Publié le 22 Juillet 2011

http://mamidoo.free.fr/html/gifs/animaux/insectes/abeille_45.gifUne brume dont le parfum a rendue folle une abeille qui m'a attaquée jusqu'à me piquer (dans le cou), grisée par l'odeur. Je me suis donc abstenue d'en vaporiser en vacances et j'ai attendu mon retour à Paris. Dommage, car elle donne une légère tenue aux cheveux, les fait briller, les hydrate, les nourrit … et effectivement, son odeur est délicieuse…

 

Je me suis inspirée de ma formule de lotion corporelle lactée et parfumée, très légère,  et j'ai rajouté de la gomme guar conditionnante pour l'effet anti statique et la tenue. Il y a un soupçon de phase huileuse car j'ai les cheveux secs, et des ingrédients pour nourrir et hydrater: aloes, hydro glycériné et céramides, de la camomille en He et en hydrolat pour son action sur la blondeur, de l'ylang tonifiant, également en He et en hydrolat.


La rose est là surtout pour son parfum et sa puissance énergétique, mais son hydrolat, astringent, a aussi une action antiseptique. Quant à l'HG de violette, son nom seul me fait déjà rêver…

 

http://safran2b.pagesperso-orange.fr/SmiliesKaos/pompom-jaune.gifBrume d’été pour cheveux clairs au wusulan

 

Pour 100g env;

 

Fouetter  17g d'eau (j'ai pris de l'eau de glacier) avec  0,5g à peine de gomme guar conditionnante, Garder à part.

 

Dans un bécher stérilisé, verser:

en gtes:

7 gtes HE camomille  matricaire

6 gtes HE camomille du Cap

3 gtes HE ylang

2 gtes HE girofle


Puis dans l’ordre, à respecter impérativement pour eviter le déphasage, et en touillant fort après chaque ajout:  

7g  ricinion

4g huile de  sapote

5g huile  parfumée au wusulan (voir ici)

10g HG de violette dans rose (merci Michèle)

4g teinture maison de roses de Roscoff à l’absolue de rose

10g jus d' aloes bio (en ampoule)

20g   hydrolat de camomille romaine

15g  hydrolat de rose de Damas

4 g hydrolat d‘ylang

3g D panthenol

1g ceramides

0,5g conservateur (geogard)

2gtes elixir de dauphin

 

Rajouter en dernier le mélange eau+gomme. Touiller.

 

P1220678.jpgformat voyage

 

On obtient un liquide blanc lacté à conditionner en vaporisateur. Le parfum tient très bien

 

 

L'huile de sapote, outre ses propriétés reconnues pour les cheveux (apaise les cuirs chevelus sensibles, tonifie, etc.  Elle est riche en omégas 9) possède un parfum d'amande très doux.

 

http://safran2b.pagesperso-orange.fr/SmiliesKaos/pompom-jaune.gif

Pour limiter l'excès de décoloration au soleil des cheveux, je cumule


-shampoing  solide pour cheveux blonds (recette ici) ,


-rinçage au vinaigre macéré aux plantes (avec curcuma, safran et camomille pour la blondeur, plus sauge, lavande, menthe poivrée, rose pour tonifier, ecorces de bergamote bio pour la brillance, dans du vinaigre d'alcool bio avec un peu de saké  pour une meilleure conservation), gélifié ou non selon le temps dont je dispose pour préparer (le départ en vacances fut une course contre la montre… je me suis contentée d'emporter un peu de vinaigre)

 

-et cette brume.

 


 


 


 


 

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Publié le 19 Juillet 2011

 

 

Au fil des années et des expériences, j'ai peaufiné les techniques.

 


 

Cette année à Fourni, j'ai ramassé du thym, du ciste, de l'origan, de la sauge, du jasmin, du myrte, des fleurs d'hibiscus, de la bruyère, des feuilles d'eucalyptus, des graines de belles de nuit … et des citrons.

 

Les hibiscus, la bruyère, l'eucalyptus, le myrte (et un peu de sauge) m'ont servi dans les expériences de teinture végétale, j'en reparlerai. 

 

P1220434.jpgle thym éxubérant

 

 Fleurs de thym

 

Enormes cette année, elles ressemblaient à des pompons violets.`


Je repère les buissons qui attirent le plus les abeilles, signe de maturité, et je ne prélève que les fleurs, d'un coup d'ongle. J'essaie de ne pas tout prendre sur un seul pied, pas trop difficile, Fourni croûle sous le thym. Nous ne récoltons que ce dont nous avons besoin pour l'année et pour en offrir aux amateurs.

Je glisse aussi des fleurs fraiches directement dans des petites bouteilles pour préparer ensuite  teinture et  macérat huileux.


 

Ça bourdonne sec, mais je ne me fais pas piquer, -sauf une fois cette année car j'ai fait la bétise de me parfumer les cheveux!- en général, je ne porte aucun parfum à cette occasion, et m'habille en clair.

Pour éviter toute fermentation, nous glissons au fur et à mesure la récolte dans des poches en papier kraft recyclées d'achats de fruits et légumes bio, je les apporte de France car sur l'ile, tout est vendu dans des sacs plastique! Sauf les œufs de ferme (que j'achetais par quatre seulement pour récupérer plus de sachets !) et les tiropitas, feuilletés au fromage,  mais ils graissent très vite l'emballage.

 

De retour à la chambre, j'étale la cueillette sur du papier; cette année, j'ai utilisé des petites serviettes de papier blanc. Je sépare au maximum les fleurs pour qu'elles sèchent plus vite; compter trois à quatre jours pour le thym environ. Ensuite, je range dans des sacs en papier ou mieux, des enveloppes en papier kraft en indiquant les lieux de cueillette car les parfums diffèrent.

 

Les fleurs séchées (conservées à l'abri de la lumière dans des boites en métal style boite à thé) s'utilisent émiettées sur des salades et sinon, elles s'ajoutent en fin de cuisson. Pour un usage thérapeutique, je préfère l'huile ou la teinture de thym, très costauds.  


Il s'agit du thymus capitatus, présent partout en Grèce (voir ici une description faite par des distillateurs en Crète).

 

Origan

 

Pour qu'il soit odorant, il faut le ramasser encore fleuri; c'est la première chose que j'essaie de faire en arrivant, car je débarque toujours sur l'ile en fin de floraison. Je connais deux ou trois coins. Je ne prélève que les ombelles fleuries, quand elles ont encore au moins un léger reflet bleu. En cuisine, je  trouve le parfum plus fin, moins virulent que celui du thym. On en met sur la feta par exemple, dans les court bouillons, sur une ratatouille.

Comme le thym, il faut l'ajouter en toute fin de cuisson. 


 

P1220463.jpgOpération séchage. En haut le thym, en bas de g à d; les fagots de ciste, de sauge, à droite les fleurs de jasmin étalées soigneusement

 

Sauge

 

Son odeur âcre incarne la beauté sauvage des îles grecques. Je la ramasse sur les buissons où les feuilles sont encore bien vertes, je coupe les branches que je peux sectionner facilement à la main. Ensuite, je les réunis par cinq ou six, puis je commence à peine à faire sécher (un jour suffit), avant de ficeler chaque fagot et de les ranger dans un tiroir regroupés et roulés dans du papier. La sauge sèche très bien ainsi en blanchissant et en se veloutant; les rameaux réunis au préalable sont plus faciles à transporter… et à offrir.


C'et une salvia triloba (sous-espèce de la salvia fruticosa). Voir ici, en anglais, un bel article sur cette sauge, rédigé par des distillateurs installés à Amorgos, île cycladique magnifique (où je rève de retourner après avoir découvert l'existence de ces producteurs!).

 

P1220612.jpg

Buisson de ciste avec toutes les cupules fanées à ôter après la cueillette…

 

Ciste

 

Ma technique: je tâte les buissons, et m'arrète aux plus collants, signe de présence de résine. En général, leur feuillage est d'un vert assez prononcé, et il reste les pédoncules secs et fanés des fleurs disparues. J'essaie de faire ça en plein soleil (disons même en plein cagnard… ) au moment  de la plus forte  exsudation.

Je cueille des petits rameaux que je nettoie tout de suite aux ciseaux en ôtant le bois mort, tout ce qui est desséché et je lie  six ou sept branchettes à la fois.Je laisse sécher quelques jours avant de ranger dans du papier.


J'ai vérifié l'incroyable puissance hémostatique du ciste cette année après avoir confondu le gras d'un de mes doigts avec une branchette, je me suis vraiment entaillé avec les ciseaux. Je râlais sec car j'imaginais devoir interrompre le nettoyage du ciste. Mais comme je manipulais les plantes, j'ai vu quasiment la plaie se refermer sous mes yeux et le sang arréter de couler; j'ai pu continuer sans souci.

 

Edit ajouté après la lecture d'un commentaire

 

Le ciste que je ramasse n'est pas celui (cistus ladaniferus) utilisé pour l'extraction de l'HE ou la récolte de sa résine, le labdanum. Le ciste de Fourni (probablement un cistus parviflorus) aux feuilles arrondies produit des petites fleurs roses. Celles du ladanifère sont blanches et les feuilles plus lancéolées. Néanmoins le ciste de Fourni dégage ce parfum résineux si caractéristique, secrète lui aussi de la résine.… et il est puissamment hémostatique.   

 

 

P1220457.jpgMes deux jasmins préférés…

 

Jasmin

 

Une école de patience. J'ai fait le tour des jasmins du village, en sentant les fleurs pour repérer les plus odorantes et pas trop exposées aux regards (même si je ne cueille que ce qui dépasse dans la rue). Je ramasse juste ce qu'il faut pour une macération et  cette année, un surplus à faire sécher. Pour la teinture, j'ai changé six fois les fleurs, j'ai arrété quand j'ai trouvé que ça "saturait". J'ai fait sécher le reste des fleurs en les étalant soigneusement pour qu'elles ne se touchent pas (ce qui signifie peu à la fois en raison de l'exiguité de la surface de séchage que j'avais à disposition) et j'ai été ravie de découvrir qu'elles conservaient quasiment leur couleur et beaucoup de parfum. alors  que celles que j'ai pu trouver à acheter n'ont jamais eu cette qualité.

 

Néanmoins, j'ai récolté une variété aux pétales assez fermes (j'en avais déjà parlé ici l'an dernier).  Ayant fait sécher une ou deux fleurs d'une autre variété plus molle juste pour voir (de toutes façons, c'était un jasmin impossible, placé sous le regard quasi permanent d'une rangée de commères papotant sur leurs chaises à l'heure de mes cueillettes), il m'a semblé que plus fragiles, elles s'oxydaient plus.

 

La moitié du sac de voyage sera occupée par ces moissons, même si elles restent modestes pour ne pas gaspiller des végétaux pour rien.

 


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Rédigé par venezia

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Publié le 18 Juillet 2011

 

P1220550.jpg

 

 

 

Quatrième séjour à Fourni, merveilleuse île grecque située entre Icaria et Samos

 

 

 

Au programme

 


 

Contemplation des paysages


P1220441.jpgUn résumé de l'île: les baies découpées, la garrigue, les petites routes qui piquent vers la mer, et au milieu  deux taches blanches, les silhouettes des apiculteurs vérifiant l'avancée de la production de miel de thym


 

Ramassage de ciste, sauge, citrons… 

 

P1220458.jpgLe village abrite une multitude de jardins qui croûlent de citrons… souvent trop hauts sur les branches qui dépassent des murs de clotures…

 

… Macérations diverses (mais j'avais vu juste pour l'alcool, j'ai dû passer au tsipouro, la gnole locale, que j'ai réussi à trouver brute, non parfumée à l'anis)

 

… Tests in vivo des recettes anti bobo de l'été (une abeille est tombée amoureuse de ma lotion parfumée pour les cheveux et me l'a fait savoir)

 

… Un peu de cuisine avec les produits locaux

 

P1220477.jpgune magnifique dorade rose dans son court bouillon démarré à froid


 

Essais de teintures végétales 


P1220481-copie-1.jpgJ'ai testé diverses plantes ramassées sur place sur du coton blanc avec la technique du tie and dye


 

Baignades dans une eau plutôt fraîche cette année


P1220594.jpgCrépuscule sur le port de Fourni, où l'eau est si claire qu'on s'y baigne; en face,  l'île de Thymaina.

 

 


 

Des lectures enchantées

 

Je conseille à tout le monde la lecture du Musée de l'Innocence du turc Orhan Pamuk (chez Gallimard), l'histoire d'un amour impossible (et pourtant, si il aurait pu l'être)  dans l'Istanbul des années soixante dix : finesse psychologique virtuose, analyse sociale sans concession mais sans donner de leçon, atmosphère merveilleuse (on y est, dans les yalis, ces demeures en bois au bord du Bosphore ou alors dans les cinés en plein air, les cafés bohèmes… ). Ça parle d'amour fou, du bonheur dans le malheur, de la mémoire, des femmes qui essaient de s'émanciper et trébuchent souvent. Un grand bonheur de lecture.

J'avais  déjà adoré Neige du même auteur, qui lui avait valu le Nobel.  


(ici, un article des Inrocks)

 

 


 

Et même des tête à tête avec la lune


P1220658.jpg


 


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Rédigé par venezia

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Publié le 30 Juin 2011

 

 

… en mode vacances jusqu'au 17 juillet

 

 

 

Portez vous bien

 

 


 http://mamidoo.free.fr/html/gifs/nature/temps/soleil/soleil_49.gifhttp://mamidoo.free.fr/html/gifs/nature/temps/soleil/soleil_49.gif

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Publié le 29 Juin 2011

 

Vu d'en haut et de loin, c'est violet pâle… 

 

 P1220309.jpg

Champs de lavandin, tôt le matin depuis une montgolfière (on en aperçoit une en contrebas)


 

P1220321.jpgToujours vu depuis une montgolfière, mais plus bas…

 

 

 

P1220324.jpgEncore plus bas… (près du village d'Ongles)

 

 

De plus près les couleurs s'intensifient

 

P1220411.jpgPlateau de Valensole

 


 

 

Peu de temps avant son complet épanouissement où les fleurs vont tirer vers le gris, le lavandin affiche les teintes les plus intenses. C'est l'une des plantes reines de Haute-Provence, où il est maintenant exploité et distillé de façon industrielle. 

 

Sur le plateau de Valensole, il y a au moins un distillateur, 

 

 


P1220422.jpg

Richard Gradian, le distillateur à l'ancienne

 

 

(et peut être plus d'un, mais je n'ai pas l'information) qui travaille encore à l'ancienne. C'est à dire qu"il laisse sécher les gerbes coupées, sur place entre les rangs, pendant trois ou quatre jours avant de les enfourner dans l''alambic.


 

P1220424.jpgLa distillation 2011 n'a pas encore commencé. Le distillateur a gardé des gerbes séches de l'an dernier pour alimenter les premiers feux

 

 

Après la distillation, les gerbes qui ont donné leurs parfums sont récupérées et serviront de combustible pour la distillation suivante. Chaque distillation dure une heure environ avec  5000l d'eau pour 700 à 800 gerbes de 3kg environ. L'hydrolat n'est pas récupéré. L'HE est mise en bouteille et vendue souvent au fur et à mesure après les distillations. (Je n'ai pas pu hélàs en acheter. La boutique était dans le village même et le temps manquait cruellement…)

 

Aujourd'hui, en revanche, quand ils sont exploités à grande échelle, les lavandins frais coupés sont livrés en camion, balancés direct dans les alambics. L'He et le parfum obtenus sont bien moins intéressants.

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Rédigé par venezia

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Publié le 23 Juin 2011

 

 

J'avais promis un savon au vétiver; je le voulais brut de brut… mais je n'ai pas resisté à l'agrémenter d'un papillon que je souhaitais bleu… et qui a fini par l'être… ouf, je n'y croyais plus…

 

http://mamidoo.free.fr/html/gifs/animaux/papillons/anipapillon03.gifJ'avais en main de la très belle argile bleue très pâle, que je voulais tester bravement dans un savon, sans trop savoir quelle teinte viendrait. J'ai pensé: avec du bleu, des éclats verts de savons précédents … parfait pour un savon au vétiver.


 

 

P1220239.jpgargile bleue+eau=rose mauve

 

Sauf que: dès que j'ai dilué un peu de cette argile avec de l'eau déminéralisée, le mélange a  viré au rose-parme presque fluo… Ouille… j'ai donc vite rangé mes copeaux verts et sorti les roses pour rester dans la nuance, pestant d'avoir à faire un savon rose pour du veti-vert.

Poussée par le démon de la curiosité qui ne me quitte guère, j'ai ajouté une pointe de couteau d'argile bleue dans la pâte…


 

P1220243.jpgtoujours du rose…

 

Pour le papillon, j'avais trouvé des petits élastiques bracelets en silicone (j'ai décou-vert l'idée ici sur le blog délicieux d'un garçon fou de savons… ). J'ai choisi de poser l'élastique sur la pate coulée et à peine solidifiée pour pouvoir colorer l'intérieur au pinceau avec l'argile bleue diluée. 

 

J'ai préparé un savon surgraissé à 20% car la pâte très grasse se démoule très facilement du plexi. Ne pas craindre de voir de la graisse perler au démoulage, elle sera réabsorbée dans les jours qui suivent.

 

Huiles

 

480g coco

60g beurre de cacao

60 g sésame bio desodorisée

une pincée d’argile bleu ciel dans les huiles

1g extrait CO2 romarin (également pour renforcer le parfum très herbacé des HE choisies)

 

Soude pour un surgraissage à 20 environ

eau 220 (déminéralisée+de glacier)


 mélange vers 39-40°

 

A la trace assez épaisse pour que les copeaux ne coulent pas au fond:


-copeaux de savon rose brique dispersés au fur et à mesure


 -Parfum

28g HE vetiver

2g HE sauge sclarée comme fixatif 


-une belle cuil à soupe de crème fraîche


 

P1220246Ça chauffe dur  … et dire qu'on appelle ça la phase de gel

 

J'ai posé sur le dessus trois bracelets en silicone et j'ai peint à l’intérieur. Quelques heures plus tard, j'ai assisté à la plus belle phase de gel que j'ai jamais pu observer  depuis que je fais des savons. La teinte était presque rouge, mes dessins à l'argile se confondant avec la couleur de la pâte.

 

J'ai coupé des blocs (le destinataire veut des "gros savons") un peu de traviole d'ailleurs et débité une partie en tranches.

 

J'ai posé le tout sur un plateau dans mon bureau qui depuis embaume le vétiver. Et pendant quelques jours, ayant plein de trucs à faire, je n'ai plus regardé.

Immense surprise cet après midi. J'ai découvert que l'argile des dessins… était redevenue bleue.

 

P1220255.jpgAbracadabra, les papillons sont bleus…


http://mamidoo.free.fr/html/gifs/animaux/papillons/anipapillon03.gifLa pâte qui sent très bon reste plutôt beige, par endroits presque translucide, et surtout très roots… malgré les papillons et la fleur bleus.

 

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Rédigé par venezia

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Publié le 19 Juin 2011


  

Suite et fin…  J'avais déjà évoqué l'extraction de l'absolue que j'avais découverte lors d'une visite à Grasse, voir ici. J'avais fait des photos car c'était spectaculaire. En Turquie, la quantité traitée est plus grande, le matériel, plus volumineux, ne laisse pas découvrir le moindre pétale. J'ai donc rangé mon appareil.

 


 

P1220105.jpgOn aère les roses pour mieux les sécher avant de les utiliser

 

La méthode est identique. On mélange des roses très fraichement cueillies, sans trace d'humidité avec de l'hexane, un hydrocarbure.

   

Pourquoi l'hexane, solvant délicat à manipuler car très volatil et très inflammable (on éteint sa cigarette, SVP) et pas un autre produit?


 L'hexane, disent les pro, extrait assez de molécules pour qu'on puisse s''approcher du parfum d'une rose, plus que ne le permet une distillation à la vapeur d'eau. C'est pour cette raison d'ailleurs que l'absolue sent plus la rose que l'HE.


En Turquie, on compte 500kg de pétales pour 2000l de solvant avec lequel on va laver trois fois les fleurs. On distille 90% de cet hexane et on concentre le reste sous vide, ce qui permet d'obtenir la concrète, mélange pâteux de cire et d'absolue, que l'on va purifier de l'hexane restant.   

 

Etape finale:  extraire l'absolue de la concrète. On la distille avec de l'alcool à 95 puis on refroidit très fort, on filtre et on redistille pour éliminer l'alcool résiduel. On obtient 600g d'absolue pour 1 kg de concrète, le reste est la cire florale de rose. L'absolue est un produit plus fragile que l'HE. J'ai  appris que mieux valait la garder au froid.


Son parfum très net, sans fioriture, correspond à l'idée que l'on se fait de l'odeur d'une rose.


 

P1220119-copie-2.jpg

L'absolue, sombre, l'huile essentielle  très pâle, et au premier plan, un petit pot de concrète

 

 

Il faut 400kg de pétales pour obtenir un kilo de concrète et donc 600g d'absolue, bien moins que pour obtenir la même quantité d'HE. L'absolue de rose de Damas est un peu moins coûteuse que l'huile essentielle, même si l'hexane et les différentes manipulations ont un coût. De même que l'on recycle l'eau de rose des distillations, on réutilise l'hexane pour des extractions ultérieures.


Le mot absolue (ou absolu, on trouve les deux orthographes) vient de l'expression "essence absolue" soulignant une caractéristique du produit: il se dissout complètement dans de l'alcool éthylique.

 

 

Des liens


Sur le procédé: ici


Sur les solvants: article de vulgarisation très clair ici

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Rédigé par venezia

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Publié le 15 Juin 2011

 

 

on distille les pétales à la vapeur d'eau en deux temps pour obtenir l'huile essentielle.

 

P1220108.jpgAlambic de cuivre à l'ancienne, il ne sert plus.

 

  Il existerait encore un ou deux vieux paysans distillant les roses à l'ancienne, dans un petit alambic de cuivre. Comme j'ai eu la grande chance de rencontrer par hasard sur place un érudit en  matière de distillation, je ne me  suis pas privée de le bombarder de questions.

 

 

La distillation à l'ancienne, telle qu'on la pratiquait jusque dans les années 60.

 

On verse dans un alambic de cuivre de l'eau de source et des roses fraîches (15kg de fleurs pour 45kg d'eau) et on chauffe au bois. La vapeur dégagée est condensée et recueillie; dès qu'on a distillé 8kg d'eau, ce qui prend environ trois heures, on arrète de façon à pouvoir rincer plus facilement la cuve de ses pétales.On recueille 20% d'huile essentielle, à ce stade, un liquide un peu épais et foncé. 

 

Puis on redistille l'eau chargée de molécules odorantes, trois heures à nouveau, pour  extraire le reste d'huile essentielle, un liquide bien plus pâle et fluide. On assemble les deux extractions successives au final.

 


Aujourd'hui

 

P1220111.jpgUne partie de l'appareil à distiller au premier plan et au fond, la provision fraiche de roses

 

Le processus reste le même, mais les appareils ont changé. Ils sont bien plus volumineux et  fabriqués en acier. On utilise 1300kg d'eau pour 700kg de roses.

On arrète la distillation à 500l d'eau. On recueille à ce stade une première fraction d'huile essentielle, -les molécules les plus lourdes sortent en premier-, dans un essencier, en veillant à conserver la température à 30° environ pour eviter que les paraffines présentes ne figent.

 

 

P1220114Le disque foncé au dessus de l'hydrolat est la fraction d'HE obtenue lors de la première distillation.

 

 

Puis on redistille dans un autre appareil pour extraire les molécules les plus légères de l'eau de rose encore saturée. Au final, on réunit les deux fractions successives d'HE comme on le faisait déjà avant.

On obtient 1 kg d'HE pour 4 tonnes de fleurs, mais il en faut parfois plus, jusqu'à 7 tonnes.

 

Le parfum d'une HE de rose turque


Elle devrait avoir une note de liqueur de griotte, légèrement sirupeuse. La nuance alcoolisée (jusqu'à 3% d'éthanol au final) fait la typicité de cette HE. (Les roses bio distillées auraient, elles, une note plus métal).


Pour obtenir cet accent alcoolisé, on laisse légèrement fermenter les roses fraiches en les conservant enfermées dans leur grand sac de cueillette matinale jusqu'à la distillation qui ne démarre qu'à 13 heures. En fait, ce sont les habitudes traditionnelles qui ont instauré cette façon d'agir. Quand il y avait trop de roses récoltées, elles devaient attendre leur tour de passage dans l'alambic, parfois très, sinon trop, longtemps… C'est ce qui est à l'origine de cette senteur particulière, aujourd'hui recherchée, et devenue la caractéristique de l'HE de rose turque.

 

 En Bulgarie en revanche (je n'y suis pas encore allée), on distille les fleurs dès 8 heures du matin, et le parfum obtenu est à la fois plus fruité et plus floral. Il a vraiment ma préférence. Je trouve l'HE turque nettement plus herbacée.

 

L'alcool présent dans l'HE la rend très légèrement soluble dans l'eau, à hauteur de 0,4g/litre.

 


Suite et fin de l'épisode des roses turques avec le prochain article consacré à l'absolue.

 


 

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Publié le 14 Juin 2011

 

 

… il y a de véritables champs de roses.


 

P1220079.jpgEn arrière plan on aperçoit le lac de Burdur

 

C'est le territoire des damascena qui apprécient l'altitude, les sols un peu caillouteux et bien drainés et surtout un petit vent qui sèche vite les feuilles entre deux averses (fréquentes au printemps), ce qui limite les maladies fongiques. "La rose aime la fraîcheur" disent les spécialistes. Ces conditions favorables se retrouvent en Bulgarie dans la région de Kazanlak.

 

Non loin d'Isparta, aux alentours des lacs de Burdur et d'Egyrdir prolifèrent donc des petites propriétés qui font de la polyculture (roses, mais aussi tomates, arbres fruitiers ou même pavots blancs pour la pharmacie). La récolte des roses dure un mois environ. Cette année, elle a débuté le 16 mai, avec près de deux semaines de retard. 


 

P1220081.jpgRose chiffonnée par la brise en sa belle maturité. Rose se dit gül en turc (et gulab, pas très loin,  en hindi… ).

 


Prètes à être cueillies, les roses au cœur jaune sont bien roses. Quand leur couleur pâlit, c'est trop tard. Les bourgeons sont les plus gorgés d'huile essentielle, mais on attend qu'ils s'épanouissent un peu, sinon, les rendements seraient vraiment trop faibles. Il faut  compter de 6000 à 7000kg de fleurs pour un kg d'HE bio.

 

  P1220086.jpgLes fleurs sont entassées dans de grands sacs au fur et à mesure

 

 

Des saisonniers nomades -beaucoup de femmes- ramassent.Ils sont payés au poids. La technique: couper nettement en pinçant la tige juste sous la fleur. La récolte doit être menée très régulièrement. Les arbustes qui peuvent vivre 70 ans conservent ainsi leur vigueur et  les pétales leur richesse en parfums.


La région attire les amateurs de rose: des firmes de Grasse comme Robertet, des  producteurs d'huiles essentielles tel Biolandes; Lush s'y fournit en absolue de rose et Weleda y a converti une bonne centaine de producteurs à la biodynamie. On voit donc de nombreux insectes folâtrer sans souci.

 

Toutes les roses ramassées le matin doivent être traitées dans la journée. Les fleurs sont entassées dans d'énormes sacs.

 


P1220090.jpgSacs au pesage

 

Si elles sont utilisées pour obtenir de l'huile essentielle, les roses resteront enfermées dans ces sacs jusqu'à 13h, début de la distillation. Elles démarrent ainsi une légère fermentation qui va jouer sur le parfum, particularité de la méthode  turque.

 

Pour l'élaboration de l'absolue en revanche, on veille à ne pas laisser fermenter et on aère les fleurs jusqu'au début de l'extractionc

 

Affaire à suivre donc, pour la distillation de l'He et l'extraction de l'absolue…

 

et spécial dédicace à Mlk:

 

P1220103.jpg

 

oui, je me suis roulée dans les pétales…

 

 


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Publié le 13 Juin 2011

 

 

 

http://mamidoo.free.fr/html/gifs/nature/fleurs/rose/rose_04.gifJ'ai eu récemment la chance de voyager au pays des roses turques, dans la région d'Isparta, près des monts Taurus.


 

P1220097On y cultive à grande échelle des roses de Damas, très parfumées, utilisées pour produire huile essentielle, absolue et hydrolat.

 

Avant de raconter ce que j'ai appris des techniques d'extraction du parfum, un petit tour dans la ville d'Isparta, qui voit vraiment la vie en rose.

 


 

P1220124.jpgLa ville croûle en effet de boutiques qui déclinent la rose de toutes les manières…


 

 

P1220127.jpgLotions et crèmes réunies en paquets cadeaux sont présentés dans des nuages de tulle… rose bien sûr

 


 

P1220166Il y a des produits miracle en solde (sur fond de confiture de rose)

 

 


 

P1220154.jpgOn a vraiment l'embarras du choix: des vitrines comme celles-là, on en découvre des dizaines



 

 

P1220156.jpgEt même les patisseries jouent le jeu du rose ( bonnes idées pour des savons kitsch?  )

 


 

P1220169.jpgJe n'ai pas eu le temps d'y goûter…

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Rédigé par venezia

Publié dans #en balade… naturelle ou botanique

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