Publié le 16 Octobre 2017

 

La coing est l'ami de l'automne … mais l'ennemi de la découpe, car sa peau est dure à entamer.  Pourtant, l'effort est payant: une compote de coings aux épices est un délice parfumé. 

 

J'ai beaucoup pratiqué la gelée et la pâte de coing (voir ici) . Je voulais cette fois réaliser une simple compote. En recherchant sur le net, j'ai  constaté avec surprise qu'à peu près toutes les recettes se terminaient par "mixer les fruits cuits"… Or une compote qui préserve la structure des fruits me paraît plus intéressante, au goût comme à l'œil.

Je me suis inspirée d'une recette turque de coings confits qui me parlait ici.

Pour un coing -non traité- de 500g environ (ajuster les mesures selon le poids des fruits)

25cl d'eau

2 clous de girofle

un demi-bâton de vanille

un bout de cannelle de Ceylan (en bâton, compter la taille d'une phalange)

8 grains de poivre noir

un citron bio

100g de sucre (au minimum)

carré de gaze stérile

Prélever une bande de zeste du citron, la blanchir deux fois 5mn pour atténuer son amertume

Couper le citron en deux

Déplier la gaze sur le plan de travail

Peler les coings (j'utilise un pèle-tomate) et citronner la chair au fur et à mesure avec un demi citron pour éviter le noircissement. Poser les pelures dans la gaze.

Couper le fruit en deux (j'ai employé… une petite machette, rapportée de Thaïlande). Ôter ce qui est possible du cœur. Poser les trognons dans la gaze et la nouer. 

Puis débiter le coing en tranches pas trop épaisses. Supprimer si nécessaire ce qui reste du cœur (dur) à chaque tranche. Citronner au fur et à mesure.

Poser les tranches dans une casserole, ajouter le nouet de gaze, le jus du demi-citron restant, le zeste, les épices (girofle, vanille, cannelle, poivre) l'eau et le sucre, mélanger le tout avec une cuillère en bois.

Cuire  sans couvercle et à feu assez vif en remuant régulièrement. Au bout de 20mn goûter et rajouter si nécessaire un peu de sucre, selon l'acidité des coings.

Compter environ 35mn de cuisson (selon la qualité des fruits). Les tranches doivent bien rosir. Arrêter la cuisson quand elles sont devenues très souples (mais non défaites). 

 

Les disposer dans un plat, si possible transparent pour pouvoir admirer les tons rose orangé doré des tranches…  Ôter les épices et le nouet.

Servir frais, éventuellement avec de la crème, mais pas obligé. La compote, très parfumée, conserve le léger granulé de la chair. 

 

Vive l'automne, ou plutôt ces jours ci l'été indien…

 

Au bois de Vincennes

Pour les amateurs de coings, une magnifique source d'inspiration: les recettes du blog Olhar feliz sur le sujet (en version sucre, salée, etc. il y en a pour tous les goûts) :

C'est ici

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Rédigé par venezia

Publié dans #notes sucrées

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Publié le 28 Septembre 2017

 

Selon l'éditeur, mon livre "Parfums faits maison" devrait être disponible le 13 octobre aux éditions Marie-Claire. Pour donner une idée des recettes proposées, en voici une très facile à réaliser, et dont le résultat me plait beaucoup. 

 

Brume aux épices pour la cuisine

Pour une cuisine, il me parait raisonnable de choisir des odeurs "comestibles", ce qui évite de contrarier ses narines… 

Je me suis inspirée de la recette d'une eau de toilette donnée dans un livre dont j'apprécie nombre des formules: Perfumes, splashes & Colognes de Nancy M. Booth (Storey books). Il s'agit d'une macération d'épices dans de l'alcool. J'ai ajouté une HE, ajout non obligatoire, tant le mélange est odorant, mais utile si on cherche un effet antiseptique. 

Choisir un degré d'alcool convenable pour la macération, si possible 60° (en tout cas 40° minimum), ce qui favorise la bonne tenue du parfum.

Première étape

100 g de vodka à 60° 

(Je m'en fais rapporter quand des amis vont dans des pays nordiques. On trouve plus facilement de la vodka à 50°)

 1/5 de noix muscade 

½ bâton de cannelle

1 cuillerée à café de graines de coriandre

Le zeste du quart d’une orange (bio, savonnée, rincée et séchée au préalable)

½ feuille de laurier

9 clous de girofle

 

 Petit mortier indien en acier

 

Concasser grossièrement la muscade, la cannelle, le laurier, les clous de girofle et la coriandre dans un petit mortier (ou mixer très brièvement le tout dans un moulin à café). Ne pas réduire trop finement pour pouvoir obtenir un liquide limpide après filtration. Placer le tout dans un bocal désinfecté. Ajouter le zeste d’orange prélevé sans le blanc à l’aide d’un pèle-tomate et débité en petits segments.

Recouvrir de vodka.

Fermer et placer le bocal à l’abri de la lumière pendant deux semaines environ, en le secouant à intervalles réguliers.

Filtrer à l’aide d'une passoire tapissée de gaze.

Seconde étape

20 gouttes d’huile essentielle de pamplemousse

100 gouttes de Solubol 

Compter les gouttes d’huile essentielle dans une coupelle. Les diluer avec le Solubol à l’aide d'une baguette. Verser dessus un peu de la teinture d’épices filtrée, bien remuer, et reverser le tout dans le bocal de teintures. Bien mélanger et conditionner en vaporisateur. Pour une harmonisation du parfum, laisser encore macérer quelques jours avant d’utiliser ce mélange.

L'huile essentielle de pamplemousse a des propriétés désinfectantes, je trouve son parfum plus doux que celui du citron, huile essentielle que l'on peut aussi utiliser. 

 

 

                                                                              La couverture du livre

J'avais indiqué une autre recette du livre en juin dernier sur ce blog.  La brume de sommeil à la fleur d'oranger, c'est ici

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Rédigé par venezia

Publié dans #parfums

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Publié le 4 Septembre 2017

Voici donc une formule pour le visage, avec peu d'ingrédients, mise au point pour cette copine qui utilisait un cérat, trop lourd  en été. 

 

 

J'ai réalisé divers essais, dont le premier avec de l'acide hyaluronique, ingrédient anti-ride très performant, mais la réalisation pose un petit problème. Je m'explique: il faut mettre l'acide hyaluronique en poudre à gonfler dans de l'eau, ce qui forme un gel mais pompe pas mal de liquide, et je trouve qu'il n'en reste pas beaucoup pour bien "monter" une crème à l'Olivem.  Aroma zone conseille d'incorporer l'acide hyaluronique laissé en poudre à la fin, mais ayant déjà testé cette méthode, je trouve que le résultat n'est parfois pas totalement homogène. AZ suggère également de diluer au préalable la poudre dans un soupçon de glycérine, je testerai.

Peut-être devrais-je essayer avec du gel d'acide hyaluronique (qui aurait un effet plus anti ride qu'hydratant). Voir l'article de Michèle sur le sujet ici

 

La  crème est très fraiche à l'aplication

Essai 1 avec acide hyaluronique (en % ou en g sur 100g)

 

5% Olivem

0,5%  acide hyaluronique

10%  gel d'aloe vera

38,5%  eau

10%  hydrolat de bambou (matifiant)

30%  huile à la rose musquéeet à l' immortelle) (Puressentiel)

4%  Pansamiel (Ballot-Flurin)

0,6%  cosgard

0,4%  HE: 7 gtes géranium, 5 bois de ho, 3 CO2 argousier

 

 

Pour les deux essais suivants, j'ai diminué la quantité d'huiles  (j'ai fait des essais avec diverses huiles), varié les hydrolats, etc. 

 

Essai 2 sans acide hyaluronique (en % ou en g sur 100g)

 

Phase 1

5%  Olivem

24%   huiles: 17  avoine+  7 macadamia

+ 1%  vit E (l'huile d'avoine, très apaisante,  est relativement fragile, la vit E ralentit son oxydation)

 

Phase 2

44,5%  eau de Volvic (pH 7)

10%  hydrolat de bambou

 

Phase 3

0,5%  Elixir gelée royale (Ballot-Flurin)

10%  aloe vera gel

4%  miel de maquis (merci, Catherine)

0,4 % HE (3 gtes  CO2 argousier,  5 gtes HE bois de ho, 7 gtes HE géranium)

0,6%  cosgard

 

 

Essai 3  avec hydrolat de rose (en % ou en g sur 100g),

celle préparée avec ma copine qui en est ravie 

 

Phase 1

5% Olivem

25%  huiles:  18 % jojoba + 7%  macadamia (deux huiles stables, au toucher "sec" et adaptées à toutes les peaux)

 

Phase 2

45%  eau de Volvic

10%  hydrolat de rose de Damas (note fraiche-fleurie, effet légèrement tenseur)

 

Phase 3

10 % aloe vera gel

4%  miel de maquis

0,4%  HE (idem:  3 gtes CO2 pulpe d'argousier, 5 gtes HE bois de ho, 7 gtes HE geranium)

0,6%  cosgard

 

Mettre dans un récipient stérilisé la phase 1: eau+ hydrolat

 

Dans un autre récipient stérilisé, la phase 2 : olivem+ huiles + eventuellement vitamine E

 

Faire chauffer les deux récipients au bain marie, jusqu’à fonte totale de l’Olivem

 

Verser la phase 1 sur la 2,  touiller au fouet magique en accélérant le refroidissement du mélange sur fond d’eau froide.

 

Ajouter le reste: le miel, l'aloe vera,  éventuellement un élixir, le conservateur Cosgard, les HE. 

 

Touiller au fouet magique, puis mixer au Bamix ou avec un autre mixer puissant.

On obtient une crème à la consistance de crème fraiche un peu épaisse.

 

 

*Pour le premier essai: faire gonfler l'acide hyaluronique dans l'hydrolat + au moins 10g d'eau, et ajouter ce mélange à la fin avec le miel et les autres ingrédients qui ne doivent pas chauffer. Il faut donc confectionner la crème avec le reste d'eau au préalable.

 

PS j'ai testé également cette crème avec plaisir. L'ajout de miel et d'aloe contribuent probablement à une bonne tolérance à l'Olivem que je ne supportais pas auparavant.

 

 

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Rédigé par venezia

Publié dans #cremes - serums - etc…pour le visage

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Publié le 3 Septembre 2017

 

J'ai planché cet été pour une copine qui voulait des formules simples. J'en ai mis deux au point, l'une pour le corps, l'autre pour le visage

 

Première recette: pour le corps.

J'ai erré sur internet, sur mon blog, sur Potions… pour finalement adopter une recette du site d'Aroma Zone. Je trouve souvent que les recettes d'AZ sont trop chargées en émulsifiants, mais là, ça a fonctionné parfaitement.

Quand je regarde un produit ou une recette d'AZ, je consulte toujours soigneusement les commentaires. Pour cette formule et pour le gel d'aloe lui-même, c'était archi-positif.

La formule d'AZ:

Gel d'aloe vera 67%

huile de melon du Kalahari 20%

gélisucre 8%

actif hydratation intense 3%

fragrance aqua'zen 2%

Les avantage de cette formule:

- elle se fait à froid et one pot

-pas besoin de conservateur puisque le gel d'aloe en renferme déjà

-il suffit de touiller à la main

Mes deux variantes:

1° test sur 50g

33,5g gel d'aloe (67%)

 

10g d'un mélange d'huiles déjà préparé (immortelle-rose musquée) Puressentiel (20%)

 

4g gélisucre ( 8%)

 

1,5g Pansamiel (3%)

 

 1g HE+CO2 (2%),  soit:

3 gtes CO2 pulpe d'argousier (Bilby and Co)

2 gtes HE de poivre noir

10 HE de patchouli

15 HE d'ylang ylang

 

J'ai donc remplacé l'huile de melon par un mélange régénérant déjà préparé et à la composition impeccable, ce qui sophistique la formule … sans efforts.

La composition du mélange: huiles essentielles bio d'immortelle, de géranium rosat, de lavande vraie et d'ylang ylang. Huiles végétales bio de rose musquée, onagre, bourrache, sésame.

Pour 100ml, le flacon est un peu plus cher que l'huile de melon d'AZ mais avec un plus régénérant. Le parfum est léger.

J'ai remplacé l'actif par du miel, également hydratant. Dans mon premier essai, j'ai testé avec du Pansamiel de Ballot Flurin, dont j'apprécie la fluidité et la pureté; dans le second, avec un bon miel de mon placard.

Enfin, j'ai préféré employer des huiles essentielles plutôt qu'une fragrance, pour le parfum comme pour l'ajout de principes actifs.

Le CO2 de pulpe d'argousier est un merveilleux réparateur, même à faible dose et il colore le lait juste ce qu'il faut pour le plaisir des yeux. 

Pour le parfum, j'ai réuni un trio que j'affectionne : ylang-patchouli-poivre. Ylang et patchouli ont des propriétés régénératrices et le poivre (à faible dose ici) est anti-fatigue. Le résultat est capiteux, et je savais que ma copine n'en serait peut-être pas fan. Je lui ai donc proposé une autre composition réparatrice, plus discrète, que j'utilise dans mes baumes cicatrisants. 

 

2° test sur 100g

 

La formule reste identique (en multipliant les quantités par deux, bien sûr). J'ai juste remplacé le Pansamiel par un excellent miel de maquis (offert par Catherine) et comme le lait était sur 100g, voici les doses d'HE proposées:

-30 gtes HE de lavande (Lavandes et Cie),  15 gtes HE  bois de ho (Bilby and Co), 15 gtes HE de géranium bourbon.

 

Procédé

 

Il est simplissime. On verse tous les ingrédients (sauf le CO2 d'argousier)  dans un récipient stérilisé. On touille avec un fouet magique. Quand le mélange a pris (c'est très rapide) on ajoute le CO2 qui colore et on touille jusqu'à l'homogénéisation complète de la couleur. Ce truc permet de vérifier qu'on a assez remué. C'est tout. On obtient un lait fluide, facile à conditionner en flacon avec bouchon verseur et très frais à passer sur le corps.  

La texture est parfaite pour l'été. Affaire à suivre pour l'hiver…

 

Pour mon premier essai, j'ai conditionné en pot (pour faire vite… )

 

Note sur le gélisucre:

 

J'ai réalisé de nombreux essais avec cet émulsifiant qui, dans d'autres compositions, est parfois plus difficile à mater. Il s'agit d'un dérivé d'ester de sucre, il est certifié bio et convient aux peaux sensibles.

Ce baume au gelisucre, réalisé par Michèle sur Potions m'a beaucoup inspirée dans mes essais antérieurs. Sa texture est superbe, je l'ai souvent refait, en le ratant parfois car il faut impérativement introduire l'huile petit à petit comme pour une mayonnaise! J'ai longtemps fabriqué mon démaquillant ainsi.

Deux autres formules renfermant du gélisucre et publiées sur ce blog : 

*Un lait corporel au gélisucre et à la teinture de savon ici

*Un fluide solaire pour le visage associant P3R et gélisucre ici

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Rédigé par venezia

Publié dans #laits - beurres - crèmes corporels

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Publié le 30 Août 2017

 

J'ai découvert qu'il y avait un (modeste) musée du parfum à Venise. Modeste par sa taille, mais intéressant.

 

Le palais Mocenigo dans le quartier de Santa Croce abrite en effet quatre salles dédiées à l'histoire du parfum. (Les autres sont consacrées à des tableaux, costumes, vaisselles du XVIII° siècle vénitien). Ne pas se tromper d'adresse, ce qui m'est arrivé car Il existe plusieurs palais Mocenigo, du nom de l'une des grandes familles vénitiennes ( plusieurs branches et sept doges au compteur… ). Un seul, transformé en musée, est ouvert au public. 

Une salle présente 24 matières premières que l'on peut renifler en baissant son nez vers des flacons de Murano. Elles sont classées par familles: notes boisées, florales, d'agrumes, etc. Rien de spectaculaire, mais les odeurs sont bien au rendez-vous. Les ingrédients les plus rares (et aujourd'hui quasi introuvables): musc, civette, ambre gris, sont conservés dans des vitrines.

Une autre salle met en scène avec cornues et flacons le laboratoire d'un parfumeur de la Renaissance. On peut également regarder une vidéo sur l'histoire du parfum à Venise (en italien, anglais ou français). Je ne vais pas me lancer dans un cours, juste rappeler que Venise, pionnière du commerce au loin, fut, dès le Moyen Age, la première ville européenne à recevoir et proposer des produits exotiques dont les épices et les matières premières parfumées. 

Le musée possède aussi un "orgue à parfums" du XIX° siècle, très bien fourni. Les flacons renferment, si l'on en croit les étiquettes, notes de synthèse et huiles essentielles. Je ne sais pas s'il a réellement servi mais il affiche une belle patine.

 

L'orgue en noyer

Le musée exhibe également le plus ancien livre dédié aux parfums publié à Venise en 1555.Il existe très peu d'exemplaires dans le monde du Notandissimi secreti de l'arte profumatoria  de Gioventura Rosetti. On peut le consulter sur internet (comme la plupart des ouvrages anciens, je tiens à le souligner, vive la numérisation!)  

Voici le lien: ici

J'ai également découvert le blog d'une Britannique qui s'est essayée à refaire des recettes du livre, notamment un savon de refonte à la rose! 

C'est ici. 

Ce qui m'a le plus intéressée au palais Mocenigo, c'est l'exposition temporaire. Mise en scène comme un cabinet de curiosités, elle est consacrée à des flacons de parfum insolites, provenant d'une immense collection particulière, 3000 exemplaires réunis par une collectionneuse  allemande Ursula Storp pour un musée privé ouvert à Zurich en 1970. ( Le Musée du jouet de Bâle doit en exposer très prochainement. Voir ici pour découvrir quelques flacons de plus) .

Une sélection de  mini-flacons vus au palais Mocenigo. Je les trouve très inspirants pour leur originalité. 

 

Une de mes préférées, une mini chaise à porteurs

Un vrai marron transformé en flacon 

Un faux œuf de caille plus vrai que nature

Une souris et une cacahuète en argent, pouvant chacune abriter du parfum

 

Un hanneton… avec bouchon!

Mini-fruits et légumes en faience

 

Je ne sais pas trop si les photos étaient ou non autorisées,  je ne me suis pas cachée  pour les faire.

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Rédigé par venezia

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Publié le 24 Juillet 2017

Le shampoing solide. la poudre de pivoine et le hina
Le shampoing solide. la poudre de pivoine et le hina

Le shampoing solide. la poudre de pivoine et le hina

Il m'est arrivé un drôle de truc avec une huile pourtant bio, et pourtant capillaire ( avec peut-être trop d'HE?) du commerce: des démangeaisons redoutables, à me réveiller la nuit. J'ai  même dû laver sévèrement oreillers et brosses . Tout rentre peu à peu dans l'ordre (au bout de près de trois semaines quand même…… ), probablement grâce à la poudre de pivoine. 

 

Je n'aime pas trop fabriquer des produits pour les cheveux. Je me contente en général d'enduire ma crinière d'huile la veille au soir du shampoing (mon huile indienne sans HE étant terminée, j'ai testé une huile qu'on m'avait donnée ). Puis je lave le lendemain avec un shampoing du commerce à peu près correct que je dope avec de l'HE d'ylang et basta. 

 

 

Je n'avais même plus de shampoing liquide sous la main. 

 

Je me suis alors souvenue:

-que j'avais souvent fait pour partir en voyage des shampoings solides qui fonctionnent bien (en général, la flemme d'en refaire…)

-que j'avais une boite toute neuve de poudre de pivoine jamais testée…

 

J'ai donc mis au point d'abord un shampoing solide (que je laisse pauser deux ou trois minutes). Il mousse très bien, calme de façon magistrale et un shampoing suffit. 

Voici sa formule:

 

Shampoing solide apaisant à la poudre de pivoine (sur 100g)

 

Mettre impérativement un masque lors de sa réalisation  car les poudres de tensio actifs sont irritantes. J'utilise aussi des gants.

 

Phase 1

10g eau mont Roucous

35g SCS (sodium coco sulfate)

10g SLSA (sodium lauryl sulfoacetate)

Ecraser le tout au pilon.

Ajouter:

Phase 2

5g sodium cocoyl glutamate (TA liquide)

5g beurre de cameline maison 

10g huile d'hibiscus

4g huile de ricin

5g monoi (un délicieux cadeau de Michèle)

Faire fondre le tout au bain-marie en touillant bien

Ajouter ensuite:

Phase 3

10g poudre de pivoine

5 g soie d’avoine

bien touiller après chaque ajout.

Phase 4

Ajouter 30 gtes d’HE de Hina

Bien touiller, tasser dans des moules en silicone (deux m'ont suffi)

Mettre au congélateur

 

Démouler et laisser sécher (une journée a suffi).

 

Il y a donc  60% de tensio actifs, environ 10% de plus que dans les shampoings solides que je fabriquais il y a quelques années (pas avec exactement les mêmes tensio-actifs) et qui me convenaient. Voir ici par exemple. J'ai compensé au augmentant la quantité de gras, 24%, sans graisser les cheveux au final.

L'huile d'hibiscus est recommandée pour les cheveux secs et colorés.  On ne présente plus celle de ricin bonne pour tous les poils si je puis dire. Le monoï fait aussi partie de la panoplie beaux cheveux. Quant au beurre de cameline, c'est pour la touche Omega 3  (et les acides gras que j'utilise pour le faire). 

La soie d'avoine (chez Zinette) est adoucissante. Elle est recommandée pour les peaux les plus sensibles (le cas de mon cuir chevelu… ) . La fameuse poudre de racines de pivoine (AZ) est, elle, plus spécifiquement réservée aux cheveux (AZ);  son efficacité anti-gratouillis m'a bluffée.

Et le hina? C'est une distillation complexe de racines et de plantes sur fond de nard, rapporté d'Inde il y a quelques années, et au parfum toujours très présent. Il m'évoque moult souvenirs; j'en ai très souvent utilisé dans des shampoings. Voici un lien vers un article "retour d'Inde "car j'en avais vu distillé à Kannauj. ici

 

Dans la foulée, j'ai préparé aussi une brume à vaporiser sur fond d'infusion de poudre de racines de pivoines. Recette minimaliste, mais également efficace.

 

Brume apaisante  pour les cheveux (sur  54g car j'ai calculé à partir de la quantité obtenue d'infusion filtrée de poudre de  pivoine)

 

C'est à peu près moitié jus d'aloe+ infusion de poudre de pivoine, moitié eau de fleurs d'oranger.

 

*11, 6 macérat à chaud de poudre de pivoine dans eau de glacier

14,4 jus d’aloe (une ampoule)

26g eau de fleurs d’oranger

10gtes cosgard

 

Conditionner en vaporisateur. Vaporiser quand nécessaire et brosser légèrement

 

* J'ai obtenu cette quantité, après décantation, avec 55g eau de glacier bouillante+ 5g poudre de pivoine.

 

 

Et, bonus final, j'ai testé la poudre de pivoine pour nettoyer mes brosses à cheveux: impeccable car elle emprisonne la moindre saleté, très facile à ôter ensuite.

 

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Rédigé par venezia

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Publié le 4 Juillet 2017

La coralline officinale dans son milieu naturel. La teinture
La coralline officinale dans son milieu naturel. La teinture

La coralline officinale dans son milieu naturel. La teinture

 

En contemplant flaques et rochers au bord de l'eau à Roscoff, j'ai découvert une petite algue si ravissante  qu'elle m'a donné envie d'en savoir plus sur elle… Et j'ai bien fait. 

Corallina officinalis, son nom latin, n'est pas bien grande. J'en avais repéré accrochée à des rochers à marée basse avec un coefficient de 70-80 au moins. Elle ressemble à du corail en miniature, d'un rose de poupée, et son contact est un peu minéral. C'est une algue rouge, qui fut autrefois utilisée comme vermifuge dans la pharmacopée ancienne, d'où son épithète d'officinale. 

J'ai découvert avec jubilation qu'elle était désormais employée en cosmétique (soit en poudre, soit sous forme d'extrait) pour ses propriétés réparatrices (et amincissantes). 

Par exemple ici, elle est évoquée en extrait aqueux pour ses vertus tonifiantes, stimulant la formation de collagène, notamment.  

http://www.codif-tn.com/principesactifs/concentre-coralline/

J'ai décidé d'en faire une macération hydro-alcoolique dans un mélange de teintures de ciste et de rose après l'avoir copieusement et soigneusement rincée. Je l'ai laissée trois semaines environ en macération. 

Puis j'ai incorporé un peu de cette teinture dans trois produits. 

1. Dans une solution à vaporiser pour accélérer la cicatrisation : ça a trop bien marché et la personne à qui ce mélange était destiné a dû arrêter car malgré les apparences, la plaie n'était pas parfaitement saine. Elle s'est trop vite refermée. J'en avais ajouté à un mélange d'hydrolats de ciste et de géranium. 

2. Dans une crème fluide, très réparatrice pour la même personne avec une peau âgée très fragile: 

Cette crème est très appréciée.

 

Crème réparatrice au Stabnatural

 

Sur 200 g: 

 

Phase aqueuse

 

26,6 g hydrolat de géranium (Portugal)

4g hydrolat de ciste (Portugal)

63g eau de glacier

45g jus d'aloe (3 ampoules)

2g teinture de souci (maison)

2g teinture de corallina ciste rose (maison) 

1,4g cosgard

2g elixirs (macrocarpa, lichen, cactus)*

2g acide hyaluronique (AZ)

 

Phase huileuse

 

34g huiles: 8 rose musquée, 20 jojoba, 10 noyau d’abricot

8g karité macéré à la myrrhe et à l'encens

2g vit E

1g HE: 14 gtes de lavande fine, 8gtes de bois de ho, 8 gtes de géranium rosat.

 

7g Stabnatural

 

Préparation

 

Stériliser auparavant récipients, ustensiles et désinfecter le plan de travail. 

Faire gonfler l'acide hyaluronique en lui incorporant  un peu d'eau tiédie dans une coupelle et peser le Stabnatural dans une autre coupelle. 

​​​​​​​Dans un bécher encore chaud après sa stérilisation, placer le karité en petits fragments, puis les huiles et touiller. Ajouter les huiles essentielles et la vitamine E, bien mélanger.

Dans un autre bécher, mélanger tous les ingrédients de la phase aqueuse (y compris le cosgard).  Ajouter l'acide hyaluronique qui a formé un gel et bien touiller.

Verser le tout sur la phase huileuse.

Ajouter par dessus le Stabnatural et remuer, d'abord à la main puis au mixer en raclant régulièrement les parois à la spatule.  

C'est prêt. 

Conditionner. Je n'ai plus de cette crème car j'ai tout donné. 

 

Je fabrique souvent des crèmes au Stabnatural qui donne une texture finale à la fois fluide et très hydratante. Voir ici par exemple. 

 

* Le choix des élixirs: macrocarpa est un élixir du Bush australien considéré comme un puissant anti-fatigue. 

Les élixirs lichen (catoplaca favescens) et inside/outside cactus (pilosocereus pachycladus), deux phi essences sont tous deux réputés bénéfiques pour la peau. Je les utilise très souvent en association.

 

3. Le troisième produit est un tonique pour le visage que je refais régulièrement en variant un peu les ingrédients. Je le trouve si efficace que je m'en sers parfois pour me démaquiller le soir, en le laissant un peu poser avant de l'ôter.  

Voici la formule de la dernière mouture en date: 

Tonique pour le visage 

 

 sur 100g

 

1g elixirs: lichen, achillée, cactus (10 gtes de chaque)*

2g teinture corallina-ciste-rose

4g Regulat**

10g hydrolat de feuilles de pitanga*** (Portugal)

15g hydrolat de géranium (Portugal) 

68g eau de fleurs d’oranger

3 gtes EPP (extrait de pépins de pamplemousse)

1 goutte HE d'encens sur résine de myrrhe

 

Dans un flacon stérilisé, verser dans l'ordre les teintures, la goutte d'HE, les élixirs, le Regulat et les hydrolats. 

 

* L'élixir d'achillée traite de l'hypersensibilité, les deux autres sont expliqués dans la précédente recette.

 

** Le Regulat est un liquide très riche en enzymes, obtenu par des fermentations en cascade de végétaux. J'en ai beaucoup utilisé dans mes formules jusqu'à ce que je n'en trouve plus qu'en grands flacons (onéreux) dont je ne venais jamais à bout. J'ai eu la chance de dénicher récemment (dans une boutique hélas fermée depuis!) un flacon de dimensions plus raisonnables. Je dose légèrement ce produit aux propriétés cicatrisantes et régénératrices (il éclaircit le teint)  car je le trouve très puissant. C'est la raison pour laquelle j'utilise de l'EPP et non un conservateur plus costaud à la formule, ignorant les réactions qui pourraient se produire à son contact.

 

Voici par exemple deux formules que je réalisais avec du Régulat:

-un démaquillant bi-phasé 

-un démaquillant en crème

 

*** L'hydrolat de feuilles de pitanga distillé l'an dernier au Portugal (je le conserve au froid, il n'a pas bougé) est très souvent présent dans mes fabrications pour le visage. Même s'il existe peu d'études à son sujet, je le trouve très agréable pour la peau. Les infusions de  feuilles de pitanga sont considérées comme anti -inflammatoires et anti-microbiennes.

Ici un article du blog sur le pitanga.

 

 … et quelques recettes gourmandes avec ses fruits (mes préférées étant les pitangas noires) sur le blog d'olhar feliz

 

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Rédigé par venezia

Publié dans #cremes - serums - etc…pour le visage

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Publié le 10 Juin 2017

 

Ayant pas mal d'élixirs floraux à la maison, j'ai pu scruter de près leur concentration en alcool et en principes actifs. Conclusion: belle disparité et pas mal de flou pour certaines marques.

Cet article est pour les fans. J'ai tenté d'être la plus informative possible, quitte à me montrer austère. 

Bach (original flower essences): concentration en macérât mère :  1/500 soit 0,2%, une quantité reprochée à cette société qui affiche le label "officiel"  car elle est inférieure à celle que pratiquait Bach. Alcool de raisin: 27°

Ballot Flurin: dilution du macérât mère à 1/10 puissance 18. Sans alcool.

Biofloral: dilution du macérât mère: 1/240, soir un peu plus de 0,4%. Alcool bio Demeter: 27°

Mechthild Scheffer dans le Manuel complet des quintessences florales du Dr Edward Bach (le Courrier du livre, une vraie bible) donne 1 goutte de macérât mère pour 240 gouttes de brandy soit une concentration de 1/240, un soupçon de plus que 0,4 %  (Si l'on compte 20 gtes dans un ml) 

Deva: concentration en macérât mère: 0,5%. Alcool bio: 20°

Elixirs&Co: concentration en macérât mère: 0,4%. Alcool bio: 40°

Même dosage que l'Anglais Julian Barnard, l'un des meilleurs connaisseurs des fleurs de Bach. Dans Sur les traces du Dr Bach, (ed. Ulmus ltd) il a refait les parcours de Bach sur les lieux de cueillette originelles. Il pratique donc lui aussi la dilution à 0,4% dans du brandy à 40°, mais compte pour ces proportions 2 gouttes de macérât mère pour 30ml (j'ai compté 2 gtes pour 25ml quand nous avons fabriqué)

Gaialab (Jacques David, un clin d'oeil aux anciennes qui ont connu le forum aromalves!  ) : concentration en macérat-mère 0,4%, alcool bio: 40°

Ladrôme: concentration en macérât mère:  1/240 (un peu plus de 0,4%) Le degré d'alcool n'est pas indiqué sur le site et je n'ai plus de flacon de cette marque dans ma boite pour vérifier.

Living tree orchid essences: infusion "éthérique" de la fleur (pas d'indication de concentration) Alcool: 20°

Phi essences (Andreas Korte), très nombreuses gammes: infusion "energétique" de la fleur, de la plante ou d'un minéral (via un cristal) : 0,777%. Cognac: 20°

Un certain nombre de marques ne donne pas la composition exacte et n'explique pas vraiment le mode de réalisation du macérât mère.

Les textes de Bach

Ils ne sont pas simples à utiliser car il a détruit au fur à mesure la plupart de ses notes, tout en peaufinant ses recherches au fil du temps. Dans un texte de 1933, il explique la méthode de solarisation avec moitié brandy moitié eau de source pour le macérât mère. Puis il donne comme mode d'utilisation: 4 gouttes de ce macérât mère dans un flacon de 4 onces ( 28,4ml). Bien agiter et donner à la petite cuillère au patient. On fabrique donc sur le champ sans idée de conservation et la dose administrée est plus importante qu'aujourd'hui. 

En 1934, il parle de 3 ou 4 gouttes de macérât mère dans l'eau du flacon de 4 onces, à laquelle on peut ajouter un peu de brandy pour une meilleure conservation, et le dosage reste d'une cuillère à thé.

En 1936, -l'année de sa mort, il a bouclé la liste de ses remèdes-, il conseille 2 ou 3 gtes de macérât mère  dans le flacon de 4 onces avec éventuellement du brandy, et "peu de gouttes" seulement de ce mélange dans un liquide quel qu'il soit (lait, eau, etc. )

(Informations tirées d'un ouvrage au titre un peu trompeur: Œuvres complètes… car elles ne le sont pas, se contentant parfois d'extraits!  (Macroeditions)

Au fil du temps, les dosages ont donc diminué.

Portrait énergétique d'une fleur, temps d'attente après la préparation, rôle de l'alcool, durée de conservation 

Dans une étude très intéressante parue dans feue la revue Euphrasia (n°4, 2002, créée par l'un des fondateurs des Laboratoires Deva), un chercheur, Jo Ligné relate ses expériences de cristallisations sensibles réalisées avec des macérats mères et des élixirs dilués. Je ne vais pas entrer dans les détails, mais citer les conclusions, très utiles pour ceux et celles qui souhaiteraient se lancer dans la fabrication d'élixirs.  

"Une plante spécifique  possède une image en cristallisation sensible qui lui est propre (… ). cette image est un "portrait" stable et fiable, qui met en évidence la structure énergétique du végétal étudié. Pour une espèce végétale déterminée, on obtiendra toujours la même image de base, quel que soit le lieu, la date de préparation et le préparateur" (si on respecte le strict protocole du laboratoire, ici, Deva). (C'est moi qui souligne, ci-dessous aussi)

(…)

"L'eau reçoit le message énergétique (thérapeutique) du végétal au cours de la préparation de l'infusion. Cependant, ce message ne s'exprime pas dans son intégralité et sa plénitude pendant la préparation, ni juste après qu'elle vienne d'être réalisée. 

La pleine expression des potentialités énergétiques n'apparait qu'après 3 à 10 jours pour les infusions, et après un ou deux jours pour les élixirs-mères."

(…) 

"Les fortes variations de température ont des effets désastreux sur la structure énergétique des élixirs floraux". 

(…)

L'alcool joue un rôle essentiel dans la conservation des élixirs. Sans sa présence, les infusions dégénèrent au bout d'un laps de temps situé entre dix jours et quatre mois. La présence du cognac stabilise les élixirs au bout d'un laps de temps qui varie entre 7 et 30 jours". 

Enfin, le vieillissement se confirmerait après 6 ans. 

Au delà de son rôle de conservateur, "le support eau-cognac agit comme un stimulant à l'émergence des potentialités de l'infusion florale, potentialités qu'il maintient après quelques oscillations. "

NB: Qu'est ce qu'une cristallisation sensible? l'explication de Wikipedia: ici

Un résumé abrupt et succint: on met en présence une solution de chlorure de cuivre et le produit à étudier, selon un protocole précis. Au bout de quelques temps, il se forme des figures  formées de minuscules aiguilles plus ou moins ordonnées. Ce sont ces dessins que l'on observe.  Cette technique est notamment utilisée en biodynamie et en anthroposophie. 

Un petit tour d'horizon des élixirs disponibles ici

 

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Rédigé par venezia

Publié dans #aux petits soins

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Publié le 8 Juin 2017

 Frangipaniers à Wat Phou, l'élixir en préparation au soleil mais à l'abri des feuilles
 Frangipaniers à Wat Phou, l'élixir en préparation au soleil mais à l'abri des feuilles

Frangipaniers à Wat Phou, l'élixir en préparation au soleil mais à l'abri des feuilles

Lors de divers voyages, j'avais déjà fabriqué des élixirs, qui, dans le fond, n'en étaient pas réellement. 

(voir ici par exemple)

 

Après avoir écrit le livre sur les fleurs de Bach, j'ai mémorisé et assimilé la façon de procéder dans les règles de l'art. 

J'étais déjà allée au Laos en 2010 et à cette époque j'avais été fascinée par le très beau site du temple de Wat Phou, non loin de Champasak, dans le sud du pays. J'avais alors rencontré Nathalie, qui avait ouvert depuis peu un merveilleux spa dans une  maison traditionnelle en bois. 

J'y suis retournée sept ans plus tard pour la voir (et bosser un peu…  )

Parmi mes projets: montrer comme se fabrique un élixir énergétique. J'ai choisi le site de Wat Phou, si chargé d'énergies et d'histoire, et laissé à Nathalie le soin de sélectionner une fleur qui lui "parlait". Nous n'avons pas fait de recherches particulière sur la flore environnant le temple. Elle a juste cueilli où son cœur lui disait d'aller. 

Comme il y a de splendides allées de frangipaniers, elle a élu la fleur de ces arbres, appelée Dok champa au Laos. 

Edward Bach utilisa deux méthodes pour élaborer ses élixirs: l'exposition solaire ou l'ébullition. Nous avons retenu la première possibilité. 

Il s'agit, en manipulant les fleurs le moins possible, de les placer dans un bol en verre transparent en se concentrant vraiment sur ce qu'on fait. Le bol est empli d'eau (de source ou faiblement minéralisée) et on couvre la surface de fleurs. Puis on dépose le bol dans un endroit proche du lieu de la cueillette, tranquille (sans passage) et on le laisse en plein soleil au moins trois heures d'affilée. Il faisait vraiment très chaud, nous avons raccourci le temps de l'exposition solaire. L'idée: que les fleurs "se donnent à l'eau".

Ensuite, on ôte les fleurs sans les toucher (avec une brindille par exemple ou mieux, une tige de la plante "solarisée"). On transvase le liquide à l'aide d'un entonnoir dans une bouteille déjà remplie à moitié d'alcool. On agite pour dynamiser. Bach utilisait du brandy titrant au moins à 40°, ce qui donne une concentration en alcool à 20°, minimum nécessaire pour une conservation indéfinie de la solution. Le jour où je suis allée visiter la petite maison d'Edward Bach à Mount Vernon, en Grande Bretagne, on m'avait montré des macérâts qu'il avait lui-même fabriqués des décennies auparavant.  

Nous avons dilué avec l'alcool local le lao lao pour rester dans un environnement laotien. Le liquide obtenu est ce qu'on nomme le macérât mère. On ne l'utilise pas tel quel. Pour préparer l'élixir employé au final, on prélève un soupçon de la solution que l'on dilue dans de l'alcool à 40° minimum. La concentration en macérât mère est de 0,4% si l'on respecte le dosage d'Edward Bach.  

Un exemple : pour un flacon de 100ml, on verse au fond du flacon 0,4% de 100ml en macérât mère, soit 0,4ml. Si on compte environ 20 gouttes dans un ml, cela fait 8 gouttes et on complète avec l'alcool. 

On peut partir de ce calcul pour préparer des flacons plus petits. Par exemple, il faudra 2 gouttes de macérât mère pour un flacon d'élixir de 25ml.

Il s'agit d'un remède énergétique, avec une concentration très faible des substances extraites (ici par macération solaire) de la fleur choisie.  

Ensuite, il a fallu le tester. Une amie laotienne de Nathalie nous a déconseillé de l'employer en interne, tout en estimant que les "esprits du lieu" étaient bien présents dans le flacon et qu'on pouvait utiliser l'élixir de Dok Champa en externe. 

Comme l'a souligné Nathalie dans un commentaire sur l'article précédent, cette fleur a une symbolique ambiguë. Elle est l'emblème du Laos. Mais elle est aussi associée à la fois aux cérémonies sacrées, aux démons et à la mort (frangipaniers dans les cimetières).

Il existe un élixir de fleur de frangipanier rouge  (red suva frangipani)  répertorié dans les élixirs floraux du bush australien, Il apporte calme et sérénité à ceux fragilisés par une rupture sentimentale ou une séparation, et dans le fond, cette indication peut se comprendre si l'on tient la mort (à laquelle la fleur est liée en Aise) pour La grande séparation. 

J'ai souvent testé cet élixir de dok champa blanc sur les mains avant de m'endormir, ou pour essayer de m'endormir, et je trouve qu'il joue sur la qualité du sommeil, mais sans avoir réussi à bien qualifier l'effet pour le moment. Si l'on juge que la nuit nous sépare de nos activités diurnes, le dok champa peut donc avoir son mot à dire…

*Après moult recherches, j'ai trouvé un élixir de frangipanier blanc commercialisé avec des propriétés liées au sommeil, car destiné à écarter les frayeurs nocturnes.Cet élixir est produit par une société basée dans l'Oregon, la power of flower healing essence company. Sa créatrice a vécu à Hawaii et a été membre de la fameuse communauté écossaise de Findhorn. (Voir Ici) Il y a d'autres sites (américains ou anglais) qui proposent de l'élixir de fleur de frangipanier, avec des explications un peu différentes. 

* Sur la famille botanique du frangipanier et ses représentations symboliques (en anglais) : https://en.wikipedia.org/wiki/Plumeria

 

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Rédigé par venezia

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Publié le 6 Juin 2017

 

Pourquoi des mois de silence sur le blog? Pour une bonne cause, la rédaction d'un nouveau livre qui devrait sortir en septembre. Ça, c'est pour la surprise.

 

La brume de sommeil dont je vais parler dans cet article a été testée pour le bouquin. Je donne ici une formule à peine modifiée que je viens de refaire et que j'apprécie beaucoup. Le thème central de ce nouveau travail (avec pas mal d'essais ces dernier mois… ) tourne en effet autour des parfums maison et des ambiances parfumées… en version moins sophistiquée que les recettes données au fil des années sur ce blog mais avec de nombreux supports que j'ai cherché à diversifier et à apprivoiser.

Quant aux élixirs floraux, que j'ajoute quasi systématiquement dans mes recettes, j'expliquerai dans un prochain article comment en fabriquer…En effet, lors d'un récent voyage au Laos où je suis allée voir une amie, nous en avons confectionné un. 

Brume de sommeil à la fleur d'oranger

 

25 gtes HE petit grain bigarade

10 gtes HE petit grain mandarine

20 gtes HE lavande

5 gtes HE vetiver

8g solubol (dispersant des HE)

10g teinture de roses maison

1g elixir Sommeil (Elixirs&co)

1g élixir de fleurs de champaca du Laos

0,7 cosgard (conservateur)

78,6 g eau de fleurs d’oranger (je l'achète dans une boutique de produits tunisiens à Belleville)

 

Dans le livre, -pour limiter les coûts- je n'ai choisi que trois huiles essentielles, comme dans les 9/10 des recettes présentées, et un seul élixir.  

 

Procédé

Il est simplissime. 

Compter les gouttes d'HE dans un bécher stérilisé. Ajouter le solubol, bien touiller.

Puis ajouter le reste des ingrédients en suivant l'ordre de la liste ci-dessus, c'est à dire en commençant par ceux qui renferment de l'alcool pour parfaire la dispersion. Bien touiller avec une baguette après chaque ajout.

 Conditionner en vaporisateur.

Le choix des ingrédients 

J'ai cherché à réaliser un mélange parfumé à vocation apaisante, à la fois équilibré et qui tienne.

Petit gain bigarade et lavande: dans son livre à couverture rose (je l'appelle par affection le livre rose… ) "Aromathérapie", Monica Werner rapproche ces  HE tant leurs effets sont voisins, en raison de la présence chez les deux, en quantité élevée,  d'esters (acétate de linalyle) et de linalol aux vertus relaxantes, rééquilibrantes et antidépressives. 

Petit grain mandarine: là, c'est la présence d'anthranilate de méthyle, un autre ester, qui rend cette HE si apaisante. 

Vetiver: j'adore son parfum racine. C'est dans le livre rose de Monica Werner que j'ai découvert avec ravissement que son HE favorisait, elle aussi, le sommeil et apportait de l'apaisement, notamment en raison de la présence de cétones sesquiterpéniques. 

Teinture de roses : en interne, la teinture de rose apaise et calme. En externe, c'est surtout pour son léger parfum que je l'utilise. 

Eau de fleurs d'oranger: son parfum solaire est une incitation à la détente 

Elixirs : pour la touche énergétique. J'en ai combiné deux dans cette recette. L'un, déjà prêt, l'autre fabriqué au Laos. j'en reparlerai dans un prochain article. 

Utilisation

Je conditionne cette brume en vaporisateur et pschitte directement sur l'oreiller. Puis je passe délicatement ma main sur le tissu et  plonge mon nez dedans avec délices.

 

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Rédigé par venezia

Publié dans #aux petits soins

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