèmes pour le corps parfumées à la rose. J'ai testé à l'occasion un mix d'hydrolats (ajoutés à chaud comme à froid), de teinture, et, dans le fond, très peu d'HE de rose, et ça a marché. Il est vrai que je disposais d'un hydrolat de rose (hélàs terminé) acheté en Egypte au parfum renversant.

http://mamidoo.free.fr/html/gifs/nature/fleurs/rose/rose_04.gifJ'ai refait de cette crème pour une adepte des roses, mais comme l'hydrolat a changé, je trouve le résultat légèrement plus fumé ( l'hydrolat de mastic occupe d'avantage le terrain ).
C'est une formule "one pot" à l'olivem, très facile à réaliser, avec une phase huileuse pas trop mini, car je voulais une crème nourrissante spécial hiver. J'ai choisi en majorité des huiles "fines" (jojoba, noix d'Amazonie, coco fractionnée).

                                               Elle a l'apparence d'une crème anglaise à la vanille
 


Phase huileuse
 

8g huile de jojoba
11g huile de noix de coco fractionnée
9g huile de noix d'Amazonie
4g huile d'argan
4 g de macérat huileux de tepezcohuite*  ( macérat à l'odeur très douce)
5g olivem 1000
10gtes vit E

Phase aqueuse


21g hydrolat de rose (Akamuti)
10g hydrolat de cassis (Essensiagua)
6 g hydrolat de mastic grec
5g teinture alcoolique de ginseng avec hydrolat de rose** (très parfumée)
une pincée d'urucum***

Troisième phase

3g  fucogel
2g aloe concentréX40
15gtes elixir calling all angels
5gtes elixir d'émeraude****
15gtes natragard
10 gtes mélange CO2 (souci-rose musquée-argousier)
1Ogtes HE rose bulgare diluée à 5% (Akamuti)
30g hydrolat de rose
6g hydrolat de mastic
4g hydrolat de cassis


Chauffer les deux premières phases dans un même bécher au bain marie. Remuer pour bien dissoudre l'olivem, puis mixer dans un bain marie froid; laisser un peu prendre en touillant à la spatule.
Ajouter la troisième phase, touiller à la spatule, mixer, arréter quand la teinte est vraiment homogène. Mettre en pots stérilisés.

L'urucum fait de minuscules points que je trouve jolis. Le cassis apporte une note fruitée à la rose, et le mastic un peu de mystère fumé. C'est une crème à la fois fine et onctueuse, parfumée d'abord par les hydrolats et la teinture (C'est identifiable au nez). On peut la diluer encore plus en troisième phase, mais l'effet hydratant en sera diminué.


*Macérat de tepezcohuite

Le tepezcohuite est une plante d'Amérique centrale aux propriétés très réparatrices pour la peau. Voir l'article de Bluetansy assorti de commentaires sur son blog consacré aux huiles infusées. On le trouve vendu en poudre très fine (Aroma zone).  Quand on le prépare en macérat, l'huile de macération prend un ton rouge très sombre dû aux micro particules en suspension. Après filtration, l'huile semble garder cette couleur. Mais en attendant quelques jours, elle va se déposer au fond du récipient et former une substance quasi gélatineuse qui ne bouge pas quand on verse. C'est la raison pour laquelle je laisse le flacon en état sans retransvaser, d'autant que j'en utilise beaucoup, que je le conserve au froid, et qu'il n'a pas le temps de s'oxyder. Sinon, mieux vaudrait quand même transvaser.


                                               Sur la photo, j'ai incliné la bouteille pour montrer le le fond ne bouge pas.

10g de poudre de tepezcohuite (Aroma Zone)
100ml d'huile de tournesol bio oléique. (Biofritol, Emile Noël)
anti oxydant (10 gouttes vit E naturelle ou 0,5% Aox cos

Biofritol est une huile spéciale fritures, bio, pressée à froid et dont on a ôté (à la vapeur d'eau) les molécules les plus oxydables, ce qui la rend mieux résistante à la température. J'ai remarqué que les macérats sur base d'huile de tournesol conservaient bien les parfums et je suis ravie d'avoir pu trouver une huile plus stable.

Quand je prépare des macérats, j'en mets en train deux ou trois en même temps car l'opération demande de la patience. Et quand on en a pour un bocal, on en a aussi pour trois. Pourquoi? Parce que je laisse les macérats dans un bain marie pendant deux-trois heures. J'essaie de les maintenir très chaud mais sans ebullition (plus facile à faire sur une plaque électrique, or à Paris, la cuisinière fonctionne au gaz) . Je  touille très régulièrement le contenu de chaque bocal avec une baguette de porcelaine en appuyant un peu quand il s'agit de feuilles ou de pétales.
Puis je filtre au dessus d'un petit bécher muni d'un bec verseur pour transvaser ensuite plus facilement dans des petits flacons de verre teinté passés à l'alcool.
Pour filtrer j'utilise, pour les poudres et les petites fleurs (matricaire), une étamine de coton très fine, bouillie, séchée et repassée au préalable. Pour des feuilles ou des fleurs sans trop de débris fins, un filtre à café avec  résille très fine de plastique suffit. Je peux filtrer deux fois.

** Teinture  alcoolique de ginseng sur hydrolat de rose

Si vous trouvez des racines séchées de ginseng (en herboristerie. Attention à ne pas acheter n'importe quoi. Mes racines qui ont plus de dix ans avaient été trouvées au marché à Séoul, en Corée. L'étal m'avait été indiqué par une Coréenne amatrice d'ingrédients naturels promettant éternelle jeunesse. On trouve facilement de la poudre de ginseng bio) je conseille vraiment de faire cette teinture, dont j'avais déjà parlé ici, car elle dégage un merveilleux parfum qui tient bien. Depuis des essais au Magimix qui avaient failli lui être fatal, j'ai trouvé une technique toute simple pour fractionner les racines: le marteau. Je pose la racine sur un torchon propre, je replie le tissu pour la protéger, et je tape sur la bosse avec le marteau, pas trop fort quand même.

***Poudre d'urucum


On en trouve facilement. Comme les Indiens d'Amazonie s'en badigeonnent le visage directement en protection solaire, j'ai trouvé amusant de le laisser simplement en poudre dans la crème. Il a des propriétés anti oxydantes et  protectrices.

**** Elixir d'émeraude (Andréas Korte)

Une nouvelle acquisition pour (me) faire réver. Parmi toutes ses propriétés mirobolantes, cet élixir aurait le pouvoir
de "régénèrer la peau, de rajeunir le caractère, et de créer un climat d'harmonie autour de soi". On en boirait donc au goulot…

http://mamidoo.free.fr/html/gifs/nature/fleurs/rose/rose_04.gifLes substitutions possibles

*On peut remplacer les hydrolats de la phase aqueuse… par de l'eau minérale ou de source pour économiser.

*On peut changer le coco fractionné et la noix d'Amazonie pour d'autres huiles "légères": noyaux d'abricot, de pèche, baobab ou jojoba pur, etc.

*Le macérat de calendula peut se substituer à  celui de tepezcohuite, mais il est moins parfumé. Peut être préférer le macérat de lavande.

*La teinture de ginseng peut céder la place à une teinture de rose, facile à réaliser et très parfumée.

*Pour les hydrolats, c'est au choix. Si on cherche une combinaison olfactive agréable, on pourra aussi piocher dans verveine, fleurs d'oranger, epicea, sapins … parmi les plus agréablement odorants.

*Si on a ni fucogel ni aloe concentré, on peut mettre l'équivalent en gel d'aloe.

*Les HE, c'est selon ses goûts et le contenu des placards.

*L'olivem me semble l'idéal pour cette recette avec ces proportions. Si on choisit un autre émulsifiant, peut être faudra -t il modifier les dosages.



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Rédigé par venezia

Publié dans #laits - beurres - crèmes corporels

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