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Des plantes au parfum, des voyages, des inspirations culinaires ou botaniques

Confinée à Roscoff... j’herborise : prunellier et aubépine

Aubépine et prunellier
Aubépine et prunellier

Aubépine et prunellier

J’y étais avant le 16 mars, je suis donc restée à Roscoff. Privée de grandes marées et de pêche aux bigorneaux, mais profitant de la nature en pleine explosion printanière lors de mes marches solitaires et proches  (à moins d’une heure) dans la campagne, car j’ai la chance d’habiter en lisière de nature. 
Je suis donc de près l’évolution des floraisons dans les haies et au bord de champs. Et comme une copine m’a renseignée sur les lieux non traités, je cueille un peu. Comme Michèle qui sur le blog de Potions évoque avec bonheur ses cueillettes quasi forestières. Voir ici

Au début du confinement, j’ai découvert de merveilleuses haies de prunelliers en fleurs.  J’en ai mis aussitôt en teinture (dans du whisky), avec un parfum d’amande amère, témoin de la présence d’acide cyanhydrique, comme les fleurs de pêchers dont j’ai fait également beaucoup de teintures dans le temps.
 

Prunelliers au troncs noirs

Les vieux ouvrages ( Cazin par exemple) vantent les vertus diurétiques, laxatives des infusions de fleurs séchées du prunellier et plus récemment, l’identification de composés flavonoides indique des propriétés anti inflammatoires.  
Les fleurs de prunellier sortent sur des rameaux nus, à la différence de celles des aubépines, dont les boutons floraux apparaissent après les premières feuilles. Quinze jours après les prunelliers, les aubépines ont commencė à fleurir, et j’ai découvert qu’il y en avait bien plus que celles que j’avais déjà repérées. 
 

aubépine en fleurs


 Pour les aubépines, mieux vaut récolter les fleurs en boutons plutôt qu’ouvertes car elles perdent aussitôt leurs pétales, une traînée neigeuse ravissante, mais peu propice à un stockage. L'aubépine est un léger anxiolytique et un bon régulateur cardiaque. Le soir, j’en glisse un petit rameau dans une infusion de rooibos ou de tulsi. Jé fais sécher les sommités fleuries et en ai mis en teinture (dans un vieux  rhum blanc, je suis en train de vider la cave avec mes préparations).

aubépine en boutons dans du rhum blanc


Le prunellier s’appelle aussi l'épine noire et l'aubépine l'épine blanche. Tous deux faisaient des haies qui pouvaient abriter et nourrir les oiseaux. Je suis heureuse d’en voir encore ici. La floraison précoce du  prunellier signe les débuts du printemps. Celle de l’aubépine son rayonnement. Du noir au blanc, la lumière entre dans la vie de l’année. 
Pourquoi cette opposition des couleurs? En fait, en raison de la couleur de leurs bois, sombre pour le premier, plus pâle pour la seconde.
 

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venezia


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M
Même si j'ai la sensation de profiter de la forêt en toutes saisons, ce confinement m'a permit de planifier sans crainte et sans la hâte habituelle toutes les cueillettes.<br /> J'aime beaucoup savoir que même imprévu, tu as pu vivre ton confinement légèrement et fabriquer, cueillir même des plantes auxquelles tu ne te serais peut-être pas intéressée autrefois.<br /> <br /> L'aubépine m'a toujours semblé tellement médicinale pure que je ne fabrique jamais rien avec. La floraison est toujours très spectaculaire et délicate.<br /> Merci Venezia, je vais aller lire la suite!
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V
J’etais un peu fâchée avec l’aubépine qui produisait sur moi des effets paradoxaux, provoquant des arythmies ( une des premieres plantes que je l’avais testée dès mes20 ans!!). J’ai commencé prudemment à en mettre une petite sommité fleurie dans le thé et le rooibos, et je dois reconnaître son réel effet anxiolytique. A mon étonnement, je dois l’avouer. Ça sent si bon que je n’ai pas pu résister, c’est ce qui m’a poussé à tester.
A
Un de mes fils part en mission en Afrique; il a eu une permission exceptionnelle pour voir sa maman, j'ai donc quitté le Périgord où j'étais confinée, je suis dans le Lot; le printemps est très en avance ici, il fait une chaleur estivale. ET en me promenant tout à l'heure, nos regarderons aubépine et églantier.<br /> Et je penserai à toi, à tes récoltes,...
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V
Belles promenades! Tu n’as pas un fils qui a fait Saint Cyr? C’est celui qui va en Afrique?<br /> Peut être que s’il fait chaud, les aubépines auront terminé leur floraison. Le sureau est souvent plus tardif
M
Tes messages sont toujours aussi inspirants et bucoliques. Du coup hier en me promenant et faute d'aubépine j'ai cueilli des boutons de rosiers sauvages, l'églantier. Ils sonts si délicats d'un rose dynamique et joyeux, un moment poètique en sommes. Poésie qui ne manque pas à MLK que je salut et toi aussi chère Vénézia vous avez mon amitié sincère même si de loin en loin. Mariebaume
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V
Je suis ravie de te lire! Je n’ai pas encore vu d’églantine en fleurs ici, mais tu es installée bien plus au sud. Je vais transmettre à Mlk<br /> Bises et amitiés
S
Merci pour ce joli article,j ai aussi la chance de profiter de la nature et de voir l épanouissement du printemps !<br /> Ici c est le sureau qui est fleuri , j ai goûté la tisane de fleurs qui est excellente pour l immunité .on peut faire de la limonade mais je ne sais pas trop comment faire <br /> Par contre j ai raté l aubepine : il a plu au moment de la floraison ....<br /> Bonne journee à toi .<br /> Le confinement est bientot fini : on va le regretter et vivre différemment peut etre !
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V
Bonjour Sylvie, <br /> <br /> ici le sureau commence à peine à fleurir j’en ai repéré un sauvage, et je guette. J’en ai aussi planté un dans le jardin et dont les fleurs s’ouvrent lentement. Je les ménagerai pour avoir des baies en automne????<br /> Je pense rester encore ici après le 11 mai: les roses vont fleurir et les tgv seront rares...
M
Je ne sais ou est allé mon commentaire....peut être dans cette trainée neigeuse ravissante...j'adore
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V
J’ai été obligée de moderer les commentaires tant j’en ai reçu de bizarres( beaucoup en russe). Ils n’apparaissent donc qu'après leur validation.Ça m'embête d’avoir dû faire ça , mais ce n'était plus possible
M
Je ne cherche même pas à comprendre et connaitre les propriétés, je me laisse porter par cette ballade, par les bruissements, les sons, la poésie de ton écriture portée par cette nature si généreuse et simplement émouvante dont je ne peux me dire en manque grâce à ta plume que je trouve bien reposante
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V
Mlk, merci beaucoup de ton commentaire : je voulais en effet témoigner du passage des saisons et de l’explosion printanière de la nature, imperturbables au confinement. Mes brèves sorties quotidiennes me calment et me font relativiser et je mesure ma chance de m'être trouvée en Bretagne un peu par hasard.