Publié le 31 Mai 2008



                                                            Feuilles et fruit de padanus (île Maurice)


J'ai eu la grande surprise, lors d'un voyage récent à l'île Maurice -que je ne connaissais pas- de découvrir qu'il y avait plein de pandanus en arbres, baptisés vacoas (il existe même un bourg appelée Vacoas) … mais qu'on n'en faisait pas grand chose, sauf à utiliser les fibres de leurs feuilles pour des tissages.

J'ai demandé à tous ceux que je rencontrais s'ils n'en avaient pas des souvenirs  culinaires, mais non… Je n'ai pas eu le temps de visiter le chinatown de la capitale de l'île, Port Louis, donc je ne peux certifier que la communauté chinoise ne l'utilise pas dans sa cuisine.
J'ai appris par ailleurs qu'à la Réunion, on cuisinait les fruits, à l'apparence de gros ananas, en gratin… mais qu'on ne faisait rien de spécial avec les feuilles.

De retour à Paris, j'ai poursuivi l'enquète. J'ai découvert que deux variétés étaient retenues pour leurs parfums.

L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2b/Imini-gif7/oiseau20.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. -le pandanus odoratissimus est recherché pour la senteur capiteuse de ses fleurs mâles à partir desquelles on élabore l'eau de kewra. J'en trouve à Paris dans les épiceries indiennes et je l'utilise parfois dans des macérations pour les brumes de maison. Cette variété produit aussi des fruits.  Les pandanus de Maurice en sont proches (mais d'une variété voisine).

L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2b/Imini-gif7/oiseau20.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. -le pandanus amaryllifolius est utilisé dans la cuisine pour ses feuilles odorantes. Elles servent notamment à parfumer le riz, et donnent un extrait liquide d'un vert pétant, très utilisé dans les gateaux asiatiques et qui semble avoir mis la blogosphère culinaire en ébullition… Il ne produit ni fleurs, ni fruits.


                             J'avais pris cette photo l'été dernier dans une patisserie de  l'ile de Bangka, en Indonésie.


Poussée par la curiosité et munie des noms du pandanus en diverses langues asiatiques  (la dua, bai toey, etc;), je  suis allée chez Paris Store, à Belleville,… où j'ai trouvé du pandanus frais, sous l'appelation 'la dua' associée à celle de "feuilles parfumées". Provenance: Thailande. Il était vendu en grandes feuilles qui, je dois dire, ne sentent pas grand chose.Mais au travers de mes multiple lectures pandanesques, j'ai appris que c'était normal. Les feuilles doivent être associées à d'autres produits ou "travaillées" pour révèler leur saveur.

Munie de ce butin, j'ai essayé de tirer Pandanus- Blanche neige de son sommeil olfactif.


Extrait  alcoolique de pandanus

 
                           

J'ai broyé quelques feuilles au hâchoir à fines herbes et je les ai mises à macérer dans du Pisco chilien (il ne me restait que ça comme alcool pas trop parfumé. Le pisco est extrait du raisin).


                                             La préparation posant sur fond de feuilles de pandanus… 

Résultat dans quelques jours ou semaines (je surveille la couleur).

Sirop/sucre de pandanus

J'ai fabriqué un sirop de pandanus en suivant cette
recette:

 200ml sucre (j'ai choisi du roux bio de canne)
100ml eau de source
Deux grandes feuilles déchirées en lanières et nouées (c'est la recette qui le conseille).




J'ai laissé bouilloter 10mn puis infusé un peu avant de filtrer. Arrière goût intéressant, pas seulement vert végétal, mais particulièrement discret … le sirop s'est mis à cristalliser très vite; je l'ai donc rechauffé pour le liquéfier et je l'ai coulé dans des moules en forme de cœur pour faire du sucre au pandanus.

                                                   Le sirop avant sa cristallisation

Cocktail vert pandanus

-une feuille fraîche de pandanus
- trois cuillérées à soupe d'eau bouillante
-un jus de citron
-une cuillérée à café de sirop de pandanus
-trois glaçons
-10cl d'eau fraiche


                                                                    
l'elixir vert
 

 -j'ai d'abord mixé -laborieusement- avec un soupçon d'eau bouillante des feuilles déchirées en lanière puis j'ai filtré, ce qui m'a permis d'obtenir un fond de verre d'un liquide vert émeraude clair.
-j'ai rajouté un jus de citron (j'ai rapporté des petits citrons jaunes très parfumés, achetés au Marché de Port Louis, ils viennent de l'île de Rodrigue)
-une cuillérée à café de sirop de pandanus, pas encore cristallisé
-quelques glaçons, avec un peu d'eau fraîche
j'ai passé le tout au blender. C'est très bon et frais. Le parfum de pandanus, bien que présent,  reste  un peu léger.

                                                         Le cocktail vert pandanus


Comme j'ai encore une bonne brassée de feuilles, je vais tenter de les reveiller d'autres manières.


L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2b/Imini-gif7/oiseau20.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Liens

-La préparation maison de Brigitte avec du pandanus frais de son jardin
 tropical 
ici
--une magnifique description-reportage sur le kewra, baptisé parfois kewda, très présent en Inde, dans l'Orissa (en anglais)  : ici
- différentes variétés de pandanus (en français):  ici
-variétés de la Réunion et de Maurice et leur emploi (en français):  ici
-composition chimique de l'huile essentielle extraite des fleurs mâles du pandanus odoratissimus (en anglais) :
ici
-composition chimique des molécules odorantes du pandanus amaryllifolius  (en anglais)  : ici

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Rédigé par venezia

Publié dans #parfums

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Publié le 23 Mai 2008

Rédigé par venezia

Publié dans #divers

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Publié le 22 Mai 2008




Arrive enfin l'heureuse saison de la mélisse. Je guette son arrivée sur le marché où j'ai la chance d'en trouver de la fraîche, que je déguste en
infusion, chaude ou froide.

J'ai voulu varier les plaisirs en tentant un sorbet (sans sorbetière, je n'en ai pas) très mélisse.

L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2b/Imini-gif7/oiseau06.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Je me suis inspirée de prés d'une recette de sorbet basilic-vanille publiée dans un livre tout récent : Tentation Glaces de Catherine Lacourberie (ed. Albin Michel). Il m'a bien plu car tout y est décliné avec et sans sorbetière.


Sorbet vanille- mélisse


500g eau
150g de sucre roux (100g suffiraient )
un bouquet de mélisse fraiche
1 gousse de vanille
1 cuil à café d'hydrolat de rose
1 blanc d’œuf

Laver la mélisse, la sécher dans un sopalin, l’effeuiller et la hacher pour obtenir l’équivalent de 5 cuillérées à soupe. J'utilise un mini-hachoir électrique à herbes.

Faire un sirop avec le sucre roux et l’eau, ce qui donne une teinte sombre, (je pense recommencer avec du sirop d'agave la prochaine fois pour des tons plus pâles). Laisser bouilloter une minute, éteindre, mettre la gousse de vanille. Laisser macérer 10mn. Sortir la gousse, l'ouvrir et gratter l’intérieur au dessus de l’infusion; laisser tiédir, puis ajouter la mélisse hâchée et l’hydrolat de rose.
Battre un blanc d’œuf mollement à la fourchette, l’incorporer au mélange.
Verser le tout dans deux coupelle en inox (le métal fait "prendre" plus vite) et placer au congélateur.

Sortir au bout d'une heure et battre au fouet électrique (j'utilise le fouet pour monter les blancs en neige)  puis toutes les demi heures. J'ai procédé ainsi trois fois d'affilée. Meme s'il faut rompre le sorbet au couteau dans la coupelle, ça se fait facilement et surtout, la texture est très agréable… et le reste le lendemain.

Servir en morceaux, par exemple, avec des fraises:

                                                  Hum, là il a fondu car jai goûté avant de photographier…


ou des pommes…

                                     J'ai volontairement laissé les pommes sans sucre, d'où le décor un peu "roots"

Cette recette peut vraiment servir de base à de nombreuses variantes : j'imaginerais volontiers un sorbet à l'estragon.

L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2b/Imini-gif7/oiseau06.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. La mélisse fraîche en tisane a de réelles propriétés sédatives et digestives. Dans cette recette, elle est effectivement employée en infusion, on peut donc s'en régaler le soir en fin de repas en affirmant: un sorbet mélisse… et hop, au lit…


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Rédigé par venezia

Publié dans #notes sucrées

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Publié le 19 Mai 2008

L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2c/Imini-nature/Feu-002.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Je m'apprétais à préparer un niéme lait pour le corps avec quelques notes d'agrumes si commodes pour arrondir un parfum quand j'ai pensé que ce serait un peu bête si ces doses, même minimes, d'huiles essentielles, venaient  jouer au trouble fête au soleil, en raison de la photosensibilisation qu'elles pourraient provoquer. Genre tache de léopard indélébile, voire brûlures graves ou risques potentiels de cancérisation…

J'ai donc rangé mes flacons et je suis partie à la pèche aux info… sans trop de succès pour leur précision, jusqu'à ce que
Copaiba le savant me conseille le site de l'IFRA (International Fragrance Association). J'ai fini par y dénicher des informations; dans ses standards destinés au "parfumage" des produits , l'IFRA repertorie en effet, avec mise à jour régulière, les huiles essentielles et autres substances qui peuvent poser problème.

Je présente donc ici un bref résumé de ce que j'y ai glané en espérant ne pas avoir fait de gros oubli (Le site est un peu touffu et de nombreuses pages renvoient à des documents vides). Les âmes curieuses pourront se plonger avec profit dans les textes de l'IFRA si elles veulent creuser le sujet.

L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2c/Imini-nature/Feu-002.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. J'ai  découvert que beaucoup d'idées approximatives couraient sur le net, notamment au sujet des petits grains (huiles essentielles d'agrumes extraites par distillation  des rameaux et des fruits quand ils sont encore tout petits, de la taille d'un grain, d'où le nom) parfois présentées comme non photosensiblisantes, ce qui n'est pas le cas pour toutes, loin de là.
Je m'en tiendrai ici aux agrumes mais il faut savoir que beaucoup de plantes de la famille des apiacées (qu'on appelait avant ombellifères) sont également sensibilisantes, parfois fraîches par  simple contact,  en application, ou par voie interne: angélique ou céleri par exemple. Dans la famille des verbenacées, la verveine citronnée (lippia citriodora) est même interdite en huile essentielle selon les standards de l'IFRA (dans les compositions pour parfumer) et son absolue plafonnée à 0,2% dans les produits restant en contact avec la peau. 

L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2c/Imini-nature/Meteo-001.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Deux composants chimiques sont facteurs de photosensiblisation: les furocoumarines (avec le bergaptène) et le  N methyl anthranylate de méthyle, un composé azoté aux propriétés calmantes (quasi stupéfiantes, et notamment présent… dans l'absolue de jasmin) mais particulièrement phototoxique et que l'on trouve plus ou moins concentré dans les petits grains.

Si plusieurs huiles essentielles photosensibilisantes sont réunies dans un même produit, en tenir compte dans ses calculs. Par ailleurs, si certaines ont  été déterpénées, elles deviennent plus concentrées, en tenir compte également et diminuer  les seuils recommandés.

L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2c/Imini-nature/Feu-002.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Les recommandations de l'IFRA:

-huile essentielle de petit grain mandarine
moins de 0,165% dans tout produit restant en contact avec la peau, en raison du  N methyl anthranylate de methyle présent à forte dose (jusqu'à 60%) .

-essence de bergamote
moins de 0,4%

-essence de lime
 moins de 0,7%

-essence d'orange amère
(citrus aurentium L. subsp amara)
moins de 1, 25%

-essence de citron pressée à froid
 moins de 2%

-essence de pamplemousse
 moins de 4%

L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2c/Imini-nature/Meteo-001.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.De façon générale, selon des recommandations récentes citées par l'IFRA (newsletter de juillet 2007), un  produit mis sur une peau exposée au soleil ne devrait pas renfermer plus de 1 pour mille de furocoumarines.
Le tout serait donc d'avoir sous la main la composition la plus précise possible des huiles essentielles d'agrumes que l'on utilise.


*une essence d'agrume est obtenue par l'expression à froid de son zeste.


Un autre tableau répertorie la quantité maximale de certains composants problèmatiques  selon les huiles essentielles. Ainsi pour le fameux  N methyl anthranylate de methyle, un petit grain mandarine
ne devrait pas en renfermer plus de  60%,  le petit grain bigarade pas plus de 0,1%, et pas plus de 0,5% pour l'huile essentielle de mandarine.

L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2c/Imini-nature/Feu-002.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Comment évaluer la quantité d'huile essentielle que l'on veut incorporer dans un produit quand on doit le faire à dose mini? En comptant par gouttes.

Si on sait qu'en moyenne une goutte pèse 0, 033g, on peut se lancer.

Un exemple:

pour 100g d'un lait pour le corps, je souhaite incorporer 0,3% d'huile essentielle de bergamote soit 0,3g. Ça fera 9 gouttes (0,033 X 9=0,30).

Pour l'huile essentielle de petit grain clémentine, je devrais me contenter de 0,15g, soit la moitié, 4 gouttes environ.


L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2c/Imini-nature/Meteo-001.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Donc à vos calculettes, avant le plein soleil. L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2c/Imini-nature/Meteo-001.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

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Rédigé par venezia

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Publié le 16 Mai 2008


Pourquoi crème cérat? Parce que je n'ai pas réussi à trancher.


Non entamé, ça ressemble à une crème



Quand on en prend (avec une spatule), on a l'impression d'avoir à faire avec un cérat.

A  l'application sur la peau, même effet troublant: ça s'étale un peu comme un cérat… mais la peau boit  vite, comme avec une crème.

L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2c/Imini-nature/Fleur-053.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Bref, ce petit Ovni d'une efficacité surprenante -que je teste depuis plus d'une semaine- me ravit.

Après des mois de cérat, je cherchais en effet à élaborer quelque chose avec une consistance plus fine, tout en gardant le confort que la texture du cérat apporte aux peaux intolérantes à tout.
Par ailleurs, je voulais, pour une bonne hydratation, plus de phase aqueuse dans la formule, mais sans avoir à utiliser d'émulsifiants complexes, car je les soupçonne -pour le visage-  de limiter la tolérance des crèmes.

L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2c/Imini-nature/Fleur-053.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. *Premier déclic: j'ai repensé au livre de Sophie Macheteau 90 recettes de beauté bio à faire soi-même (ed. Vigot) que j'avais justement  acheté parce qu'elle n'emploie pas de cire émulsifiante  et que néanmoins, les  crèmes s'y affichent avec des phases aqueuse/huileuse à 50:50, plus donc qu'avec un cérat. Je l'avais enterré en raison des nombreuses approximations qu'il renferme. Mais comme il y a des photos à l'appui, j'ai supposé que ces crèmes avaient bel et bien été réalisées… avec les formules indiquées. J'en ai donc cherché une dont je pourrais m'inspirer en prenant en compte l'harmonie que sa formule dégageait et j'ai retenu le concentré de jeunesse au bois de Ho. (p. 79). Elle contient:

26g d'hydrolat
17g d'huile
3g de cire (mimosa)
1 cuillérée à café de substitut  de lanoline, plus des huiles essentielles, de l'extrait d'EPP et de la vitamine E.

L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2c/Imini-nature/Fleur-053.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. *Deuxième étape: j'ai ressorti une fois de plus pour la scruter la formule de la
crème Effadiane à laquelle j'ai recours en cas de problème même si sa formule ne me satisfait pas pleinement (conservateurs pas top, etc ) dont j'ai retenu trois ingrédients:  squalane, cire d'abeille, avocat… puis j'ai gambergé.


Phase aqueuse

-J'ai choisi l'eau l'Uriage, la plus apaisante des eaux minérales que je connaisse. Elle est vendue en bombe, je pschitte donc dans un récipient. De façon générale, j'utilise souvent maintenant cette technique, improvisée un jour où j'étais en panne d'eau minérale.

-L'eau d'or : le seul ingrédient vraiment rare, qu'on peut bien sûr supprimer. J'en glisse dans tous les soins visage ou yeux car je le trouve très calmante.

-J'ai retenu la glycérine pour ses propriétés hydratantes, quand elle est employée à petites doses. Pour cette recette, j'ai volontairement sélectionné des ingrédients simples.

Phase huileuse
 
-J'ai mis près de 30% de squalane (d'origine végétale, à base d'olive), bien plus que le maximum suggéré sur le site angais  Aromantic où je l'ai acheté, car Effadiane en contient plus de 50%. Si on n'en a pas, tenter peut être avec une huile d'olive bio (je précise que n'ai pas essayé dans cette version).

-J'ai choisi l'huile d'inca inchi, particulièrement hydratante et stable. On peut remplacer par du jojoba.

-Emulsifiants: si la cire d'abeille et le substitut de lanoline sont chacun de leur côté des émulsifiants modérés, à deux, il y a un réel effet de synergie, à la base de la plupart des crèmes proposées par S. Macheteau.

Troisième phase

-Un peu d'EPP, comme conservateur (modéré), je prélève cette crème avec une spatule que je passe à l'alcool  90°

-Le cocktail apaisant d'extraits CO2 cher à l'américaine
Donna Maria, composé à parts égales d'argousier, de calendula et de rose musquée. Je prépare un flacon à l'avance. Si on n'a pas d'extrait CO2, on peut remplacer par de l'extrait huileux d'argousier (voir l'article très complet de Raffa sur l'argousier), qui donnera en plus de la couleur  à la crème.

-Et pour la douceur du parfum, un mélange maison d'huiles essentielles sur fond d'ylang également fait  à l'avance. On peut remplacer par de l'He d'ylang, de lavande ou de géranium bourbon, bien tolérées.

Crème-cérat  à l'eau d'Uriage

22g eau d’Uriage
2g eau d’or
2 g glycérine bio

8g squalane végétal
5g huile d'avocat bio
4g huil d'inca inchi bio
3g cire d'abeille en feuilles  Bilby
1 cuil à café de substitut végétal de lanoline

2 gtes extrait CO2
3gtes EPP
2gtes d'une macération d'HE pour le parfum

L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2c/Imini-nature/Fleur-053.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Je prépare cette crème … comme un cérat.

Je stérilise bocaux, récipients et ustensiles dix minutes à l'eau bouillante vinaigrée (je démarre à l'eau froide) puis je passe tout à l'alcool à 90°. Pour les cérats qui
renferment peu de conservateur,  je suis d'autant plus attentive à l'asepsie.

Je prépare phase aqueuse et phase huileuse dans deux récipients que je mets au bain marie dans une même casserole.

Quand la phase huileuse a fondu, j'éteins. Je  sors son récipient que je pose sur un torchon propre et repassé (ce qui le "stérilise") et j'attends un peu. Puis je prends le récipient de la phase aqueuse (avec du sopalin plié en plusieurs épaisseurs pour ne pas me brûler) et je verse lentement la phase aqueuse sur la phase huileuse en fouettant avec un fouet à capuccino. J'avais acheté le mien, il y a longtemps en Grèce pour préparer des cafés frappés, la boisson nationale hellénique en période estivale.
Le torchon évite tout bêtement au récipient de trop bouger et si on pose dessus par inadvertance un ustensile, les risques de contamination sont moindres. Dans ce cas, je repasse quand même l'ustensile à l'alcool.
En fouettant, je ramène régulièrement vers le centre le produit qui commence à prendre sur les parois. Quand ça épaissit un peu, j'arrète de fouetter et  j'attends encore un peu que la température descende (je tâte les parois qui doivent être tièdes) avant d'intégrer la troisième phase. Je verse directement dans un pot stérilisé sans toucher à la crème et je tapote le pot sur une surface dure pour une bonne répartition. Pour finir, je racle les bords avec une mouvette en silicone et glisse ce reste dans un petit pot que j'utilise en premier.
Avec un fouet à capuccino, ça me semble vraiment inratable.

L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2c/Imini-nature/Fleur-053.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. J'ai volontairement détaillé cette recette car je reçois régulièrement des mails où des débutantes en cosméto maison me demandent par quoi commencer. Or je trouve que cette recette facile permet d'obtenir un produit d'une très grande efficacité, plus agréable à utiliser qu'un simple cérat, et qui donne d'excellents résultats si on a une peau intolérante. Pour les peaux grasses et costaudes, sans doute faut -il imaginer d'autres combinaisons.


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Rédigé par venezia

Publié dans #Cérats

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Publié le 12 Mai 2008


Je traine dans tous mes voyages un peu de gel pour les jambes que je prélève d'un tube qu'on m'avait donné. Pas spécialement bio, -il s'appelle gel jambes défatigant Dax (Accor Thalassa) -  il renferme néanmoins une synergie d'huiles essentielles que je trouve particulièrement efficace. ll est à base d'eau thermale de Dax, -à hauteur de 20%- et affiche:

L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2b/Imini-gif7/lapin42.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. 2% HE de pin sylvestre,
1% menthol
0,150% He de sauge officinale
0,150% HE de lavande vraie
0,050 % HE de petit grain bigarade
0,050% He de cyprès (cupressus sempervirens)
0,050% He de melaleuca (tea tree)
0,025% He de santal blanc
0,025HE de genièvre 0,025

Le reste: polysorbate 80, carbomer et compagnie…

Il touche à sa fin, j'ai donc voulu en refaire, en version plus clean … et sans eau de Dax puisque je n'en n'ai pas.

J'avais à ma disposition la magnifique recette de
gel décontractant pour les jambes donnée par Michèle sur le blog collectif Potions et chaudron, mais j'ai eu envie d'essayer autre chose, en reprenant la formule de la gelée pailletée pour le corps imaginée l'an dernier et qui s'est révelée d'une stabilité à toute épreuve; j'ai aussi décidé d'intégrer des bio saccharides (fucogel) qui donnent un toucher incroyablement agréable…

J'ai donc sorti flacons et ustensiles, toute guillerette, …jusqu'à ce que je constate, à dix heures du soir un dimanche, que j'avais terminé mes huiles essentielles de pin et que je n'avais plus que des HE de sapin à ma disposition, plutôt vouées à la sphère pulmonaire. J'ai donc dû gamberger à nouveau pour essayer de conserver un peu l'esprit, sinon la lettre de la formule initiale…En réalité, emportée dans ma lancée, j'ai fait pas mal de modifications.
L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2b/Imini-gif7/lapin42.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. J'en ai profité en effet pour:

-ajouter de l'He de mastic grec (pistacia lentiscus var. chia). Le pistachier -
celui de Corse, extrait des rameaux et feuilles)  est fortement  recommandé pour améliorer la circulation lymphatique. J'ai recherché la composition de l'HE essentielle grecque extraite de la résine, elle semble riche, parmi d'autres composants, en a-pinene et B-myrcène, présents dans l'huile corse.
NB: j'ai enfin compris pourquoi je lisais souvent des remarques que je ne comprenais pas sur l'odeur peu engageante de l'HE de lentisque… elle est tirée de la distillation des feuilles et rameaux, j'ai eu récemment l'occasion de la sentir, elle dégage en effet une senteur très âpre, alors que celle que j'utilise (tirée de la résine) a un parfum thérébentiné gourmand.

-glisser également de l'HE de niaouli, venue tout droit de Nouvelle Calédonie (un cadeau magnifique de Catherine), présentée, entre autres, comme un décongestionnant veineux  sur le site de
Bio Mada.

- mettre une touche d'HE de iary, une huile malgache à qui je cherchais un emploi. Bio-mada la conseille notamment comme anti inflammatoire et pour ses propriétés anti-fatigue.

-tenter l'absolue de feuilles de violette, parfois évoquée contre les
circulations paresseuses

                                                       Bloc de menthol … attaqué au couteau à parmesan

-j'ai aussi étrenné une teinture de jasmin maison (faite avec de la tequila) pour dissoudre le menthol, difficilement détaillé en petits morceaux. La fleur de jasmin a des propriétés relaxantes, elle est plutôt utilisée dans de l'huile, mais la teinture de jasmin est néanmoins de tradition ancienne.

-à la lavande, j'ai substitué du
lavandin super que je trouve bien plus anti inflammatoire

-et au petit grain bigarade du
petit grain combawa pour les mêmes raisons

-j'ai remplacé la sauge officinale (qui n'est pas en vente libre) par de la
sauge sclarée phlébotonique.

Ma formule comportant un soupçon d'huile, j'ai choisi celle de
tamanu, également anti inflammatoire et  qui se marie bien avec les HE de l'hémisphère sud  (combawa, niaouli, iary).

J'ai utilisé comme phase aqueuse trois hydrolats:
menthe poivrée, et sauge sclarée, la première stimulante, antalgique, la deuxième bonne pour la circulation et j'ai ajouté de l'hydrolat de rose de Damas qui se marie très bien avec la menthe (et  j'apprécie son parfum… ) de la silice et du gel d'aloe (à boire, acheté en litre,  bien moins cher que le cosmétique, mais à utiliser dans les six semaines après ouverture de la bouteille, donc, je m'active… ).

… bref; ça n'a plus beaucoup à voir avec l'idée initiale, mais je trouve le résultat particulièrement  agréable et relaxant. Je n'ai pas trop chargé en menthol pour pouvoir remettre souvent du gel.



Gel  pour les jambes au mastic  et à la menthe

10ml silice
40ml aloe gel à boire
15ml hydrolat menthe poivrée
15ml hydrolat sauge sclaree
15ml hydrolat  rose damas
1g gomme xanthane,
2ml fucogel (bio saccharides)
2,5ml huile tamanu
environ 0,5g menthol dilués dans 3ml teinture de jasmin maison

 HE
15gtes mastic
10gtes niaouli
7gtes lavandin super
6gtes sauge sclarée
5 gouttes iary
 à hauteur de 2 à 3 gouttes ;
absolue de feuilles de violette, petit grain combawa
 cypres, santal blanc, genevrier
O,6% conservateur


L'image “http://pagesperso-orange.fr/safran2b/Imini-gif7/lapin42.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Tout se fait à froid.
Diluer un peu  à l'avance le menthol dans la teinture de jasmin (procédé détaillé par Michèle dans sa recette de gel pour les jambes déjà citée)
Diluer également au préalable les HE dans l'huile de tamanu (ce que j'avais oublié de faire et qui a rendu l'intégration des HE dans le gel particulièrement fastidieuse).

Mélanger la silice, l'aloes, les hydrolats, saupoudrer avec la gomme xanthane, remuer très énergiquement au petit fouet à main, puis au fouet à capuccino (ça mousse, pour calmer le jeu, j'ai retouillé avec une baguette). Ajouter le fucogel, ce qui épaissit le mélange, la teinture au menthol, l'huile de tamanu aux huiles essentielles, le conservateur. Bien fouetter après chaque nouvel ajout.

On obtient un gel plus épais que la gelée pailletée, ce qui n'est pas plus mal car le produit semble ainsi rester plus longtemps en contact avec les jambes (même s'il ne laisse aucun effet gras, bien sûr). Les amateurs de gels très fluides peuvent supprimer le fucogel, mais le toucher devient alors moins repulpant.


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Rédigé par venezia

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Publié le 5 Mai 2008


C'est au détour du plus merveilleux des blogs découvert récemment, et dont le nom me fascine -il s'appelle
le Divan Fumoir Bohémien et provoque un bonheur de lecture et de contemplation sans égal…mais je vous laisse la surprise - que j'ai fait cette belle trouvaille: le livre d'une historienne, Catherine Lanoë, La poudre et le fard, une histoire des cosmétiques de la Renaissance aux Lumières (éditions Champ Vallon).

Il étudie, à l'appui d'archives notamment, l'évolution des produits de beauté employés sous l'Ancien Régime, en s'attachant au passage à leur élaboration, ce qui ne peut qu'intéresser une bricoleuse cosmétique maison. Il ne se dévore pas d'une bouchée mais se savoure peu à peu car il égraine, entre deux analyses serrées de l'esthétique des fards, des informations précieuses à glaner au fil des pages.

Je livre ici celle qui m'a le plus séduite… une histoire de roses
                       La rose de Provins vue par Redouté, à retrouver sur ce site fleuri

Sous l'Ancien Régime, les "poudres de senteur " destinées à parfumer les poudres réservées à la chevelure ont la côte. Si quelques formules sont connues,"des gestes techniques qui permettent de créer des poudres, en revanche, les rares recettes manuscrites n'en disent rien", remarque Catherine Lanoë (p. 105), même s'il s'agit le plus souvent simplement "d'écraser et de mélanger des substances odoriférantes au moyen de mortiers et de pilons". Elle évoque la délicate technique proche de l'enfleurage réalisée avec des fleurs fraîches, mais aussi celle, plus aisée, effectuée avec des produits secs réduits en poudre avant d'être mélangés à de l'amidon puis soigneusement tamisés. Elle note la bonne connaissance qu'ont les parfumeurs de leurs ingrédients. Ainsi ils savent que "si les roses pâles et les roses muscades fort odorantes lorsqu'elles sont fraîches, deviennent inodores en séchant, les roses rouges de Provins, quant à elles, n'exhalent leur parfum qu'à la condition d'être sèches".

 J'avais  lu à plusieurs reprises que les Provins étaient des fleurs inodores, ce que contredisait mon nez, sensible aux suaves senteurs dégagées des sachets de fleurs sèches que j'ai pu acheter ça ou là.
Cette remarque résout enfin le mystère attaché au parfum de ces roses rouges.

Le livre consacre également de nombreux paragraphes aux pommades, c'est à dire aux baumes. J'y reviendrai, expériences faites…

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L'une des références de Catherines Lanoë, l'ouvrage de Simon Barbe:
Le parfumeur français qui enseigne toutes les manières de tirer les odeurs des fleurs, & à faire toutes sortes de compositions de parfums : avec le secret de purger le tabac en poudre, & le parfumer de toutes sortes d'odeurs, pour le divertissement de la noblesse, l'utilité des personnes religieuses & nécessaire aux baigneurs & perruquiers. (Cambridge, 1990,  Reprod. de l'éd. de  Lyon : chez Thomas Amaulry, 1693).132p.
Egalement cité sur le Divan fumoir bohémien, il est accessible sur le serveur Gallica de la BNF

… et pourrait se révéler inspirant pour
quelques obsédées des poudres de fleurs ou de fruits

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Rédigé par venezia

Publié dans #parfums

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