Des plantes au parfum, des voyages, des inspirations culinaires ou botaniques
26 Octobre 2006
J'ai assisté le week end dernier à deux conférences données par Thich Nhat Hanh, maitre zen vietnamien dont j'admire l'engagement et la force d'une pratique fondée sur le quotidien.
Thich Nhat hanh a commencé son enseignement en disant: nous sommes comme un jardin biologique. Dans un tel jardin, c'est le compost fabriqué par le jardinier, à partir de ses déchets, qui va nourrir les fleurs. Quand elle seront fanées, elles iront à leur tour nourrir ce compost.
Comment transformer nos énergies négatives pour fabriquer notre "compost"?
L'un des fondements de l'enseignement de Thich Nhat Hanh est la respiration de la pleine conscience.
«Quand j'inspire, je sais que j'inspire.
Quand j'expire, je sais que j'expire.
Quand j'inspire longuement, je sais que c'est une longue inspiration.
Quand j'expire longuement, je sais que c'est une longue expiration»
dit l'un des grands enseignements du bouddhisme, le maha satipatthana sutta (l'attention portée à la respiration). A priori, ça parait enfantin… Un seul conseil: essayez.
La pleine conscience de la respiration ramène le corps à l'esprit, l'esprit au corps.
Né au Vietnam en 1926. Thich Nhat Hanh pratique un boudhisme engagé. Je voudrais juste citer un extrait de Feuilles odorantes de palmier (La table ronde ed. 2000), le journal qu'il a tenu de 1962 à 1966 quand il vivait entre les Etats-Unis et le Vietnam. J'ai souvent relu ce livre, car il montre le cheminement d'un engagement. En 1966, Thich est expulsé des Etats-Unis après avoir lancé un appel contre la guerre. Il obtient le statut de réfugié politique en France en 1969, préside la délégation bouddhiste qui aboutira aux accords de Paris en 1973 (ils ont mis fin à la guerre du Vietnam). En 1982, il fonde le Village des Pruniers dans le sud ouest de la France. Aujourd'hui, il enseigne partout dans le monde, y compris au Vietnam où il apporte son soutien aux enfants démunis. (Les fonds recueillis pour les conférences allaient à l'association Pour les enfants du Vietnam).
«Laver la vaisselle et faire la cuisine sont en eux mêmes le chemin vers l'état de Bouddha. L'état de Bouddha ne vient pas à la suite de longues heures d'assise. La pratique du zen consiste à manger, à cuisiner, à porter de l'eau, à nettoyer les cabinets de façon à emplir de vigilance chaque action du corps, chaque parole et chaque pensée. Nous devons illuminer chaque feuille, chaque caillou, chaque tas d'ordure, chaque pas qui emmène notre pensée à revenir chez elle. Seul peut espérer descendre de la montagne en héros celui qui a maitrisé l'art de tout cela, celui qui est capable de rire devant ces armes du monde que sont l'argent, la gloire, et le pouvoir. Un tel héros traversera les vagues du succès et de l'échec sans s'élever ou s'enfoncer. En réalité, peu nombreux sont ceux qui verront en lui un héros».
Pour en savoir plus sur Thich Nhat Hanh: wikipedia
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