Publié le 27 Février 2008


Mysore dans le Karnataka est la capitale de l'huile essentielle de santal (santalum album) dont, à ma connaissance, le meilleur est produit dans une petite usine gérée par la province.
Elle se trouve à trois kilomètres du centre, on peut la visiter (photos interdites) et y découvrir la simplicité monacale du processus de fabrication. 


DSCN0001_3.JPG                                   Entrée de l'usine, (photo faite à la volée) installée dans un vieux bâtiment datant de 1917.

L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2b/Imini-gif7/gif_70_03.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Près de l'entrée, un arbre tout maigrelet: un santal de 25 ans (famille des santalacées, je n'ai pas eu le droit de lui tirer le portrait… ), âge à partir duquel on l'utilise pour la distillation. Ce sont les racines et le cœur du bois qui sont odorants. Les arbres sauvages poussent à l'état endémique dans la région, mais même s'ils sont protégés par les autorités, les forèts sont encore pillées et ils sont en voie de raréfaction, d'où l'augmentation régulière du prix de l'huile.

Quand on pénètre dans les bâtiments, on découvre d'énormes blocs de santal (vieux de 90 ans, paraît-il). Ramassés en 1980, il y en a pour 455kg de bois, lourdes racines aux formes tourmentées.

Aujourd'hui, explique le gardien qui fait office de guide, les troncs proviennent d'Inde (des états du Tamil Nadu,
de Maharashtra, de la région de Mysore) et … d'Afrique du Sud, a-t il ajouté. Ce qui m'intrigue, car le santal sud africain semble être en majorité d'une autre variété (santalum spicatum).
Les gros tronçons sont débité en éclats de plus en plus fins, au moyen de machines d'un mécanisme minimaliste trônant dans de grandes pièces vétustes et vides, jusqu'à la réduction en poudre fine, dont l'odeur imprègne tout. C'est la poudre qui est distillée à la vapeur d'eau; il en faut 2500 kg pour obtenir de 45 à 50 l d'huile essentielle. La poudre utilisée est ensuite récupérée pour faire des savons ou des bâtons d'encens.
L'eau des gros alambics en métal est recyclée lors de la distillation pratiquée en continu. Quatre étaient en fonction lors de notre visite, sur une douzaine d'appareils. L'usine tourne six mois avec l'élaboration  d'huile essentielle, les six autres sont réservés à la fabrication des bâtons d'encens.
Une autre salle, interdite au public, est destinée à la redistillation de l'huile essentielle pour une meilleure qualité. C'est à peu près tout ce que j'ai pu obtenir comme détails, la visite se faisant au pas de charge.

Dans un coin, deux ou trois ouvriers taillaient à la  hachette des morceaux de santal, vendus au poids dans les boutiques de Mysore.On y trouve aussi de la poudre de santal, proposée pour faire des masques de beauté.





DSCN0001.JPG
                                                                 On aperçoit la haute cheminée d'où s'échappent les fumées de chauffage des gros alambics.


DSCN0001_1.JPG


L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2b/Imini-gif7/gif_70_03.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. De l'autre coté de la rue, le modeste magasin où l'on peut acquérir de l'huile essentielle (en flacons de 5g seulement, vendus l'équivalent de 11€), des savons (rien de transcendant) ou des bâtons d'encens. L'huile essentielle pure avec le label du Karnataka ne se trouve que dans cette petite échoppe. Pas d'achat possible par correspondance, aucun autre point de vente…

On trouve aussi à Mysore, dans l'Emporium (grand magasin) Cauvery de l'huile essentielle, mais elle est coupée et n'a pas cette finesse au nez. C'est elle que l'on peut dénicher dans certaines boutiques de la rue du Faubourg Saint Denis à Paris.

SANDELHOLZ.jpg                                                   illustration de F.E. Köhler représentant le santalum album trouvée sur ce site


Propriétés et utilisations de l'huile essentielle de santal

Composants principaux : sesquiterpènes, sesquiterpinols sesquiterpinals, acides.

L'huile essentielle de santal a un parfum très doux et onctueux, avec une pointe citronnée,des notes boisées. Lydia Bosson écrit que "sa fragrance rappelle le musc et la rose réunis", je ne suis pas convaincue.
Outre sa senteur délicieuse et son pouvoir fixatif quand on l'associe avec d'autres HE, c'est une huile que je trouve merveilleuse pour la peau, à la fois antiseptique, anti inflammatoire et calmante.Comme les autres He extraites de bois, elle se bonifie et se complexifie en vieillissant.

*Lydia Bosson (in L'aromathérapie énergétique, ed. Amyris) suggère de masser le cou avec quelques gouttes en cas de picotement lors d'un début de mal de gorge. Je n'ai pas encore essayé. Elle  la conseille aussi contre les inflammations articulaires et musculaires, incorporée dans une huile de massage. Elle la recommande également pour chasser le bavardage mental avant la méditation avec l'application d'une goutte sur le troisième œil. Enfin, elle la suggère en massage sensuel sur le ventre (coupée aux 2/3 d'huile de noyau d'abricot) pour éveiller la libido.

*E.Joy Bowles (Guide des huiles essentielles, Le courrier du livre) la recommande :
-contre les démangeaisons cutanées, diluée (5 gouttes dans une cuilérée à café, un dosage corsé). 
-en soin apaisant, avec 3 gouttes mélangées à une crème base (je suppose qu'il ne faut pas appliquer les 3 gouttes d'un coup… )
-contre les infections génito-urinaires et démangeaisons, avec 3 gouttes dans l'eau pour un bain de siège de dix minutes.

*Dans L'aromathérapie exactement (ed. Roger Fallois), une référence, l'HE est recommandée comme décongestionnante dans le cas de varices, d'hémorroïdes, contre la fatigue cardiaque, les névralgies, sciatique et lumbago. Remarque glanée  dans le livre: "le santalol de santalum album est un excellent toni-cardiaque mais un piètre anti-infectieux (son prétendu pouvoir anti-infectieux urinaire est totalement surfait)".

*Le plus dityrambique est Michel Sommerard -dans
Le chemin des arômes (ed. Medicis) -.  Pour lui, le santal est l'antibactérien n°1 de la flore cutanée et l'arme la plus efficace contre les bactéries à l'origine de l'odeur de transpiration
-Il le conseille aussi dilué à 8% dans un macérat huileux de millepertuis contre les varices, les hémorroïdes.

*D. Baudoux n'en parle pas et Nelly Grosjean indique de telles proportions (du style 20ml à diluer avec d'autres HE ) qu'elle n'a peut être pas dû en utiliser souvent, vu le prix et la rareté.



L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2b/Imini-gif7/gif_70_03.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.Recettes avec de l'HE de santal données sur ce blog


-crème veloutée pour le corps à l'aloes (sans cire émulsifiante)

-baume précieux pour l'esprit et le corps

-lait d'agrumes pour le corps

-déodorant parfumé santal-patchouli

-soins à l'ylang et au santal, pour cheveux secs (huile de soin, brume hydratante, miel avant-shampoing)



L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2b/Imini-gif7/gif_70_03.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Lien: un article (en anglais) du Deccan Herald sur l'usine de santal de Mysore : ici


Voir les commentaires

Rédigé par venezia

Publié dans #parfums

Repost 0

Publié le 24 Février 2008

Lors de notre premier jour à Bangalore, nous avons fait un tour au marché, gigantesque entrelac de ruelles étroites, où se croisent et se frôlent portefaix, bagnoles, commerçants affairés. C'était la fin de l'après midi, vers 17h30 peut etre plus, les boutiques commençaient à fermer et le ciel à sombrer. La bonne heure pour siroter un masala tchai, thé au lait corsé d'épices, -poivre, cardamome, cannelle, etc-, aussi délicieux que remontant quand il est bien fait. Devant un tea stall, un homme nous a interpellé. On a dit oui pour deux thés. C'est alors que nous avons assisté à une mini-scène que je ne suis pas prète d'oublier. 

DSCN4360.JPG                                                                    Le teaman devant sa marmite, un client et à droite, le caissier…

Celui qui nous avait proposé les thés, le caissier, probablement le patron, a fourni un peu de pétrole pour alimenter les fourneaux et le "teaman" s'est mis à fabriquer le meilleur masala tea que je boirais jamais. Il a d'abord vidé le récipient en fer blanc du reste de la décoction précédente, sans l'essuyer. Il a mis du lait à bouillir à grand feu, l'a laissé réduire en frottant les parois de la marmite avec le dos d'une petite casserole pour incorporer les éléments caramélisés, il a mélangé, remélangé, ajouté thé, sucre, épices en poudre, a maintenu une ébullition fracassante pendant deux minutes au moins, a goûté puis rectifié  ses dosages. Il a filtré avec une chaussette, ocre de tous les thés précédents, a refroidi sa préparation en la versant d'une casserole à l'autre et l'a servie dans des gobelets de plastique… 4 roupies le verre (moins de dix centimes d'euro). Du grand art, avec rien ou presque.

DSCN4362.JPG                                                                                        Le teaman en action

Par ici la monnaie, ce n'est pas lui qui a encaissé, mais son patron… Le marché ouvre à six heures du  matin, et je suis persuadée que depuis l'aurore, cet homme transpirait devant un feu d'enfer  à  confectionner ce merveilleux thé sans prendre de répit, sous l'œil serré de  son maître;… On lui a souri, mais on le sentait si fatigué, vidé de sa substance, la peau noircie par le pétrole, qu'il n'avait plus la force de rien… sauf de concocter ce breuvage qui lui brûlait la santé au jour le jour. 


Voir les commentaires

Rédigé par venezia

Publié dans #Balades indiennes

Repost 0

Publié le 23 Février 2008


Regards à l'indienne, après trois semaines  de voyage dans le  sud du pays.



DSCN4355.JPG
                                                                 
                                                           Marché de Bangalore


DSCN4399.JPG
                                                    
                                                       Marché de Mysore: vendeuse d'herbes aromatiques


undefined

                                                         Enseigne à Madikéri

DSCN4405.JPG

                                                        Regard intériorisé (temple de Somnathpur, près de Mysore)



DSCN4909.JPG

                                                         Mondialisation oblige, Barbie est là, mais en sari…



DSCN4544.JPG


                                              Personnage de Teyyam, cérémonie d'inspiration chamanique 
à Kannur (nord du Kérala) . Le danseur porte des mini lunettes miroir avec juste un trou pour la pupille.



Voir les commentaires

Rédigé par venezia

Publié dans #Balades indiennes

Repost 0

Publié le 22 Février 2008

Je  n'avais pas prévu de célébrer mon retour des Indes par un article aussi bzzifiant mais en mon absence devant l'écran, ce blog a été "transféré" par les administrateurs d'over-blog sur un nouveau support technique dont je ne maitrise pas tous les arcanes.  Ainsi, pour l'instant, impossible d'inclure des photos dans les articles, le fichier images s'affiche"saturé" (alors qu'il n'occupe que 35% de la place affirment de mystérieux chiffres) et surplus cadeau, il bugue à répétition … J'espère pouvoir résoudre cette énigme technique ce week end… sinon, j'irai peut être m'installer ailleurs…  


L'image “http://mamidoo.free.fr/html/gifs/animaux/insectes/moustique_02.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Juste avant de partir, je n'ai pas réussi à mettre la main sur un vieux flacon de mélanges d'huiles essentielles anti moustique que je traîne depuis un ou deux ans. J'ai donc concocté à la volée une nouvelle mouture  plus destinée à calmer les piqûres qu'à les prévenir.  Je me suis largement inspirée d'une formule du Gattilier, qui associe trois huiles essentielles (que j'ai retenues) avec de l'hydrolat d'hysope et un dispersant. J'ai préféré un support huileux pour des raisons de conservation et j'ai donc préparé le cocktail suivant:

huile calmante post moustiques

Pour 5ml
30 gouttes d'He de geranium bourbon,
30 gouttes d'HE de citronnelle,
30 gouttes d'eucalyptus citronné, les trois provenant de  Bio Mada
complétées avec du macérat huileux de lavande (le Gattilier).


Rien dans ce mélange n'étant photosensibilisant, j'ai pu en appliquer même en plein soleil sans dommage… car j'ai eu droit non seulement à des bzz nocturnes mais aussi à des vrrr diurnes…
Excellente efficacité de cette formule simple, que je retiens désormais. 

L'image “http://mamidoo.free.fr/html/gifs/animaux/insectes/moustique_02.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Comme j'avais emporté à la fois pour l'énergie qu'il dispense et en mémento amical le vinaigre de voyage offert par Michèle (composé d'HE diluées dans du vinaigre de cidre bio, corsé d'un peu de sel et d'alcool), j'en ai pschitté un jour par curiosité sur une piqûre particulièrement irritante, puis j'ai massé avec le mélange anti -moustique. J'ai découvert à cette occasion que le vinaigre potentialisait remarquablement l'efficacité de l'huile en accélérant notamment la venue de l'apaisement.
Il n'y a pas que les moustiques qui attaquent. Même après l'agression de bêtes volantes non identifiées particulièrement hargneuses, l'association d
es deux produits s'est révélée efficace, en renouvelant parfois deux ou trois fois l'application de l'huile aux HE pour ratatiner plus vite les boursouflures.

Pour calmer les piqûres de l'été, vive la vinaigrette aux huiles essentielles.

L'image “http://mamidoo.free.fr/html/gifs/animaux/insectes/moustique_02.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.L'image “http://mamidoo.free.fr/html/gifs/animaux/insectes/moustique_02.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.





Voir les commentaires

Rédigé par venezia

Publié dans #green cosmétique

Repost 0