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Publié le 18 Mai 2014

Lors d'une récente virée bretonne, j'ai découvert un distillateur installé près de  Guiclan, dans le Finistère (nord).

 

Le panneau était si discret que nous avons failli le rater. D'abord, j'ai cru avoir la berlue car le lieu-dit s'appelait Kermorvan, nom qui m'a immédiatement évoqué Clément Pallier, lequel distille aussi dans un endroit appelé Kermorvan, mais dans le Finistère sud. Pescalune propose quelques uns de ses excellents produits sur son nouveau site de vente ici.  


 

depuis-aout-2012-0082.jpg                                               Ardoise et granit: aux couleurs de la Bretagne…

 

Intriguée, je suis entrée dans le jardin. J'ai été accueillie avec un grand sourire par Sonia, la compagne de Jean-Patrick Didier, le distillateur, créateur de Naturacelt. Tous deux sont biologistes, ont vécu six ans aux Etats-Unis avant de s'installer en Bretagne. Hasard des noms de lieux: deux producteurs, deux Kermorvan! 


Jean-Patrick Didier était absent, Sonia (qui, de son côté, travaille dans un laboratoire de recherche) m'a très gentiment fait la visite; j'ai pu sentir les hydrolats, au parfum très net, et très concentrés car très riches en huiles essentielles.

 

 

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                                               l'alambic en acier

 

 

Les plantes distillées sont cultivées en bio depuis 2010 par Jean-Patrick Didier et Sonia. Naturacelt propose aussi une bonne douzaine d'huiles essentielles dont la menthe bergamote chère à Mlk et un assez rare cryptomère du Japon. Je n'ai hélàs pas pu les sniffer car j'ai débarqué à l'improviste; les flacons étaient en cours de rangement. On peut aussi trouver des produits à base de chanvre.

 

C'est une très belle adresse à découvrir sur place, et, bonne nouvelle, Naturacelt a une e-boutique ici.

 

 

Un article du Télégramme de Brest évoque l'itinéraire du distillateur.

  ici

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Rédigé par venezia

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Publié le 5 Mai 2013

 

 

Islay compte huit distilleries de whiskies renommés. Pas étonnant qu'une savonnière ait eu l'idée de fabriquer des savons … au whisky. 



 

P1010971.jpgLa distillerie de l'île de Jura, à 5mn de ferry d'Islay

 

Installée à Islay depuis quelques années, Ailsa Hayes s'est lancée dans la savonnerie artisanale en 2007. Elle avait fait des études de chimie, m'a t'elle expliqué." Il faut de l'alcool pour fabriquer les savons transparents…  j'ai pensé à utiliser du whisky!" Elle a contacté des distilleries, très intéressées et a créé Spirited soaps.


 

P1010982.jpgDeux cerfs de Jura

 

Pour des savons élaborés avec du whisky de l'ile de Jura qui compte… 6000 cerfs rouges sauvages, elle a saupoudré leur pate d'un peu de poudre de bois de cerf (ils perdent leurs bois chaque année) pour un savon scrub…

 

 

P1020037.jpgLes savons pour Jura

 

P1020036.jpgLes savons pour Laphroaig, qui produit des whiskies réputés pour leur parfum tourbé. Lors de l'élaboration, le malt (orge germée et fermentée) est séché et fumé avec de la tourbe encore récoltée sur l'île.

 


L'odeur du whisky ne tient pas -Ailsa parfume la pate avec des huiles essentielles-

 

 

P1020038.jpgLes gros blocs translucides dans la boutique à Bowmore, la -petite- capitale d'Islay

 

Ses savons ont un aspect brut que j'aime beaucoup, surtout les grands pains translucides et ambrés présents dans sa boutique, où elle propose aussi bougies, baumes à lèvres, etc.

 

Elle cueille des fleurs d'ajonc pour décorer certains savons. Elle a découvert qu'elles ne noircissent pas au contact de la soude, tout comme les pétales de fleurs de souci.

 

 

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Les ajoncs d'Islay sentent incroyablement la noix de coco, mais le parfum ne résiste pas à la saponification. 

 

 

P1020043.jpgHaies d'ajoncs sur Islay

 


Un lien vers une vidéo avec une interview sympa et où on voit Ailsa fabriquer ses savons Ici

 

 

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Rédigé par venezia

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Publié le 28 Avril 2013

 

Je viens de passer quelques jours sur l'île d'Islay, au large de Glasgow, réputée pour ses whiskies au parfum de tourbe. Avant mon départ, j'avais lu qu'on avait parfois utilisé le myrique baumier dans l'élaboration de bières. Sur place, j'ai vraiment œuvré pour trouver cette plante. J'y suis arrivée… non sans mal.  

 


 

P1010964.jpgIslay est un paradis pour les âmes solitaires qui apprécient les fermes isolées

 

Faire des recherches sur le myrique via internet est un vrai sport, car il se dissimule sous de multiples appellations:

en français: myrique baumier, galé odorant, myrte des marais, myrte batard, piment royal, piment aquatique, etc ; au Canada bois-sent-bon. 

en langue anglaise: bog myrtle, sweet gale, scotch gale

en gaélique: roid

en latin: myrica gale   

 

P1010990.jpgLes moutons ont été plus faciles à trouver que le myrica gale

 

C'est une plante intrigante de la famille des myricaceae, dont on utilise -avec prudence- toutes les parties: graines, feuilles, rameaux, châtons, racines … à titres divers. Elle est notamment tenue pour abortive, sudorifique dans les pneumonies, ayant une action astringente, active dans les maux d'estomac, les problèmes hépatiques, et peut être avec des propriétés anti-cancéreuses. Elle a des effets insecticides et herbicides.(Voir par exemple à ce sujet l'article de wikipedia, en anglais, bien plus complet que la Vf, pour laquelle j'ai fait un lien sur myrica gale). Elle favoriserait  aussi les rêves lucides, motif qui, il y a quelques années, avait attiré mon attention… 

 

P1020047.jpgAu milieu des roseaux, l'île d'Eileen Moor, sur le Loch Finlaggan. Au Moyen age, elle fut le fief des MacDonald, les seigneurs d'Islay. 

 

En cuisine, on peut l'employer en substitut du laurier dans les sauces, en prenant soin d'ôter les feuilles en fin de cuisson pour éviter l'amertume. Elle contribuait à parfumer la bière avant l'emploi du houblon, dans des mélanges de plantes baptisés gruit ou grut. Certains s'amusent encore à en faire des macérations alcooliques… à boire.

Les graines auraient un parfum de muscade .


 

P1020063.jpgUn bog myrtle rougeâtre, planqué dans les broussailles

 

En dermato, la marque Boots l'emploie dans une ligne cosmétique pour ses effets anti-oxydants et anti-bactériens (contre l'acné notamment). En Grande-Bretagne,  on trouve d'ailleurs de nombreux savons, artisanaux ou pas, qui en referment mais c'est surtout son action insecticide contre les midges (ces mini-insectes piqueurs et terriblement envahissants présents dans les pays scandinaves, au Canada, en Ecosse ou en Irlande pendant l'été)  qui semble intéressante.

 

Ses feuilles au puissant parfum balsamique secrètent une résine. Elle ont aussi une grande force tinctoriale même sans avoir à mordancer la laine. Elles donnent un ton jaune en début de saison et du vert à l'automne, comme me l'a expliqué une artisane d'Islay qui s'en sert. 

On utilisait également la cire extraite des fruits pour fabriquer des bougies (probablement un travail de patience, vu leur taille menue… ).

 

C'est un végétal très costaud qui apprécie les lieux humides, landes et tourbières, et résiste aux intempéries et à la pauvreté des sols.

 

Sur le net, on peut trouver de l'hydrolat, de l'huile essentielle, de la teinture-mère (d'écorce des racines), des dilutions homéopathiques, voire des feuilles ou des graines séchées, mais  en Ecosse et au Canada -sauf pour la teinture mère et les produits homéopathiques.

 

J'ai donc sillonné Islay pour en dénicher, d'abord en vain car je cherchais à identifier les feuilles. C'était trop tôt. Un truculent guide qui se rappelait où il en avait ramassé quand il était gamin a retrouvé l'endroit… et m'a montré quelques plants à la tige rougeâtre, sans l'ombre d'une feuille, mais porteurs de minuscules chatons orangés (les chatons mâles). Les chatons femelles arborent un plumet rouge; j'ai donc ramassé quelques branchettes qui macèrent déjà dans de l'alcool (les chatons d'un côté, les tiges légèrement écrasées de l'autre).

 

P1020075.jpgUne part de ma modeste récolte

 

J'espère en tirer un peu du parfum des landes d'Islay.   

 

J'avais acheté il y a pas mal de temps déjà de l'HE en GB. Je l'ai utilisée à l'occasion dans certaines recettes (dans un savon par exemple ici ou dans un baume bleu pour les pieds qui ne voulait pas prendre… ici).

En son temps, Pescalune avait préparé un lait corporel parfumé au myrique baumier avec un hydrolat et une HE achetés en Bretagne auprès de Clément Pallier (voir ici). Le site de Pallier  (www.ferme-kermorvan.com) semble hélàs en ce moment en repos.  

Michèle avait également proposé sur Potions "myrica rose", une crème pour le visage et les mains avec du myrica gale. 

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Rédigé par venezia

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Publié le 30 Mars 2013

 

Certaines rizières de la région de Banaue sont classées au patrimoine mondial de l'Unesco, mais il y a d'autres rizières de montagne dans la région, notamment autour de Bontoc, point de chute un peu moins touristique.


 

pont-suspendu-bontoc.jpgPont suspendu au-dessus de la Chico, à Bontoc

 

 Séparée en deux quartiers par la rivivère Chico, Bontoc a une allure un peu hétéroclite. Ses rizières sont vraiment dans la ville. On peut faire de nombreux trecks ou tout simplement des balades (moitié voiture-moitié marche) tout autour.  


 

P1010545-apres-le-pont-bontoc.jpgBontoc. Retour des rizières avec des bottes de paille de riz

 

Et d'abord à Sagada, village assez mignon, point de chute babacool niché dans une pinède, ce qui lui donne un petit air alpin.



au-dessus-de-sagada--rizieres.jpgVue sur les rizières en montant au dessus de Sagada

 

Certaines ethnies de la région auraient des ancètres venus des Célèbes. C'est le cas des Igorots de Sagada. De nombreux rites y sont associés aux funérailles. Les morts sont enterrés de plusieurs manières (comme à Rantepao aux Célèbes, mais de façon moins spectaculaire). A Sagada, les cercueils sont parfois placés dans des grottes, parfois perchés en hauteur à flanc des rochers karstiques.

 

P1010595-sagada-cercueil.jpgGrotte de Lumiang, cercueil au couvercle sculpté de lézards, l'un des emblèmes des Igorot. Beaucoup de sépultures ont été profanées par des touristes.


La coutume perdure, mais les cérémonies coûtent très cher car il faut abattre cochons et  buffles à cette occasion pour respecter la tradition.


 

P1010599.jpgOn aperçoit les cercueils suspendus  ( hanging coffins) au milieu de la photo (faite sans zoom… )

 

Notre guide disait en plaisantant que, par économie, mieux valait se faire enterrer allongé plutôt qu'assis, c'est à dire à l'ancienne … ce qui nécessite des sacrifices animaux onéreux.

 


 

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  les petits murets de Maligcong…

 

Nous avons visité les rizières de Maligcong en empruntant les petits chemins cimentés en lisière des champs (aie aie aie, le vertige… même si ce n'était pas si haut que ça… ) pour aller jusqu'à l'école, située à mi-chemin entre les deux extrémités du village.

 

P1010616.jpgLa première partie des rizières de Maligkong. Il y en a autant après l'école. La route depuis Bontoc s'arrète au fond à gauche.

 

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Tous les enfants apprennent l'anglais, héritage de la colonisation américaine. 


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L'une des classes de Maligcong, nous avons écrit nos noms à la craie au tableau

 

Nous sommes également allés au village de Mainit par une route parfois cahoteuse mais avec des vues magnifiques.


 

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Les toits de tole de Mainit. De près, le village fait beaucoup plus déglingué…

 

 

Mainit est installé sur des sources chaudes nées d'un ancien volcan. Elle se déplacent d'une année à l'autre et font irruption dans le village où elles veulent.

 

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Les vapeurs chaudes

 

Notre jeune guide s'est amusé à cuire des œufs dans les eaux bouillantes. Le village semble démuni et peu entretenu. Il y avait pas mal de porcheries, avec cochons roses et cochons noirs, les premiers pour la table, les seconds pour les rituels d'après ce que j'ai pu comprendre.

 

P1010640.jpgMainit. La coiffure traditionnelle entrelace des perles et un serre tête en vertèbres de serpent (censées éloigner la foudre) . Je n'en ai vu que très peu, toujours portées par des femmes âgées.

 


Liens

 

ici le blog d'un Igorot vivant aux Etats-Unis et qui évoque souvent Sagada et ses racines

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Rédigé par venezia

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Publié le 17 Mars 2013

Elles dégringolent le long des pentes, renvoient le ciel dans leur eau et font peiner ceux qui les sculptent au jour le jour.

 

P1010667.jpgsur la route avant d'arriver à Banaue

 

 

 

En 1995, l'Unesco a classé au patrimoine mondial cinq rizières (Batad et Bangaan à Banaue, Mayuyao, Hapao à Hungduan, Nagacadan à Kiangan) des peuples Ifugao, dans la cordillère de Luzon au nord de Manille. Il y a de quoi. Elles sont d'une beauté époustouflante.

 

P1010697.jpgPlus faciles d'accès, les rizières en fond de vallée restent encore très cultivées

 

On répète à l'envie qu'elles auraient été créées il y a 2000 ans. Des études  récentes donnent 800 ans pour les plus anciennes, ce qui est déjà pas mal. Elles fascinent car elles incarnent aussi un travail collectif poursuivi de génération en génération, malgré les guerres, la colonisation occidentale… et des pentes impressionnantes.

 

P1010721.jpgLes taches vertes correspondent aux plants prets à être repiqués

 

On ne sait pas trop si les Ifugao sont descendants de populations chinoises ou d'ethnies philippines plus méridionales poussées vers le Nord lors de mouvements migratoires. (Je tire les informations de cet article de mes discussions sur place mais surtout de la thèse passionnante d'une anthropologue française, Aurélie Druguet, texte que l'on peut lire dans son intégralité sur le net ici).  En tout cas, les Ifugao à l'origine de ce merveilleux land art ont échappé à la colonisation espagnole, ils ne se sont retrouvés sous leur domination qu'en 1841. Ils ont la réputation d'avoir été de vrais chasseurs de têtes (on peut voir des photos spectaculaires, datant du début du XX°siècle avec des têtes trophées, au petit musée de Bontoc).

 

 

Alors que les Philippines proclament leur indépendance en 1898, la même année, elles sont vendues par les Espagnols aux Américains pour 20 millions de dollars. Elles retrouveront leur indépendance en 1946. Un détachement militaire yankee débarque chez les Ifugao en 1901. Résultat: aujourd'hui on apprend encore l'anglais dès la maternelle. Des missionnaires belges s'installent en 1906. Même si certains rituels traditionnels subsistent encore, étroitement associés à la culture du riz, tout le monde ou presque est désormais chrétien dans le coin. En 1942, des troupes japonaises se réfugient dans la Cordillère, elles se rendront en 1945. Conséquence actuelle: la présence de nombreuses ONG nippones dans la région et pas mal de Japonais en visite.

 

P1010739.jpgLes forets d'altitude fournissent aussi du bois pour les sculpteurs, qui proposent leurs créations dans les boutiques touristiques de Banaue


Ce bref résumé historique pour situer la complexité des influences, sans oublier l'afflux des touristes… surtout entre novembre et mars en raison du climat (sinon, trop chaud ou trop de typhons… ), juste au moment où le travail aux champs est le plus intense. Ce qui pose problème, comme le souligne l'anthropologue, car s'occuper des touristes rapporte plus vite que peiner dans les rizières, mais ralentit ou retarde leur entretien.

C'est en effet un boulot impressionnant. 

 

P1010726.jpgLa boue nourricière est répartie sur toute la parcelle

 

Les fameuses terrasses sont d'une construction complexe, avec des sous couches de graviers, de pierres, d'argile etc. Elles sont étayées de murs de pierre (ou d'argile) qui peuvent aller jusqu'à 6m de haut. Aujourd'hui, leur rebord est parfois cimenté, ce qui permet aux enfants de ne pas trop galérer pour aller à l'école car c'est le chemin à emprunter pour circuler autour des villages (quand on a le vertige, ce n'est pas évident, je dois l'avouer ). 20% de ces murs sont à restaurer chaque année (encore plus s'ils sont en argile…). Il y a toujours de l'eau en circulation pour limiter les risques d'effondrement lors des sécheresses.

 

P1010705Reflets du ciel dans les rizières

 

Ces rizières aux parcelles parfois très étroites sont desservies par un incroyable système d'irrigation géré collectivement et nourri d'eaux captées plus en amont. Elles viennent notamment des forêts privées qui poussent sur les hauteurs, les muyung, appartenant symboliquement aux ancêtres.

Les ifugao fonctionnent en clans, fondés sur la filiation. On apprenait aux enfants la généalogie de leur famille, pratique qui disparait aujourd'hui. Comme s'effiloche peu à peu le travail coopératif basé sur la réciprocité. Même si le cadre est somptueux, en observant le travail harassant, on comprend  sa désaffection. 


Certaines parcelles sont transformées en potagers (les légumes sont excellents, on est en altitude, Banaue est à 1100m), on y attrape aussi du poisson mais la grande affaire reste le riz bien sûr. Peu de familles arrivent à s'auto-suffire, il faut en effet près de 118kg/personne/an. La patate douce nourrit aussi son homme, elle pousse bien, mais plat du pauvre, elle est déconsidérée. J'ai en vain cherché à en manger au restaurant. Introuvable. Impossible aussi de goûter au riz local, baptisé tinawon. C'est une variété  japonaise, dodue et aromatique, qui ne donne qu'une récolte par an. Depuis les années soixante dix, le gouvernement a privilégié l'introduction d'espèces plus productives, mais qui nécessitent plus d'engrais et de pesticides. Cette diversification a désynchonisé le calendrier des récoltes. Tout n'est plus planté en même temps, et les rongeurs se précipitent sur les plantules les plus précoces. Depuis 2008, une ONG américaine commercialise aux Etats Unis du tinawon des Ifugao. Ce qui redore son blason sur place … mais ne signifie pas qu'on puisse vraiment en trouver sur le marché ou dans les boutiques à Banaue, pourtant l'épicentre commercial de la zone ifugao. 

 

P1010695.jpgL'envers du décor de Banaue la touristique

 

J'ai visité les rizières en février, au moment du repiquage. Je suis notamment allée à Bangaan, village moins fréquenté que Batad, détaillé dans tous les guides et les forum. 

 

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Bangaan en contrebas

 

 

Après une heure de route un tantinet cahotique mais offrant des vues splendides, il faut  descendre un long escalier (on passe devant l'école, à mi-pente) avant de trottiner en rebord de rizière (marche plus facile qu'ailleurs, car il y a presque partout des rambardes) et d'arriver en fond de vallée au village, qui apparaît comme une île dans le paysage.

 

P1010731.jpgLes petites maisons sur pilotis de Bangaan

 

J'ai visité d'autres rizières près de Bontoc, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Banaue. Les Bontoc seraient des descendants de peuples venus des Célèbes. J'en parlerai prochainement.

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Rédigé par venezia

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Publié le 5 Mars 2013

Trois mots qui résonnent comme des noms de code, trois découvertes délicieuses.Le kinilaw est l'équivalent philippin du ceviche péruvien, du poisson cru mariné dans un liquide acide, vinaigre ou agrumes. Le lapu-lapu est un mérou local à l'excellente chair ferme et le lato, une variété d'algues à l'aspect d'œufs de poisson. 

 

 

P1010847Petits poissons séchant au soleil de Busuanga, dans le quartier des pécheurs, devant une bangka, le traditionnel bateau à balancier

 

 

Avec plus de 36 000 km de côtes (5°rang mondial), les Philippines ont un acès privilégié aux produits de la mer. On y mange donc beaucoup de poisson, frais ou séché, de mer ou de rivière mais aussi des coquillages, des crustacés et des algues. A Manille, il existe plusieurs "fish markets", où l'on peut choisir son poisson, ses crevettes ou autres, morts ou vifs avant de les donner à cuisiner, soit sur place s'il y a un restaurant associé, soit dans un établisssement proche si l'étal est à part.

 

P1010845.jpg Les pécheurs ne roulent pas sur l'or. Habitat sur pilotis à Coron town

 

Le lapu-lapu est par exemple proposé encore vivant, nageotant dans un aquarium où on l'attrape pour vous à l'épuisette, ou fraichement péché.

 

P1010800.jpgVivier pour les lapu-lapu au large de l'ile de Coron

 

 

Sur l'île de Busuanga où on en trouve facilement, il est parfois placé dans des viviers en attendant d'être expédié. J'avais déjà visité Busuanga il y a quinze ans. Des lapu-lapu étaient alors envoyés vivants au Japon, j'avais même pu visiter un centre d'expédition. Je ne sais pas si c'est toujours le cas aujourd'hui, avec la demande intérieure en augmentation en raison de l'amélioration du niveau de vie.

 

P1010817.jpgLe lapu-lapu est le poisson tacheté au centre


Quand on regarde les nomenclatures, le lapu-lapu désigne divers poissons de la même famille que le mérou, classées dans les espèces vulnérables. Ceux que j'ai vu avaient tous la peau tachetée.

 


 

j'ai donc goûté du lapu-lapu grillé mais aussi préparé en kinilaw.


 

P1010849.jpgKinilaw au calamansi, dégusté au bistro Coron, à mon goût le meilleur

 

Le kinilaw est un plat où le contact avec un liquide acide est utilisé comme mode de cuisson. La macération est très brève, on reste dans le presque cru. C'est une cuisine de fraicheur. On ajoute au plat oignons, piments, parfois tronçons fermes de concombres épépinés, ail, gingembre, tomates. Le jus est court, la chair du poisson est à peine opacifiée. 

 

depuis-aout-2012-0046.jpgKinilaw du restaurant la Sirenetta, pas mal non plus, avec des petits piments verts

 

A Coron, j'ai testé tous les kinilaws que j'ai pu trouver. Ils étaient parfois préparés avec du vinaigre - qui éteint un peu le plat-, meme s'il s'agit le plus souvent de vinaigre de canne aromatique. Le meilleur kinilaw a été celui au jus de calamansi, exquis citron philippin, tout petit, bourré de pépins, à la pulpe jaune orangée très parfumée. Le gingembre rapé apporte vraiment un plus. On est alors très proche de la recette péruvienne (piment fort en moins). Malégria l'avait donnée sur son blog il y a longtemps déjà. 

 

De retour à Paris, nous en avons préparé avec du cabillaud.


La recette pour deux: 

 

-une tranche épaisse de cabillaud coupée en gros cubes


-un demi-gros oignon mis à tremper quelques heures dans de l'eau glacée, ce qui laisse les oignons très crissants sous la dent et leur ôte de l'âcreté. C'est un tour de main appris en Espagne il y a bien longtemps. On y sert des salades d'oignons doux, arrosées juste d'huile d'olive et parsemées  de fleurs de thym, un régal estival.


-assez de jus de citron vert (à défaut de calamansis) pour pouvoir baigner les morceaux de poisson. Eventuellement, un soupçon de vinaigre doux si on en a.


-l'équivalent d'une petite phalange de gingembre râpé ou émincé très fin


-de la coriandre fraiche


-si on supporte, un demi petit piment fort, débité en très fines rondelles s'il est frais, émietté s'il est sec. Eviter la poudre; il faut conserver la surprise de la rencontre avec le piquant, et non avoir un bloc de saveurs uniformes.

 

-si le jus de citron semble trop acide, adoucir avec un peu de lait de coco. j'utilise les galets de chez Picard, moins gras que le lait de coco en boite. (Pour deux, un galet suffit)


Cinq minutes avant de servir, recouvrir les morceaux de cabillaud de jus de citron. Touiller à plusieurs reprises. Dès que la chair s'opacifie, ajouter les oignons bien égouttés, le gingembre, le piment et le lait de coco liquéfié si nécessaire. Bien remuer, mais avec délicatesse pour ne pas abimer la chair. Saupoudrer de coriandre fraiche. C'est pret.

 

A Coron, nous avons dégusté l'un des kinilaws avec une salade d'algues locales.

 


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Lato photographié au marché de Baguio (à Luzon, loin de la mer).On retrouve dans la cuisine du nord Luzon des éléments des préparations d'Okinawa, dont le lato mais aussi les concombres amers, omniprésents. Okinawa est située bien plus au nord, mais en zone tropicale comme les Philippines.

 

 

 

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Préparation du lato au marché de Coron town

 

Le lato (caulerpa lentilliera) se présente sous la forme de petits œufs verts translucides. C'est une algue de mer dont la présence signe la pureté des eaux (sinon, elle ne pousse pas).

 

P1010786.jpgBangka amarrée au pied des  falaises karstiques de l'ile de Coron, territoire des Tagbanuas (Il y a quinze ans, j'avais pu camper sur cette ile, ce n'est plus possible, elle est devenue une réserve protégée).

 

Elle est péchée non loin des mangroves, mais en profondeur, notamment par les Tagbanuas  qui vivent sur l'ile de Coron, -devenue très touristique- juste en face de la ville de Coron, située, elle, sur Busuanga. Elle ne peut pas se sécher, s'abime très vite et ne se déguste donc que super fraiche.

 

Le lato est largement consommé à Okinawa, l'île des super centenaires japonais (son nom: là-bas: umibudo).

 

depuis-aout-2012-0048.jpgSalade de lato, avec tomates, oignons et vinaigrette très légère à la Sirenetta, à Coron town, le seul endroit où je l'ai vue à la carte.

 

Son goût est ténu, mais la texture très amusante, avec le même effet pop up que lorsqu'on croque un œuf de saumon.

 


 


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Rédigé par venezia

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Publié le 2 Mars 2013

Je reviens d'un voyage aux Philippines dont je reparlerai probablement. Ce qui m'a vraiment marquée, c'est que:

 

 

Devant des paysages somptueux

 

P1010872.jpgCoucher de soleil à Busuanga

 

 

ou des mets délicieux

 

depuis-aout-2012-0065.jpgTempura de calamars (Sky restaurant, ville de Coron, Busuanga). Photo prise de nuit avec un ipod, d'où sa qualité médiocre, même cas pour la suivante.

 

 

 

Que font désormais les gens, quelque soit leur âge et même s'ils voyagent en couple ?


 

Ils sont rivés silencieusement à un écran…

 

 

depuis-aout-2012-0064.jpgA chacun son écran ( Sky restaurant à Busuanga)

 


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Rédigé par venezia

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Publié le 28 Septembre 2012

Je suis allée très récemment à Reykjavik où j'ai souvent pris le bus:


 

-pour aller voir des sculptures en plein air

 

P1000930.jpgSculpture du Sigurjon Olfasson museum

 

-prendre le bateau vers l'île de Viδey où Yoko Ono a installé son "imagine peace tower" à la mémoire de John Lennon . Tous les ans, du 9 octobre au 9 décembre, cette tour immatérielle illumine le ciel de Reykjavik d'une colonne lumineuse. Le site ici

 

P1000951.jpg Les faisceaux lumineux du mémorial partent deux mois par an du petit socle blanc que l'on distingue au milieu de la photo

 

- visiter le jardin botanique et son café installé dans une serre

 

P1010054.jpgle café serre au crépuscule


P1010060.jpgC'est la première fois que je voyais "pour de vrai" un pied de rhodiola, plante de zones froides, et très immuno-modulante.

 

-me balader un peu partout, en alternant avec la marche à pas vifs…

 

P1000966.jpg vieille maison dans Reykjavik

 


Dans l'un de ces bus, j'ai eu la surprise de découvrir des pièces de tricot et de patchwork au crochet qui habillaient les sièges, les appui-têtes, et même les barres.

 

P1000918.jpg

P1000919.jpg

 

Je n'avais pas réussi à résoudre l'énigme de ce bus tout tricot (je n'en n'ai rencontré qu'un) avant de lire un article du gratuit urbain The Reykjavik grapevine (selon les Islandais bien meilleur et plus tonique que les quotidiens. En anglais, c'est dans le n°14, téléchargeable ici).


 La clef du mystère : pour une "nuit culturelle", la compagnie de bus publics Stræto a demandé au collectif  "the Reykjavik yarnstormers" d'intervenir sur l'un de ses véhicules : 30 personnes ont donc tricoté et crocheté pendant six semaines avant de passer huit heures à tout installer.

Un de leurs projets précédents, nettement plus décapant, a échoué: poser un masque de batman (tricoté bien sûr) sur la statue du premier premier ministre islandais.

 

Depuis la crise de 2008, le tricot est redevenu une activité branchée en Islande où par le passé, hommes et femmes ont toujours tricoté (Lire ici).

 

Les installations sauvages de tricot de rue ne sont pas un monopole islandais. Pour ne citer que la France, le collectif France Tricot (voir ici ) s'amuse aussi beaucoup… 

 

Liens

 

Le blog (en anglais et en français) d'une passionnée d'Islande et de tricot, c'est ici

 

Bonnes lectures islandaises: les romans policiers d'Arnaldur Indridason qui tricote ses intrigues au petit point, difficile de lâcher quand on a commencé…  (chez Métaillé et en Points Seuil) et le très beau blog d'Eric Boury son excellent traducteur français (ici). 

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Rédigé par venezia

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Publié le 30 Août 2012

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Copenhague vit en vert: près de 40% des gens vont bosser en vélo, il y a 400km de vrais couloirs. C'est la ville au monde qui se nourrit le plus en bio (la moitié des cantines et restau d'entreprise sont bio, on en est loin ici… ) et  parcs et jardins sont omniprésents.

 

 

Ce qui m'a tapé dans l'œil après un week-end sur place:

 

*Des coiffeurs bio à profusion. Je n'ai pas eu le temps de tester…

 

 

 

*La folie des jeunes pousses


la taille au dessus des graines germées; on en trouve sur tous les plats des restaurants un peu branchés.


 

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Au nouveau marché couvert de Torvehallerne (à Israel Plads) ouvert en septembre dernier, un stand proposait avec succès de nombreuses variétés  de plants et de pousses.


 J'ai donc pu identifier celles que j'avais croquées ailleurs: des jeunes pousses de pois au goût très végétal, et d'un esthétisme spectaculaire avec leurs vrilles; ça m'a tant intriguée que j'ai cherché à quelle variété elles pouvaient correspondre; peut-être à des pois nains mangetout. 


 

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J'ai par ailleurs "brouté" -c'est vraiment le mot- un incroyable bouquet d'herbes aromatiques (chez Relæ, une brasserie sensationnelle pour son innovation qui n'oublie pas la gourmandise). J'explique. En apéritif, il s'agit d'avaler une bonne dizaine de pousses aromatiques liées en bouquet et de tout croquer. On hésite avant de s'attaquer aux feuilles. Surprise, elles sont légèrement salées et assaisonnées, et cachent entre leurs brins un délicieux hachis de pistaches. Je pense que je vais copier sans vergogne. 

 

* Une très jolie boutique de savons maisons d'origine suédoise:

 

La scandinavian soap factory avec présentation en cup cakes ou en pains décorés.

 

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lien ici

 

* D øp, un stand de hot dogs bio (pain, cornichons, saucisse, tout est bio et plutôt savoureux)

 

 

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* Des supermarchés bio à foison, (mais je n'ai pas eu le temps de vraiment explorer les rayons… ). Chez Irma, très ancienne chaine de magasins où presque tout est bio, j'ai quand même déniché des bonbons réglisse sans sucre. 


Copenhague est en effet le paradis de la réglisse sous toutes ses formes (salée, pimentée, en poudre… déclinée notamment par Lakrids). 

 

Et je n'oublie pas que Copenhague est la patrie d'Andersen, l'auteur de La princesse au petit pois (vert bien sûr… )

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Rédigé par venezia

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Publié le 27 Mai 2012

Le Queensland abrite des forêts primaires avec d'extraordinaires arbres millénaires.

 

 

Qu'est-ce qu'une forêt primaire?


C'est une forêt intacte depuis sa naissance dans la nuit des temps. On en trouve dans les zones tropicales mais aussi -des petits bouts- en Europe et même en France. (voir wikipedia par exemple ici). 

 

Pour le Queensland, on considère qu'elles datent de l'époque du Gwondana, cet imense continent qui recouvrait une partie du globe avant que les chocs des plaques tectoniques ne séparent les terres, ce qui a par exemple "poussé" loin dans l'hémisphère sud la Nouvelle Guinée, la Tasmanie, la Nouvelle Zélande… ou l'Australie. Ces territoires sont longtemps restés à l'écart des routes maritimes, ce qui, pour certains, a préservé leur biodiversité.

 

En Australie, où le capitaine Cook a débarqué en 1770 sur la côte du Queensland, les aborigènes vivaient en symbiose avec leurs terres et la végétation a échappé -par endroits en tous cas- à l'appauvrissement lié à au developpemeht de l'agriculture.


 

J'ai pu visiter deux types de forêts primaires dans le Queensland.

 

-Près de Brisbane, le parc national de Lamington, classé comme "forêt humide Gwondana", et qui appartient au patrimoine mondial de l'Unesco. 


-Plus au nord, près de Cairns, nous sommes passés  au dessus des cimes de la forêt (il s'agit ici de forêt primaire de zones humides) en télécabine…

 

Dans ces deux zones, les arbres sont d'une beauté fascinante.

 

C'est juste ce que je voudrais montrer ici en quelques images.

 


Parc de Lamington

 


 

P1000055.jpgLes racines sinueuses d'un Mararie  (Pseudoweinmannia lachnocarpa)

 

 

P1000051.jpgBlack Booyong (Argyrodendron actinophyllum) et figuier étrangleur entrelacés

 

 


P1000062.jpgOn l'appelle  black boy ( Xanthorrhoea Australis). Les aborigènes utilisaient tout ou presque. Le nectar  fournissait une boisson sucrée, la résine servait de colle, le tronc était taillé en lance. Il vire au noir (d'où son petit nom) lors des feux de forêt qui favorisent l'épanouissement de ses fleurs. C'est un arbre protégé  qui pousse très très  lentement.


 

 Télécabine de Kuranda, près de Cairns

 


 

P1000173.jpgLe parcours s'étire sur 7,5 km et fait deux haltes, d'où l'on peut se promener sur des passerelles aménagées dans la forêt. Ne pas  maginer que la cabine puisse tomber

 

 

 

P1000207.jpg N'étant pas sûre de l'identification des arbres… je m'abstiens…


 

P1000177.jpgPin kauri  (agathis australis) poussant droit vers le ciel

 

 

 

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Un calamus (palmier grimpant dont je n'arrive pas à trouver le nom complet en raison de la disposition singulière de ses redoutables épines


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Rédigé par venezia

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